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16 juin 10

Les actualités du 16 juin 1910

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Chasse aux Belges à Montigny-en-Gohelle.

Montigny en Gohelle

Dans la concession des mines de Courrières à Montigny-en-Gohelle où résident de nombreux Belges, des scènes de désordre très graves se sont produites engendrées par l'animosité qui sépare les français et les Belges. Lundi, quatre Belges : Gustave Verfaille, vingt-six ans, Achille Cool, vingt-sept ans; Jules Dewaele, vingt-sept ans, et Cyrille Devlieger, vingt-huit ans, terrorisèrent la population de la cité des vieux corons par leurs menaces. La gendarmerie les mit en état d'arrestation. A ce moment la population voulut les lyncher. Elle obligea par son attitude menaçante le maréchal des logis de gendarmerie à demander du renfort.

Les manifestants s'arrêtèrent devant le cabaret Rémy La Grange, rendez-vous des Flamands, et en firent le siège en règle, se ruèrent dans la maison où ils démolirent tout; puis huit cents environ se portèrent vers le coron de la Souchez, habité particulièrement par des Belges. Chemin faisant ils rencontrèrent deux Belges, l'un trouva le salut dans la fuite ; l'autre, moins heureux, nommé Victor Lamsens, reçut des coups portés avec tant de rage qu'on le laissa pour mort sur le terrain. Sur l'avis d'un docteur on dut le transporter d'urgence à l'hôpital d'Hénin-Liétard.

Arrivés au coron de la Souchez, les manifestants y marquèrent leur passage par la mise à sac la plus complète de trois habitations occupées par des Belges. L'intervention des gendarmes mit fin à la scène. Ceux-ci, à nouveau débordés, réclamèrent encore du renfort. Le lieutenant Coine arriva avec des cavaliers. Ils se trouva en présence d'une population surexcitée proférant les pires menaces à l'adresse des Belges. Les gendarmes appréhendèrent les meneurs, les emmenèrent à l'estaminet Doignies-Camus où on les interrogea et les garda à la disposition du parquet.

Mardi à trois heures le parquet arriva à Montigny, entendit les inculpés et décida l'arrestation de neuf d'entre eux, savoir : Emile Wannepin, trente-huit ans ; Louis Caron, dix-huit ans; Gaston Deridder, vingt-huit ans ; Charles Guilbert, vingt ans ; Aristide Devaux, vingt-deux ans; Pierre Tournant, trente et un ans; François Fréquin, vingt-deux ans ; Bernardin Caron, dix-huit ans, et Léon Derache, trente ans.

Leur transfèrement provoqua de graves incidents. Les habitants de la cité décidèrent à tout prix de ne pas les laisser partir. A six heures et demie, lorsque les prisonniers apparurent encadrés de gendarmes qui les dirigeaient sur la halte de Fouquières, un formidable remous de la foule se produisit ; on tenta de les délivrer, on leur prodigua des paroles d'encouragement; des cris divers partirent à leur adresse ; le maire demanda leur élargissement.

Malgré toutes les difficultés, le convoi se mit en marche ; arrivé à la halte, des manifestants arrachèrent les barrières et les placèrent en travers de la voie, d'autres amoncelèrent avec rage des matériaux sur les rails ; d'autres enfin déplantèrent des poteaux pour les placer dans les roues de la locomotive. Le train se mit en marche, mais il dut s'arrêter après avoir parcouru à peine vingt mètres ; le chauffeur et le mécanicien faillirent être blessés par des pierres lancées contre eux. Le train repartit ; une traverse lancée dans les roues de la machine l'immobilisa et manqua de provoquer son déraillement.

Devant tant de difficultés, force fut de faire machine en arrière pour aller à Harnes. Les prisonniers y furent débarqués et conduits à Lens par des voitures réquisitionnées. Pendant ce temps leurs partisans continuèrent à obstruer la voie, si bien que la circulation fut totalement impossible pendant toute la soirée. Les gendarmes à cheval, une fois les trains en marche vers Harnes, durent donner la chasse à ceux qui voulaient malgré tout s'y rendre pour délivrer leurs camarades.

Dans la soirée des patrouilles de gendarmes ont parcouru les rues de la cité pour parer à toute éventualité, car les esprits sont très surexcités. Les cris de "A bas les Belges !" ont été poussés des milliers et des milliers de fois pendant ces deux jours. Certains de ces étrangers ont fait leurs préparatifs de départ.

Le Temps – 16 juin 1910


EN BREF

Dramatique incendie à Marseille – Marseille, 15 juin - Ce soir, deux ouvriers étaient en train de triturer du vernis dans un des ateliers de M. Dufour, fabricant de peinture, rue d'Italie, dans le quartier de la Préfecture. Soudain, pPar suite d'une circonstance inexpliquée, une explosion se produisit, et, en quelques instants, l'entrepôt, qui renfermait une quantité considérable de produits résineux, fut envahi par les flammes. L'un des deux ouvriers, nommé Rosio, se précipita dans la cour de l'usine et sortit sain et sauf de la fournaise ; l'autre,-nommé Joseph Desmicheri, âgé de 32 ans, affolé par l'explosion, alla se réfugier derrière un tonneau de peinture où il fut asphyxié. Les pompiers, immédiatement prévenus, réussirent à circonscrire l'incendie, qui aurait pu occasionner un véritable désastre. On retrouva le corps du malheureux ouvrier à demi carbonisé. Les dégâts matériels sont importants. Le Petit Journal – 16 juin 1910

Berne menacée par les eaux - La Suisse, à son tour, est cruellement éprouvée par les inondations. De toutes parts on signale des dégâts matériels graves et même des victimes humaines. A Zurich, Lucerne, Stanz, Aarau, Coire, des digues ont croulé et des ponts ont été emportés. Plusieurs ponts ont aussi disparu dans le canton des Grisons. Les voies ferrées sont coupées aux alentours de Lucerne, de Zurich et de Coire. Aucun train venant du Gothard n'est arrivé aujourd'hui à Zurich, à raison des éboulements qui se sont produits dans le canton de Schwitz. A Berne, l'eau monte rapidement, grossie par une pluie continue, il a fallu évacuer les quartiers bas, et les sapeurs-pompiers ont du, en pleine nuit, se porter au secours des sinistrés. Près d'Altorf, deux personnes ont été noyées. A Appenzell, un pompier a péri ; un ouvrier a disparu également près de Glaris, et un autre sur les bords du lac de Constance qui a couvert une partie de ses rives. A Altdorf même, on signale une catastrophe. La maison d un facteur, nommé Zeigler, a été ensevelie. Mme Zeigler s'y trouvait avec ses treize enfants. Le facteur était absent, retenu par son service au bureau de poste. Ce matin, les sauveteurs ont retiré à grand -peine trois des enfants vivants. Mais Mme Zeigler est morte avec ses dix autres enfants. Le Petit Parisien – 16 juin 1910

38 morts en Serbie - Belgrade, 13 juin - Un orage effroyable s'est déchaîné hier soir sur les villes de Iagodina, Tsoupria, Bazaidan et Svilaïnats. Les rivières Morava et Résama ont inondé les rues de ces villes. En moins d'une heure, tout a été sous l'eau. La récolte est entièrement anéantie dans la vallée de la Morava, la région la plus fertile de la Serbie. A Svilaïnats, il y a trente-deux morts et il y en a six à Bazurdan. Beaucoup de maisons se sont écroulées. Les dégâts sont considérables. Le roi et les ministres des Travaux publics et de la Guerre se sont rendus à Svilaïnats. Le Petit Parisien – 16 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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