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31 mai 10

Les actualités du 31 mai 1910

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François-Joseph en Bosnie Herzégovine

François Joseph

autriche-hongrie L'empereur François-Joseph a entrepris le voyage qu'il avait projeté depuis longtemps de faire en Bosnie et en Herzégovine, les deux provinces rattachées définitivement à l'empire austro-hongrois, voici bientôt deux ans. Le souverain est accompagné dans son déplacement par le comte d'Aehrenthal, le baron de Schœnaich et le baron Burian, ministres communs des Affaires étrangères, de la Guerre et des Finances, ainsi que par le baron de Bienerth et le comte Khuen-Hedervary, présidents des Conseils d'Autriche et de Hongrie.

On a dit et on a répété, dans certains milieux politiques de l'étranger, que le vieil empereur ne s'était décidé à affronter les fatigues de ce long voyage que pour manifester sa puissance et arrêter ainsi la propagande serbe. Les informations que nous avons reçues semblent indiquer que si tel est l'objet du déplacement de François-Joseph, il est déjà atteint. En effet, les dépêches signalent un vif enthousiasme en Bosnie.

Les musulmans dont les chefs ont reçu d'éclatantes faveurs et ont été nommés aux plus hauts postes, sont disposés à témoigner de leur loyalisme. D'autre part, les Serbes, pour faire pièce aux Croates, qui veulent le rattachement de leur pays à la Bosnie — à leur profit— tiennent à se montrer également loyaux sujets, espérant obtenir l'autonomie.

Sur tout le parcours en territoire bosniaque, la population a fait à l'empereur un accueil enthousiaste. Dans les stations où le train de la cour s'est arrêté, les bourgmestres sont venus rende hommage au souverain, l'assurant de leur dévouement et de leur fidélité. A Bosnabrod, notamment où le train a fait, à 5 heures du matin, une première station sur le territoire de Bosnie, l'empereur a été salué par les ovations enthousiastes de la foule. Répondant au discours de bienvenue du maire, l'empereur a déclaré qu'il avait éprouvé le besoin de cœur de visiter la Bosnie-Bosnie-Herzégovine pour passer quelques jours au milieu de la population de ces beaux pays.

L'accueil fait à l'empereur à Sarajevo a été particulièrement imposant et présenté un caractère de chaleureuse cordialité. Les chefs de toutes les églises autorisées, le corps des officiers et les délégations des corporations attendaient l'empereur sur la place magnifiquement décorée où le train impérial vint s'arrêter. L'empereur qui, malgré un voyage de 20 heures, ne montrait pas la moindre fatigue, a été salué avec un enthousiasme indescriptible ; puis, ayant à son côté le gouverneur de la Bosnie, général Varesanin, et suivi d'un splendide cortège, il s'est rendu dans une voiture attelée à la Daumont et escortée par les gardes de la cour, au Konak, en passant par des rues magnifiquement décorées, entre une double haie de troupes, au milieu des ovations spontanées d'une foule innombrable. L'entrée du souverain a été véritablement triomphale. La population, sans distinction de parti ou de religion, l'a acclamé frénétiquement.

Le Petit Journal – 31 mai 1910


EN BREF

douaniers

Deux douaniers héroïques interceptent une automobile qui voulait passer la frontière - Hier les douaniers Sommier et Spellebout, de service aux environs de Bœscheppe, près Godewaerswelde (Nord), surveillaient la route depuis un moment, quand ils virent. au loin arriver à toute vitesse une voiture automobile qui par sa forme particulière paraissait appartenir à des contrebandiers. Ils tachèrent de l'arrêter au passage. Comme l'automobile, montée par trois individus arrivait sur eux, les douaniers firent les sommations d'usage. Un moment déconcerté, le chauffeur qui se tenait au volant passa outre. Sommier plaça rapidement une herse au milieu du chemin ; il n'y avait donc plus moyen d'avancer. Sans hésiter, le chauffeur fit machine en arrière, espérant ainsi échapper à la visite, mais les douaniers rejoignirent la voiture au moment où elle venait de s'arrêter dans le fossé qui borde la route. Spellebout arriva le premier près de l'automobile et enjamba le marchepied; alors l'un des contrebandiers se leva, saisit une lourde barre de fer qui était à sa portée en cas d'alerte et, faisant avec cette arme un moulinet effrayant, chercha à en asséner un coup sur la tête du douanier qui, faisant un bond en arrière, parvint à l'éviter. L'homme en profita pour s'enfuir. Spellebout le poursuivit, tandis que son collègue cherchait à appréhender le chauffeur et était, lui aussi, reçu à coups de barre de fer. Sommier saisit sa baïonnette et l'enfonça dans l'un des pneumatiques, mais déjà le chauffeur avait fait machine en avant. La voiture allait disparaître quand Sommier, sautant sur l'arrière, put en s'accrochant à la capote du véhicule, se maintenir sur l'automobile qui démarrait à toute vitesse. Spellebout, n'ayant pu rejoindre le fraudeur en fuite était revenu au secours de son collègue, et tirait, à son tour, deux coups de revolver sur les pneumatiques de l'automobile pour l'immobiliser. Mais la machine était lancée. Alors se passa une scène terrifiante: Sommier, qui était resté, sur l'arrière de l'auto, voulut appréhender le chauffeur et le troisième individu qui était à ses côtés; ce dernier, se dressant, repoussa le douanier qui ne voulait pas lâcher prise. Le chauffeur accélérait la vitesse, et pendant que les deux hommes, enlacés dans une lutte farouche, cherchaient mutuellement à se terrasser, l'auto continuait sa route. Elle avait franchi la herse placée sur la route et gagné du terrain; Sommier redoubla d'efforts pour maintenir-son adversaire, mais ce dernier, dans un suprême effort, parvint à le faire tomber sur la route où, dans sa chute, il se cassa le bras droit. Spellebout, resté sur le chemin, tira encore deux coups de revolver sur les pneus, mais l'auto avait disparu.Voyant qu'ils ne pourraient continuer leur route en France, les fraudeurs avaient pris un autre chemin et regagné la Belgique.On croit que cet audacieux chauffeur serait l'Arménien Attomian Miguersdisch, qui fut arrêté à Bailleul en voulant faire rentrer en France du tabac belge chargé sur une automobile. Au cours de cette arrestation, l'Arménien ayant été blessé au talon d'une balle de revolver, avait dû être dirigé sur l'hôpital Saint-Sauveur de Lille. Il profita du sommeil de l'infirmier pour s'évader en mars 1909. Journal des débats politiques et littéraires – 31 mai 1910

Accident d'aéroplane - Un grave accident est survenu hier, à Vérone, à l'aviateur français Duray. Il s'apprêtait à prendre son envolée, lorsque son appareil, glissant sur le sol sans parvenir à s'élever, capota sur les patins et l'on vit le pilote, projeté violemment à l'avant, tomber lourdement sur le sol où il resta inanimé.On accourut aussitôt à son secours et on le transporta sur un brancard, d'abord à l'ambulance de la Croix-Rouge, puis à l'hôpital où on constata que le malheureux aviateur avait trois côtes enfoncées et un poumon atteint; il souffre, en outre, d'autres lésions internes encore mal connues. Journal des débats politiques et littéraires – 31 mai 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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