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18 mai 10

Les actualité du 18 mai 1910

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Alphonse XIII de passage en France rencontre le Président Fallières

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Dix heures du matin ! La petite gare de Noisy-le-Roi, entre plaine et bois, est encombrée d'habits noirs. Sur le quai, un groupe compact d'Espagnols aux huit reflets impeccables ; dans la salle d'attente, M. Fallières s'entretient avec Mme la marquise del Muni. Le président de la République a quitté sa solitude de Rambouillet pour saluer le roi d'Espagne. Alphonse XIII en effet avait, à son départ de Madrid, manifesté le désir de profiter de son passage en France pour se rencontrer avec M. Fallières. Le président de la République, qui a conservé personnellement les rapports les plus cordiaux avec le jeune souverain, s'était empressé de faire savoir que ce désir était le sien.

Le train royal, qui a quitté la ligne d'Orléans à Juvisy pour rejoindre la ligne du Nord à Persan-Beaumont, est signalé. M. Fallières, avec au bras la femme de l'ambassadeur d'Espagne, s'avance sur le quai. En jaquette, cravaté d'une lavallière lâche, il est souriant et reposé. L'œil est vif et la démarche souple. A le voir ainsi, robuste et gai, on se demande comment a pu récemment prendre naissance le bruit qui a couru de l'état précaire de sa santé.

Le train royal est en gare. Simple, cordial, charmant, Alphonse XIII parut. D'un saut il fut à terre et serra par deux fois, très chaleureusement, les mains du président de la République. Le roi d'Espagne, que le voyage semble avoir un peu fatigué, est en veston noir et chemise de voyage. D'un geste il semble s'excuser de ce que sa mise peut avoir de négligé. Mais M. Fallières, d'un bon sourire, le rassure. Brèves salutations ! Le président présente M. Autrand, préfet de Seine-et-Oise, le commandant Hellot et le commandant Laugier, de sa maison militaire.

J'ai déjà eu l'honneur d'être présenté a Votre Majesté lors de son dernier voyage, à l'Hôtel de Ville de Paris, rappelle M. Autrand. J'ai Conservé de cette réception le meilleur souvenir, répond le roi d'Espagne. Alphonse XIII présente à son tour sa suite : le marquis de La Torreilla, grand-chambellan de la cour, le marquis Quinones de Léon, un de ses amis particuliers. Il s'empresse ensuite vers ses compatriotes, baise la main de la marquise del Muni, et donne de vigoureux shake hands aux secrétaires et attachés de l'ambassade espagnole.

Le marquis del Muni conduit M. Fallières dans le wagon du roi. Souverain et président s'entretiennent seuls pendant près d'une demi-heure. L'horaire des trains a ses exigences comme le protocole. M. Mollard dit un mot au marquis de La Torreilla, qui converse sur un ton enjoué avec ses amis de Paris. Déjà l'heure ! se récrie le grand-chambellan. Et le marquis de La Torreilla monte dans le wagon royal, pour avertir son souverain que le train a déjà beaucoup de retard.

Cinq minutes encore se passent. Les deux chefs d'Etat tiennent à profiter des courts instants que leur donne ce voyage impromptu. A dix heures-trois quarts, roi et président apparaissent à la portière. Tous deux redescendent sur le quai. Alphonse XIII, toujours souriant, prends congé de M. Fallières dans les termes les plus cordiaux, serre des mains à nouveau, et d'un bond regagne son wagon-salon. Tête nue, il reste à la portière jusqu'à ce que le train ait quitté la gare. M. Fallières, l'instant d'après, regagnait Rambouillet en automobile.

Le Matin – 18 mai 1910

 

EN BREF

Un asile d'aliénées frappé par la foudre à Bailleul - Lille, 17 mai - un violent orage, qui a interrompu toutes les communications télégraphiques et téléphoniques, a éclaté sur Lille de six heures à huit heures et s'est éloigné vers la direction du nord. la foudre est tombée sur plusieurs points de l'établissement des aliénées, à Bailleul. Trois pavillons sont en flammes et le feu menace de se propager aux autres pavillons. en présence du danger, la municipalité bailleuloise a demandé des secours à M. vincent, préfet du nord. une pompe à vapeur, avec son équipe, vient de partir par voie ferrée ; une deuxième est mobilisée. des scènes tragiques se seraient passées et plusieurs folles, terrifiées, auraient pris la fuite. Le Petit Journal – 18 mai 1910

Italie Messager ailé de l'ile du diable - Gênes, 17 mai - dans les montagnes de Fesino, on a tué, hier, un petit oiseau qui avait, attaché à une jambe, un billet laconique conçu en ces termes : "au secours !!! Guido Fabri naufragé près de l'île du diable" le billet porte la date du 12 mars. Le Petit Journal – 18 mai 1910

Espagne Troubles sanglants en Espagne - Madrid, 17 mai — Des télégrammes de Valence rendent compte de graves troubles qui ont eu lieu hier soir dans cette ville. M. Rodrigo Soriano, député républicain, qui, aux dernières élections, posa sa candidature à Valence, où il fut battu, et à Madrid, où il fut élu, arriva à Valence à huit heures du soir. Une foule immense l'attendait à la gare. Les manifestants se mirent tumultueusement en marche, proférant des cris subversifs. La gendarmerie les chargea sur la place de Cajeros et parvint à les disperser ; mais ils se réorganisèrent rue San-Vicente et une bagarre s'ensuivit entre eux et les agents. Un lieutenant de la police reçut deux coups de couteau dont il mourut quelques instants après; Son agresseur réussit à fuir, protégé par la foule. La gendarmerie s'empara alors de toutes les issues et opéra cent deux arrestations. Il y a eu une vingtaine de blessés. Des patrouilles de gendarmes ont parcouru toute la nuit les rues de la ville et l'ordre semble maintenant rétabli. Le Matin – 18 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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