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25 mai 10

Les actualités du 25 mai 1910

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L'étrangleur des alpes a été exécuté hier à Sisteron

Sisteron

Sisteron – 24 mai - François Olive, le chef de la bande des étrangleurs de Sisteron a expié ses forfaits. A 3 h. 55 ce matin, sa tête est tombée sous le couperet. L'exécution à laquelle une foule nombreuse assistait n'a donné lieu à aucun incident. A deux heures le lugubre fourgon est amené devant la prison et le montage de la guillotine commence aussitôt. M. Anatole Deibler et ses deux aides font diligence afin que tout soit prêt à l'heure fixée.

A trois heures dix, tandis que le bourreau vérifie le fonctionnement du fatal déclic, MM. Pascal, procureur de la République; Favier, juge d'instruction ; Signoret, sous-préfet ; Lebreton, commissaire spécial de police ; Giraud, greffier, et deux officiers de gendarmerie pénètrent dans la prison. A ce moment, nous constatons que toutes les fenêtres des maisons bordant la place sont bondées de monde. Parmi ces curieux privilégiés, l'élément féminin domine. Le procureur de la République se rend dans la cellule du condamné. Au bruit de la porte qui grince sur ses gonds, Olive se soulève à demi et promène sur ses visiteurs un regard hébété. Olive, lui dit M, Pascal, votre pourvoi, est rejeté : l'heure de l'expiation a sonné. Ayez du courage !

Tout d'abord le redoutable chef de bande ne répond rien, puis, tout à coup il fond en larmes et s'écrie : Ma pauvre mère! Mon Dieu! Mon Dieu ! Si encore j'étais le plus coupable ! Un gardien l'aide à se vêtir et, comme le juge M. Favier lui demanda s'il a des déclarations à faire, Olive, qui ne cesse de sangloter, répond négativement. Il repousse le cordial qu'on lui offre. Après s'être entretenu quelques instants avec l'abbé Féraud, aumônier de la prison, Olive assiste à la messe et communie.

Le condamné est ensuite amené au greffe où a lieu la funèbre toilette. D'un grand coup de ciseau l'exécuteur des hautes-œuvres échancre le col de la chemise tandis que ses aides entravent les jambes. Enfin, après l'accomplissement des dernières formalités. Olive est conduit au supplice. Lorsqu'il apparaît dans l'encadrement de la porte de la prison, Olive est effroyablement blême.

C'est une véritable loque humaine que les aides du bourreau sont obligés de porter devant la sinistre machine. L'abbé Féraud embrasse une dernière fois le condamné que les aides poussent rapidement sur la bascule. A cet instant, Olive a un brusque recul et le bourreau est obligé de saisir le supplicié par les oreilles, afin d'engager à fond sa tête dans la lunette. Le couperet tombe dans un bruit sourd : justice est faite.

Le Petit Parisien– 25 mai 1910


EN BREF

execution coloniale

Une exécution capitale en Algérie - Alger, 24 mai. A quatre heures, M. Bassot, procureur général, accompagné de MM. Honard, juge, et Montis, défenseur du condamné, pénètrent dans la cellule où Vidal dort profondément. Réveillé en sursaut, le condamné ne comprend pas tout d'abord ce que lui dit le procureur général. On est obligé de lui expliquer, en langue espagnole, que son pourvoi est rejeté et qu'il doit se préparer à mourir. C'est bon, dit-il, puisqu'il le faut, je mourrai. Puis, s'adressant à son avocat : Tout le monde m'abandonne parce que je suis Espagnol ! La voilà votre justice ! Puis, brusquement, il pose cette question : Et l'autre ? Figuerette voudrait savoir si Amrouche, l'assassin de Mme de Fleurieu, condamné à mort comme lui, va être exécuté aussi. Après une conversation assez longue avec l'aumônier, Vidal demanda un verre de rhum qu'il but d'un trait et il se mit à la disposition des aides qui, rapidement, procédèrent à sa toilette. A 4 h. 36 la porte de la prison s'ouvre. Un formidable remous se produit dans la foule qui profère des cris de mort Le condamné, l'œil hagard, fixe tout d'abord le couperet de la guillotine qui se dresse devant lui, puis brusquement il se retourne vers la foule qu'il semble défier. Mais déjà les aides l'ont empoigné et couché sur la planche fatale qui bascule et le couperet s'abat tandis que la foule applaudit bruyamment. Le corps du supplicié est charge dans un fourgon qui l'a transporté à l'amphithéâtre de la faculté de médecine. Le Petit Parisien– 25 mai 1910

Un explorateur anglais assassiné au Congo Français – Londres – 24 mai – Le Foreign Office a été informé aujourd'hui par l'ambassade de France que le lieutenant Alexander Boyd, l'explorateur anglais bien connu, avait été assassiné par les indigènes du Congo français. Le lieutenant, qui n'avait que trente-sept ans, avait eu une existence des mieux remplies et des plus aventureuses. À vingt-cinq ans, il explorait les territoires du Zambèze et plus tard il prit part au rude combat qui amena la délivrance de Kennabi, en 1900. Quatre ans après il conduisait l'expédition Alexander Gosling, qui réussit à traverser l'Afrique, du Niger jusqu'au Nil, et dont les résultats géographiques furent très importants, notamment en ce qui concerne la configuration du lac Tchad. Le Matin – 25 mai 1910

Mutinerie de réservistes - Nîmes, 24 mai - Il vient de se produire au champ de tir de Massillan, où est campé le 240e d'infanterie de réserve, un incident fort grave qui cause en ville une émotion des plus vives. Voici les faits: Dans la journée d'hier, un violent orage s'était abattu sur le camp ; dans la soirée, lorsque les hommes du 240e durent réintégrer leurs tentes, une centaine d'entre eux s'y refusèrent, prétextant qu'ils ne pouvaient le faire en raison de l'humidité causée par l'orage ; les mutins demandèrent à être casernés à Nîmes, ce qui, bien entendu, leur fut énergiquement refusé. Furieux de ce refus, les soldats révoltés quittèrent le camp vers dix heures du soir et se rendirent à Nîmes en chantant l'Internationale et en portant leurs fusils la crosse en l'air. C'est ainsi que la bande de forcenés fit son entrée en ville, au grand émoi de la population. Près du Grand-Temple, des officiers rencontrèrent la colonne, avec laquelle ils essayèrent vainement de parlementer. Les mutins, de plus en plus surexcités, se rendirent à la maison du Prolétariat, où siège le comité du parti socialiste, où ils espéraient trouver le maire ; celui-ci était absent, mais un adjoint, M. Bourrely, était là ; il conseilla aux réservistes de se rendre à la préfecture et prit lui-même la tête de la colonne. Mais, en route, survinrent deux compagnies du 40e d'infanterie qui entourèrent les révoltés et les menèrent, sans autre incident, à la caserne des Passagers, où ils sont restés toute la nuit. Ce matin, le préfet du Gard s'est rendu à la caserne pour se rendre compte des événements ; d'autre part, le général Fort, commandant la 59e brigade d'infanterie, a commencé une enquête et envoyé un premier rapport à Marseille, au général Andry, commandant le 15e corps. Le Gaulois – 25 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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