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15 juin 10

Les actualités du 15 juin 1910

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Du banditisme en plein jour au centre de Paris et en automobile ! Voilà où nous en sommes.

Rue de Laborde

L'agression violente dont a été victime, hier matin, rue de Laborde, près du square, derrière la caserne de la Pépinière, un caissier d'une grande maison d'épicerie de la place Saint-Augustin, M. Emile Boulnier, lequel portait quinze mille francs dans une sacoche, prouve la hardiesse des malandrins et le perfectionnement de leurs moyens.

M. Boulnier se rendait à sa maison, porteur de la recette de la veille, quand, rue de Laborde, deux hommes descendirent d'une automobile arrêtée et se jetèrent sur lui. L'un d'eux lui lança une poignée de poivre dans les yeux pour l'aveugler, l'autre lui porta un grand coup de tête dans la poitrine; le caissier chancela; il sentit qu'on lui arrachait sa sacoche; il tomba sur la chaussée, tandis que ses agresseurs remontaient en auto et s'enfuyaient, poursuivis par des soldats du 28e de ligne.

L'automobile prit la rue de la Bienfaisance, la rue Roy, la rue de Rigny, mais elle dut enfin stopper devant les fondrières et les barrières que nous procurent les travaux de voirie et qui ont, pour une fois, été utiles au coin du boulevard Malesherbes. Déconcertés, les bandits sautèrent de voiture et se mirent fuir; l'un d'eux put s'échapper, l'autre, l'agresseur de M. Boulnier, fut bientôt appréhendé ainsi que le conducteur de l'auto, qui porte le n° 568X2, et ces derniers furent conduits au commissariat de la rue Clapeyron, où M. Richard, commissaire de police, se livra à une enquête minutieuse, tout aussitôt.

D'après les témoignages recueillis et dont les principaux émanent des soldats du 28e de ligne, casernés à la Pépinière, l'auto stationnait depuis plusieurs jours aux environs de la caserne. Le coup était donc prémédité on en voulait à la sacoche du caissier; on savait qu'il passait là chaque matin. Le bandit arrêté est un ancien commis de la grande épicerie où travaille le caissier, sa victime, un jeune homme de vingt et un ans, Albert Legris, demeurant à Clichy, 19, rue Rouget-de-L'Isle.

Le chauffeur, qui a protesté de son innocence, et qui a même dit que ses deux clients l'avaient menacé, s'il ne marchait pas avec eux , se nomme Jean Sourcelles. Il habite également à Clichy, boulevard Victor-Hugo. Dans l'automobile qu'il conduisait, on a retrouvé la sacoche, contenant encore les 15,000 francs, à côté de deux revolvers de fort calibre, d'un bâillon de cuir et d'un paquet de poivre en poudre. Quant au complice en fuite, on est sur sa trace.

Le Figaro – 15 juin 1910


EN BREF

Inondations en Allemagne - 150 morts - Berlin, 14 juin - L'Ahr, affluent gauche du Rhin, a débordé, par suite des pluies torrentielles de ces jours derniers et a fait de nombreuses victimes. Une cantine où se trouvaient des ouvriers italiens a été emportée, trente de ces ouvriers ont péri; Deux cents personnes en tout ont disparu, mais il n'ést pas impossible qu'un certain nombre d'entre elles soient retrouvées. Mais on estime que le nombre des victimes doit être d'environ cent cinquante. Soixante-dix cadavres ont été jusqu'ici retirés de la rivière dont les eaux commencent à baisser. Le hameau de Fuchshofen a été emporté tout entier et tous ses habitants ont disparu. Le Figaro – 15 juin 1910

Un aéronaute en difficulté - Un jeune aéronaute de vingt ans, M. Fred Owens, faisait une ascension en dirigeable aujourd'hui. Parti de Belleville (New-Jersey), il est passé au-dessus de New-York mais une avarie se produisit sans doute dans la partie motrice; le dirigeable descendit à la hauteur des toits et la nacelle heurta violemment une cheminée. Sérieusement endommagé à la suite du choc, le ballon dériva au-dessus de l'East River, vers Brooklyn. Comprenant le danger qu'il courait, M. Owens prit un cordage de son ballon, et, s'en servant comme d'un lasso, il réussit à l'enrouler autour d'un arbre; puis, se laissant glisser le long de la corde, il descendit à terre. Le Petit Journal – 15 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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