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04 juin 10

Les actualités du 4 juin 1910

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Violent combat au Soudan

Meharistes

Un nouveau et sanglant combat vient d'être livré au Soudan. D'après des renseignements reçus hier, à Paris, du lieutenant-gouverneur du Haut-Sénégal-Niger, la section de méharistes de Maul se trouvait au pâturage de Daffa, à cinquante kilomètres au Nord-Ouest de N'Guigmi, lorsque, dans la nuit du 24 mai, à trois heures du matin, elle fut attaquée tout à coup par une troupe de cinq cents Arabes, qui se précipitèrent sur le campement et tentèrent, par surprise, de l'enlever.

Nos tirailleurs, bientôt remis de la première alerte, engagèrent une lutte vigoureuse contre les assaillants. Le combat dura jusqu'à sept heures du matin ; finalement, l'ennemi, littéralement fauché par les feux de salve, s'enfuit en un tel désordre que, contrairement à l'habitude bien connue des nomades du Soudan, ils abandonnèrent sur le terrain leurs morts et leurs blessés ; après la lutte, on releva cent cadavres et trente-deux blessés ; en outre, un drapeau resta entre nos mains.

Ce brillant combat, malheureusement, nous a coûté des pertes sensibles ; nous avons eu neuf tirailleurs tués et dix-neuf blessés, parmi lesquels deux Européens. L'un de ceux-ci, le vétérinaire Boiron, percé de trois balles, est mort le soir même, au puits Ionissou, pendant qu'on le transportait à N'Guigmi, où les méharistes sont arrivés avec tous les blessés et le corps du malheureux officier. M, Boiron n'avait pas encore trente-six ans ; originaire de Sivry-Courtry, en Seine-et-Marne, il était sorti de l'Ecole vétérinaire de Toulouse en 1898 et avait été nommé vétérinaire en 2e le 1er septembre 1901.

D'après M. Merlaux-Ponty, gouverneur de l'Afrique occidentale, cette attaque des Arabes ne serait qu'un acte de brigandage isolé et qu'il n'était pas possible de prévoir ; le gouverneur est convaincu qu'il n'aura aucune conséquence fâcheuse pour la sécurité de nos possessions. L'endroit où s'est livré le sanglant combat du 24 mai est situé au Zinder, vaste territoire situé à l'ouest du Tchad, entre le grand lac africain et le Niger, sur la route qui mène du Sokoto au Bornou. Le poste de Zinder est le même où, en novembre-décembre 1899 séjourna la mission Foureau-Lamy. Il est probable que la bande à laquelle nos méharistes ont eu à faire appartient à l'une des nombreuses tribus touareg qui continuent à infester le pays.

Le Gaulois – 4 juin 1910


EN BREF

Un ouragan à Rouen - Un ouragan d'une violence inouïe s'est également abattu sur cette ville et sa banlieue. Pendant plus d'une heure le tonnerre a grondé sans discontinuer et la foudre est tombée en maints endroits, notamment sur la cathédrale. A huit heures un quart, l'eau s'est mise à tomber en véritables trombes, mélangée de forts grêlons ; des arbres ont été hachés et dans les jardins les dégâts sont considérables. L'eau, dévalant en torrents des hauteurs de la villé, a envahi toute la partie basse, entraînant des matériaux et du sable. Toutes les lignes de tramways ensablées ont dû cesser de fonctionner ; les places étaient couvertes de dix à vingt centimètres d'eau. A la gare de la rue Verte, les voies en sous-sol ont été recouvertes d'un mètre d'eau et on a dû transporter à dos d'hommes les voyageurs d'un quai à l'autre. L'observatoire de Rouen a constaté à son pluviomètre une hauteur d'eau de 59 millimètres dans l'espace de trois quarts d'heure; c'est la plus grande hauteur d'eau qu aient jamais relevée les annales de l'observatoire. De mémoire d'homme, on n'avait jamais vu non plus une pareille chute de grêlons ; en certains endroits, on a relevé une épaisseur de 10 à 20 centimètres de grêlons agglomérés. Le Temps - 4 juin 1910

Déraillement du rapide Cologne – Calais - Le rapide de Cologne-Bruxelles-Calais, qui arrive dans cette dernière Ville à 1 h. 5 de l'après-midi, a déraillé hier entre les gares de Calais-Ville et Calais-Maritime, près de la station des sous-marins. La Compagnie du Nord procède à cet endroit à la réfection des voies. Les roues du chariot avant du rapide sont sorties des rails ; mais le train allait très lentement et put être arrêté aussitôt. Il n'y a eu aucun accident de personnes.Le déblaiement de la voie a été effectué très rapidement. Le Temps - 4 juin 1910

Un grave complot découvert au Japon - Yokohama, 3 juin Ou vient de découvrir une vaste conspiration socialiste dirigée contre le gouvernement. Les ramifications de ce complot sont si étendues, les intérêts mis en jeu si considérables que les journaux ont reçu ordre de publier aucun détail sur cette affaire. On sait cependant que plusieurs agitateurs notoires se sont présentés sous le costume d'ouvriers à l'usine nationale de Matsumoto, dans le district de Nagano, se sont fait embaucher et ont fabriqué des bombes, avec lesquelles ils pensaient pouvoir tuer le président du Conseil, M. Maisura, et les autres membres du cabinet. Le Petit Parisien – 4 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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