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02 juin 10

Les actualités du 2 juin 1910

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Le drame mystérieux de Saint Petersbourg

russie

Saint petersbourg

Berlin, 1er juin - La haute société pétersbourgeoise se trouve de nouveau, en présence d'un drame mystérieux autant que sensationnel. La victime de ce drame est le fils unique du général Boutourline, le rejeton d'une famille noble et considérée qui a joué un rôle important à la cour au temps de Pierre le Grand.

Agé de vingt-six ans, Vasili Boutourline avait été officier de la garde au régiment de Preobrajenski. Il y a deux ans, il s'était épris d'une jeune et jolie chanteuse allemande, Mlle Marie Siecke-Heimann, qu'il avait épousée après avoir renonce à la carrière des armes. Peu de temps après, le jeune Boutourline était entré au ministère de l'Intérieur, et bien qu'il possédat une immense propriété terrienne dans le gouvernement de Vilna et une grande maison de rapport à Pétersbourg, et qu'il fût héritier unique d'une fortune de 25 millions de francs, il menait une vie très retirée.

Vasili avait une sœur aînée mariée à un ingénieur, propriétaire terrien lui aussi, nommé Obrion de Lassy. Le 24 mai, Vasili tomba subitement malade ; il mourut le lendemain, après que le médecin lui eut fait plusieurs injections. Pris de soupçons, le général Boutourline réclama l'autopsie du cadavre, et il fut établi que son fils avait été empoisonné. Le docteur Pantchenko, âgé de soixante-dix ans, fut accusé d'être l'auteur de l'empoisonnement et arrêté aussitôt. Dès l'abord, il parut inadmissible que ce vieillard à cheveux blancs eût de son propre mouvement et dans un but égoïste, commis un meurtre sur une personne qui lui était absolument étrangère.

A la mort de Boutourline semblaient seuls être intéressés les héritiers de ses millions, soit sa sœur et son beau-frère Obrion de Lassy. Ce dernier a été appréhendé hier à son arrivée à Pétersbourg. Cependant la lumière est loin d'être faite sur les circonstances qui ont amené la mort de Vasili.

Le docteur Pantchenko et le beau-frère de Boutourline auraient fait connaissance au cours d'un voyage en chemin de fer. S'il faut en croire certains journaux de Pétersbourg le docteur serait un homme plutôt déchu, sans clientèle sérieuse et qui s'adonnerait à la boisson. Il paraîtrait qu'un nommé Petropaslov, qui l'a eu comme pensionnaire, aurait déclaré que, dans la soirée du 18 mai, un individu serait venu chez le docteur et aurait eu avec lui une conversation secrète qui n'aurait pas duré moins de deux heures. Or, dans cet individu, Petropaslov prétend reconnaître Obrion de Lassy.

Il aurait été, en outre, établi, au cours des perquisitions faites chez le docteur, que ce dernier aurait entretenu avec Obrion une correspondance chiffrée. Obrion de Lassy, dont certains écrivent le nom O'Brain de Lancy, tirerait son origine d'une famille noble irlandaise qui aurait émigré à Varsovie au temps de la reine-Elisabeth. Les parents de Boutourline se seraient, parait-il, fortement opposés au mariage de leur fils avec la chanteuse, mais ils se seraient réconciliés tout dernièrement avec lui.

Le Petit Parisien – 2 juin 1910


EN BREF

allemagne Un attentat aux haricots. — Berlin, 1er juin — Le kronprinz fait actuellement l'apprentissage de son lourd métier de roi. Hier, parlant au nom de son père, il portait son premier toast à un hôte royal. Ses paroles exprimaient des sentiments de conciliation et d'entente générale. Aujourd'hui, à la grande parade de Tempelhof, à laquelle pour la première fois depuis son avènement Guillaume II n'a pu assister, c'étaient, en l'honneur du jeune prince, des ovations sans fin, surprenantes presque venant d'un peuple généralement si froid. Au milieu de cet enthousiasme, le geste d'un fou provoqua une panique. Tout d'abord on crut à un attentat, mais ce n'était que l'acte d'un malheureux aliéné de connu depuis des années, comme un déséquilibré. Lorsque le kronprinz à cheval traversait le Lustgarten, Eierweiss lança dans sa direction une botte en fer-blanc, bombe inoffensive qui ne contenait que des haricots. Un cri d'angoisse sortit de la foule. L'individu immédiatement saisi fut remis entre les mains des agents. Le kronprinz, qui pas un seul instant n'avait perdu son sang-froid, continua son chemin au milieu des acclamations et des hourras.. Le Matin - 2 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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