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11 juin 10

Les actualités du 11 juin 1910

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La grande semaine de Port-Aviation

Audemars

La grande semaine qui se déroule actuellement à Port-Aviation remporte un succès qu'il était, somme toute, aisé de prévoir. Rien n'avait été négligé, en effet, ces derniers jours, pour faire de l'aérodrome aimé des Parisiens un aérodrome modèle, un champ d'aviation idéal. Les circonstances, d'ailleurs s'y prêtaient. Où trouver dans les environs de Paris un coin plus pittoresque que cette plaine semée d'arbres, où l'Orge rêve capricieusement parmi les herbes?

But de promenade déjà très fréquenté en temps ordinaire, durant la belle saison, il était inévitable que les épreuves d'un meeting aussi bien préparé que le meeting actuel y attirât une foule considérable. D'autant que de parfaites précautions ont été prises pour que l'accès de l'aérodrome soit commode à tous. Le service des trains est assuré d'une manière irréprochable pour Juvisy et pour Savigny-sur-Orge, et les incidents regrettables d'octobre dernier ne sont plus à craindre.

Quant aux épreuves elles-mêmes, elles promettent, s'il faut en juger par ces deux premières journées, de présenter un grand intérêt. Finies les longues- attentes, jusque vers quatre et cinq heures du soir ; finies les impatiences d'un public lassé de ne rien voir. Les aviateurs se sont rendus compte de l'excellence du terrain qu'on leur avait préparé, et, désormais c'est a qui d'entre eux prendra son vol le plus vite.

Plus de tournants dangereux, un abattement rationnel des arbres ayant supprimé les courants d'air ; plus de virages impossibles, le champ d'aviation ayant été élargi ; plus d'atterrissages casse-cou, les hangars ayant été reculés, la piste aplanie et améliorée ; enfin, plus d'accidents à craindre pour le public, une ligne de fer courant à distance convenable des barrières qui séparent les tribunes de la piste. Cette dernière précaution paraîtra particulièrement bonne, après l'accident qui se produisit l'an dernier à Juvisy, après ceux, plus graves, qui viennent, voici deux jours seulement, d'attrister l'Angleterre et l'Allemagne.

Ces transformations, pour importantes et très utiles qu'elles soient, ne seront pourtant pas les seules que subira l'aérodrome de Port-Aviation. La nouvelle société se propose encore de déboiser certaines parties attenantes au Champ, pour que celui-ci atteigne une largeur de 100 mètres sur une longueur de un kilomètre, et d'édifier une nouvelle ligne de hangars sur l'emplacement de tribunes élevées l'année dernière et récemment démolies pour cette fin.

A vrai dire, le temps n'a pas favorisé ce deuxième jour ; et ce que n'aurait pu faire l'initiative des aviateurs, qui ne demandent, nous l'avons dit, qu'à s'envoler, la pluie l'a fait : de midi à six heures, aucune sortie n'eut lieu. Cependant, les promeneurs arrivés tôt à Port-Aviation eurent l'heureuse surprise d'assister à une jolie promenade de Dubonnet qui, vers onze heures, couvrit sur monoplan muni de fortes toiles Continental, 12 kilomètres 665, en 12' 19" 2/5. La célébrité de l'aviateur, connu de tous depuis sa magnifique randonnée de 109 kilomètres, entre Etampes et la Ferté-Saint-Aubin, le 3 avril, et sa traversée de Paris, le 23 avril, lui valut une ovation dont il remerciera sans aucun doute ses admirateurs par quelque prouesse.

Vers six heures, M. Houdaille, le très aimable commissaire spécial, se rend à la pelouse, où l'affluence est considérable. Il harangue la foule, l'engageant à la patience, et l'assurant qu'elle serait remboursée du prix des places si les aviateurs n'apparaissaient pas durant la demi-heure qui allait s'écouler. Cette intervention, qui marquait avec quelle sollicitude tout avait été prévu sur l'aérodrome, jusqu'à la conduite à tenir dans des circonstances aussi fortuites que celle-là, produit un excellent effet sur la foule. Et les conversations reprennent, tandis que le ciel commence à s'éclaircir.

Cette éclaircie est mise aussitôt à profit par Audemars. Le courageux aviateur prend en effet le départ, bien que l'heure officielle soit passée et que son vol ne puisse par conséquent lui être utile pour le classement. Il est alors 6 h. 30. Audemars, sur appareil muni de fortes toiles Continental, couvre très aisément quatre tours de piste, soit 17.464 mètres, et le public, qui lui sait gré d'avoir agi dans le seul but de lui plaire, l'acclame chaleureusement quand il atterrit.

Le Gaulois – 11 juin 1910


EN BREF

Un train déraille par suite des inondations - Montluçon, 11 juin. A la suite d'une trombe d'eau qui s'est abattue ce matin sur la région, la voie ferrée de Montluçon à Bourges a été emportée sur plusieurs points. Il s'en est suivi un grave accident. Au moment où l'express 105 de Paris au Mont-Doré arrivait cet après-midi à 1,500 mètres de la station de Vallon qu'il devait franchir sans arrêt, la voie étant coupée par l'inondation, le train dérailla. La machine, le fourgon et deux voitures de voyageurs furent renversées au fond d'un remblai, dans l'eau et se brisèrent. Sur la locomotive, le chauffeur a été tué et le mécanicien grièvement blessé. Dans le fourgon, le chef de train Renaud et le fourgonnier Cognet ont été, l'un décapité, l'autre littéralement réduit en bouillie. Par un hasard miraculeux, treize voyageurs seulement ont été blessés, mais plutôt légèrement. Le Figaro – 11 juin 1910

Chute d'un avion au meeting de Budapest - Un accident, s'est produit à Budapest au meeting d'aviation. L'aviateur Frey effectuait un vol quand, pour une raison encore indéterminée, il s'écarta de la piste et vint s'abattre au milieu du public placé derrière les barrières de celle-ci. Au milieu du nuage de poussière soulevé par la chute de l'aéroplane, on se porta au secours des personnes atteintes. Quatre d'entre elles sont assez grièvement blessées. L'aviateur est indemne. Le Figaro – 11 juin 1910

Max Dearly à Marigny - Sur tous les murs de Paris, sur les palissades et Dieu sait si elles sont nombreuses s'étale une gigantesque affiche devant laquelle s'arrêtent et se groupent les badauds. Il faut dire, pour expliquer cette curiosité bien justifiée, que l'affiche en question n'est pas de celles devant qui l'on passe indifférent, car le crayon de Sem, le maître caricaturiste, y a figuré la silhouette si populaire de Max Dearly, ce roi du rire, qui vient de faire à Marigny des débuts sensationnels; dans larevue de MM. Timmory et de Marsan. Par une délicate attention, à moins que ce ne soit là l'effet d'un hasard extraordinaire, les trois couleurs de l'affiche, orange, noir et blanc, sont celles du propriétaire bien connu sur les hippodromes qu'est M. Max Dearly, et ce rapprochement, ou mieux cette coïncidence, n'a pas été sans frapper les habitués des champs de courses. Pourtant, ce n'est point des sportsmen, mais bien des amateurs de spectacle qu'il s'agit aujourd'hui. Or, ceux-ci sont ravis. Max Dearly, en effet, hier soir, à Marigny, a donné une fois de plus la mesure de son souple talent et de ses qualités personnelles. Nous avons vu Max, en effet, en visite à Cambo chez Edmond Rostand qu'il félicite de son succès des Variétés. Dans une amusante parodie du Bois sacré, le comte des Akouskis (c'est Max Dearly) explique ses méthodes de séduction et en démontre l'efficacité sur d'exquises surintendantes des Beaux-Arts, habillées à ravir par le maitre Landolff. La scène est des plus amusantes et a eu un succès colossal. Max Dearly, qui avait composé son personnage avec un soin extrême, a été acclamé. Et il en sera ainsi, désormais, tous les soirs. Le Figaro – 11 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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