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29 mai 10

Les actualités du 29 mai 1910

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La Mort du peintre Henri-Edmond Cross

Henri-Edmond-Cross-Self-portrait

Le peintre Henri-Edmond Cross vient de mourir, dans le Var, à Saint-Clair, où il vivait depuis quelque temps, malade et très retiré. Il avait la juste renommée d'un artiste de grand talent, passionnément épris de son art, curieux de l'enrichir de procédés nouveaux et capable de réaliser de belles œuvres, d'une technique attrayante et d'une noble pensée.

Il était né en 1850, à Douai. Il suivit à Lille les cours de la Faculté des sciences et ceux de l'Académie des beaux-arts. Cette double étude est caractéristique: elle signale l'un de ces peintres qui, au lieu de se fier à leur fantaisie, entendent régler scientifiquement leurs volontés d'art et, par exemple, demandent à la chimie les secrets rigoureux du mélange ou de la juxtaposition des couleurs. Henri-Edmond Cross s'appelait, en réalité, Delacroix. C'est Bonvin, son maître, qui lui conseilla de prendre un pseudonyme, — parce qu'il y eut jadis un Delacroix, dans la peinture, un Eugène Delacroix qui suffisait à la gloire du nom.

A vingt-cinq ans, en 1881, Cross exposa pour la première fois. Son Coin de cuisine et, en 1883, ses Vieilles Choses marquent assez bien et assez joliment la manière de ses débuts. Mais Cross allait chercher une autre façon de peindre. L'impressionnisme et, particulièrement, les-œuvres de Monet l'attirèrent : l'Après-midi au Luxembourg et les Moneghetti sont de cette époque. Il trouva la méthode qu'il lui fallait quand il connut les stratagèmes ingénieux auxquels recouraient les Seurat et les Signac. La Grande Jatte, de Seurat, lui fût une révélation ; il profita aussi, très largement, des heureuses trouvailles de M. Paul Signac.

Mais il resta très original. Ses tableaux les meilleurs relèvent nettement du genre néo-impressionniste. Le travail du peintre a pour principe la décomposition de la couleur, l'analyse et la séparation des éléments optiques. Cross, de même que Signac ou Seurat, distribue et juxtapose les bribes diverses de l'impression colorée; il laisse au regard du spectateur le soin de faire la synthèse. Mais, en même temps qu'il a recours aux procédés les plus récents et, si l'on peut dire encore, les plus révolutionnaires, il est, par la pensée, l'arrangement, l'esthétique générale, un classique. Le premier étonnement passé, on lui trouve quelque analogie avec les peintres de l'école traditionnelle et qui relèvent de Poussin.

Il y a dans ses tableaux une solidité de facture, une vigueur de composition et, au total, une simplicité qui font un singulier contraste avec le sentiment qu'on a de l'impressionnisme. La donnée en est réfléchie, attentive, — et mélancolique souvent, mais comme une méditation lente et forte. Il ne cherchait, pas les effets ni non plus les rapides agréments d'une adroite facture : il exprimait avec une puissante et habile énergie, un peu lourde parfois, mais belle, de très hautes et fières idées de nature et de rêve.

Le Figaro – 29 mai 1910


EN BREF

allemagne Guillaume II ne peut plus signer les actes de l'Etat - Berlin, 28 mai — Une légère amélioration s'est produite dans l'état de santé de l'empereur. L'enflure de la main diminue. Cependant Guillaume II étant obligé d'observer pour quelques jours certains ménagements, les médecins lui interdisent pour le moment d'écrire. Aussi a-t-il dû charger le prince impérial de signer à sa place tous les actes et documents officiels jusqu'à nouvel ordre. Un décret à ce sujet vient de paraître dans le Moniteur de l'empire et du royaume de Prusse, signé toutefois encore par l'empereur et contresigné par tous les ministres. Les journaux font remarquer que c'est la première fois que le prince impérial est chargé d'une mission de ce genre. Le Matin – 29 mai 1910

portugal Corrida tragique - Lisbonne, 23 mai. - La jolie ville de Santarem, qui domine d'une façon si pittoresque le cours du Tage, à environ vingt-cinq kilomètres de Lisbonne, a été le théâtre avant-hier d'un tragique incident survenu an cours d'une fête de charité. Des jeunes gens appartenant à la plus haute aristocratie de la région avaient organisé une course de taureaux. La représentation était des plus brillantes, lorsque l'une des bêtes, un taureau noir énorme, affolé par les banderilles plantées dans sa nuque se précipita sur les barrières en bois de l'arène. Il les renversa et se précipita sur les spectateurs. La panique fut inouïe : des femmes qui s'enfuyaient, en portant des enfants, furent renversées et piétinées. Dix-sept personnes furent transportées, grièvement blessées, dans les hôpitaux de la ville, où deux moururent le soir même. Un grand nombre d'autres personnes furent contusionnées ou plus légèrement atteintes. Le Figaro – 29 mai 1910

Un nouveau grade. La loi de 1905 ayant créé aux élèves officiers des écoles de sous-officiers et aux élèves des grandes écoles militaires une situation spéciale; le ministre de la guerre vient de faire signer par le Président de la République un décret qui crée dans l'armée de terre un grade nouveau, le grade d'aspirant. Ce grade occupera dans la hiérarchie le rang intermédiaire entre sergent-major et adjudant. Il sera affecté aux élèves des écoles de sous-officiers et à ceux de Saint-Cyr ou de Polytechnique ayant accompli un an de service. Le Figaro – 29 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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