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30 mai 10

Les actualités du 30 mai 1910

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Nantes honore la mémoire de Jules Verne

Monument vernes nantes

La mémoire de Jules Verne avait été, l'an dernier honorée déjà à Amiens, la ville où le romancier résida longtemps et mourut : elle l'a été de nouveau hier à Nantes, sa ville natale. C'est dans un cadre champêtre, dans l'un des plus jolis endroits du Jardin des Plantes, que cet hommage a été rendu par cette ville au fils qui l'avait quittée en pleine jeunesse, dès ses études finies, pour aller à Paris conquérir ses diplômes de droit —et, s'il était possible, la gloire littéraire.

Dès cette époque, en effet, Jules Verne rêvait d'écrire, mais c'est au théâtre qu'il songeait et ses premiers essais furent dramatiques: essais t obscurs s'il en est, et dont il ne subsiste que le titre dans la mémoire même des plus scrupuleux biographes de l'écrivain. Sa vie littéraire ne commence, en réalité, qu'en 1863 lorsqu'il trouva la voie où il devait se faire un nom célèbre, le roman d'aventures.

Qui n'a lu ces ouvrages attachants où le romancier a mis au service d'une plume alerte la plus féconde imagination qui soit et dans lesquels, lorsqu'il ne vulgarisait pas la science, il la devançait, avec un don de divination incomparable ? A cet égard, Jules Verne fut presque un voyant et ceux, par exemple, qui sourirent de son Nautilus, devinrent plus graves le jour où fut lancé le premier sous-marin.

Nous publions la reproduction du nouveau monument consacré à la mémoire, de l'auteur du Tour du Monde en 80 jours. Ce monument est l'œuvre d'un autre enfant de Nantes, l'éminent statuaire Georges Bareau, médaille d'honneur du Salon. il est remarquable et se compose d'une stèle supportant un buste de Jules Verne; deux personnages sont penchés sur un livre de celui qui fut un des plus charmants éducateurs de la jeunesse, et sur la stèle se détachent en relief divers attributs, un navire, des ballons, etc.

La cérémonie d'inauguration, qui avait été remise en raison de la mort de Mme Jules Verne, a été des plus brillantes. Une nombreuse assistance se trouvait rassemblée pour la remise du monument à la ville, par le Comité d'initiative. En des discours excellents et très applaudis, on a glorifié l'auteur de tant d'ouvrages connus dans le monde entier. L'inauguration avait été précédée d'une conférence faite la veille au théâtre Graslin, par M. Gaston Deschamps.

Ce qu'on a dit, ce soir-là, de Jules Verne, c'est ce que pensent de lui tous ceux, petits ou grands, qui l'ont lu : qu'il fut un extraordinaire amuseur en même temps qu'un puissant professeur d'énergie. Ses héros sont braves, audacieux : ils sont tout pleins d'idées neuves et fermement résolus à l'action ; opérant en des terres vierges, ou dans les solitudes des pôles, ou dans la profondeur des eaux, ou mieux encore, dans les espaces indéfinis de l'air, ils vont à leur but sans se laisser rebuter par les difficultés les plus folles et leur ténacité n'a d'égale que leur bonne humeur.

Disciple d'Edgar Poë et inspirateur de Wells, Jules Verne a été un maître du genre où il se cantonna. Comme on l'a dit hier à Nantes, sa ville natale peut donc être justement fière de ce romancier, qui fut, à sa façon, un inventeur de génie.

Le Petit Journal – 30 mai 1910


EN BREF

Espagne Un désastre à Cordoue – Madrid, 30 Mai - Pendant un orage, la foudre a incendié la coupole centrale de la cathédrale de Cordoue. Malgré les efforts des pompiers, l'incendie continue et la coupole menace ruine. La population est consternée. L'ancienne mosquée de Cordoue est un des joyaux dont l'Espagne, à juste titre, était le plus fière. Elle est célèbre dans le monde par son ancienneté autant que par sa beauté somptueuse. Elle remonte au huitième siècle. Elle mesurait alors près de 170 mètres sur 120, et une incomparable ornementation, d'une inouïe magnificence, la décorait. Elle fut sans doute le monument où se déployèrent avec le plus d'ampleur les richesses de l'architecture musulmane. On vantait aussi l'innombrable forêt de ses colonnes, qui la faisait paraître plus vaste encore qu'elle n'était. Consacrée au treizième siècle au culte catholique, elle fut en partie défigurée au quinzième car l'idée. baroque, que l'on eut de construire en son milieu une église, et la disparate qui en résulta n'a pas cessé d'affliger les artistes. Quoi qu'il en soit, il faut souhaiter le salut d'un monument aussi vénérable, auquel les ans ont conféré une souveraine grandeur. Le Figaro -30 mai 1910

La Fête-Dieu — La Fête-Dieu a été célébrée aujourd'hui dans toutes les églises de Paris, avec la pompe accoutumée. La Madeleine était décorée extérieurement de tentures rouges brodées d'or. La procession a fait le tour du corps central de l'édifice et la bénédiction a été donnée successivement du haut de deux reposoirs aménagés l'un face à la rue Royale et l'autre face à la rue Tronchet. Une foule nombreuse emplissait l'église et toutes les voies qui y aboutissent.A Saint-Augustin et à Saint-Sulpice, la bénédiction a aussi été donnée du haut de l'escalier, sous le porche central que des tentures de pourpre et d'or décoraient. Les fidèles et les curieux étaient fort nombreux autour de ces deux monuments. Le Temps – 30 mai 1910

Sur les tombes de la Commune — Ce matin les groupes de la Fédération socialiste de la Seine sont allés déposer des couronnes au cimetière de Clichy et au cimetière de Levallois sur les tombes des anciens combattants de la Commune. Chacun d'eux ne comprenait pas plus d'une cinquantaine de personnes. II ne s'est produit aucun incident. Le Temps – 30 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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