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07 juin 10

Les actualités du 7 juin 1910

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La mission Charcot à Rouen

pourquoi pas rouen

L'arrivée, hier après-midi, dans le port de Rouen du Pourquoi-Pas ? portant la mission Charcot, a été l'occasion d'une belle manifestation; la population, massée sur les quais, a fait à l'explorateur et à ses compagnons un accueil enthousiaste.

Au quai Jeanne-d'Arc, s'étaient rendus : Mme Charcot et sa fillette Monique ; Mmes Waldeck-Rousseau, Cléry, Aimé Morot, Jeanne Charcot; l'amiral Fournier, représentant le gouvernement ; M. Pavic, représentant le ministre des affaires étrangères; M. Waddington, président de la Chambre de commerce de Rouen; Mgr Fuzet, archevêque; MM. Leblond, maire, député de Rouen; Bourée, représentant S. A. S. , le prince de Monaco ; Joubin, représentant le Muséum ; Louis Mayer, représentant l'institut océanographique; de Margerie, représentant la Société de géographie ; Rabot, représentant le ministre de l'instruction publique; A. Berget, représentant le laboratoire de géographie physique de la Sorbonne; Doumer, Parchot, député ; René Waldeck-Rousseau, docteurs Barbarin et Guidon, professeur Ch. de Watteville, Rallier du Baty, professeur Becquerel, etc., etc. .

A une heure trente, le Pourquoi-Pas ? se profile au coude de la rivière ; pendant que les acclamations éclatent de toutes parts, il passe sous le pont transbordeur et bientôt accoste. La passerelle est jetée, Mmes Charcot, Waldeck-Rousseau, Bongrain y montent les premières, pour revoir leurs maris ou leur fils; puis l'amiral Fournier, les officiers, les délégués officiels, Mgr Fuzet en costume violet, la Société de géographie; légère bousculade.

Après les premières effusions, les premières accolades, l'appel a lieu : l'amiral Fournier crie les noms des hommes de l'équipage les uns. après les autres : il y a un moment solennel. L'amiral remet ensuite au vaillant équipage les dix-huit médailles accordées par le gouvernement. Et il prononce une allocution vibrante :

Je sens vivement l'honneur de représenter, dans cette solennité, le gouvernement de la République, comme délégué du ministre de la marine, pour vous exprimer sa satisfaction de l'heureuse issue de votre expédition lointaine et périlleuse.

Je suis, en outre, d'autant plus heureux d'être auprès de vous tous l'interprète de ce témoignage officiel de haute estime, qu'il émane de M. le vice amical Boué de Lapeyrère, grand appréciateur, vous le savez, de prouesses de mer, car il en est coutumier lui-même.

Vous ne sauriez: douter de ces sentiments personnels vous surtout; mon cher docteur et éminent ami, à qui j'ai voué, depuis nombre d'années, un sincère attachement et une admiration justifiée par notre irrésistible attrait pour les aventures et les horizons mystérieux des océans inexplorés; par votre âme chevaleresque, rêveuse et toujours éprise d'idéal; enfin, par vos services rendus a la science et à la patrie, au prix d'un surmenage excessif et de risques redoutables.

M. Charcot remercie avec émotion; et, après une rapide visite du navire, la mission prend place dans des landaus pour se rendre à la réception donnée à l'hôtel de ville; M. Leblond, député, maire de Rouen, entouré de tout le Conseil municipal, souhaite la bienvenue à l'explorateur et à ses compagnons au nom de la vieille cité normande, patrie, de tant de vaillants hommes de mer.

Dans la soirée, le docteur Charcot a fait, dans la salle de la Société normande de géographie, une brève relation de son exploration dans les glaces de l'antarctique. Un banquet de cent vingt couverts a été offert par la Société de Géographie; plusieurs toasts ont été portés et applaudis vigoureusement. Aujourd'hui, à quatre heures et demie, les voyageurs arriveront à Paris; la réception qui leur sera faite ne sera pas moins belle que celle que leur fît hier la capitale de la Normandie.

Journal des débats politiques et littéraires – 7 juin 1910


EN BREF

Tué entre deux locomotives - Un chauffeur de la compagnie des chemins de fer de l'Est, M. Henri Noblemaire, regagnait le dépôt de Noisy-le-Sec avec la machine numéro 344. Comme il en était descendu et la contournait, il fut surpris par la machine numéro 34, que conduisait le chauffeur Guillemin. Serré entre les tampons des deux locomotives, l'infortuné eut le thorax défoncé. Il fut tué sur le coup. Le corps a été ramené au domicile du défunt, 8, rue Saint-Denis, à Noisy-le-Sec. Le Petit Parisien – 7 juin 1910

Ballon allemand dans le ciel normand- Lisieux, 6 juin. Le ballon allemand Pegnitz-6, cubant l.600 mètres, monté par deux Allemands : un officier de l'armée de réserve et un ingénieur du gouvernement (c'est là du moins leur déclaration) est descendu cet après-midi chez M. Riva Corti, propriétaire du domaine de Mesnil-Guillaume, dans la vallée de l'Orbiquel, à 7 kilomètres en amont de Lisieux. Les aéronautes ont déclaré être partis d'Essen, près de Cologne, hier matin, à cinq heures, et prendre part à la course de la coupe Gordon-Bennett. Ils ont été trouvés munis d'appareils photographiques. Deux gendarmes, qui étaient présents au moment de l'atterrissage, ont saisi le ballon et gardé les étrangers à vue. Le Petit Parisien – 7 juin 1910


Posté par Ichtos à 00:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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