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24 juin 10

Les actualités du 24 juin 1910

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Les souverains bulgares à Paris

ferdinand bulgarie

Paris a acclamé, cet après-midi, un roi et une reine de plus. Le soleil, qui boudait un peu depuis le matin, brillait au moment de l'arrivée ; la foule était joyeuse et empressée, la journée fût à la fois magnifique et charmante.

Faut-il décrire encore le décor vraiment impressionnant de splendeur, martiale et d'élégance si française que Paris offre dans de pareilles circonstances à ses hôtes couronnés ? La gare de la Porte Dauphine, petite et toute blanche, si facile à transformer en salon, l'avenue du Bois ensoleillée, qui monte vers l'Arc-de-Triomphe et où l'on voit de loin étinceler aux bords des trottoirs les cuirasses des cavaliers magnifiquement alignés, les baïonnettes des petits soldats dont les pantalons rouges bordent de leur note vive la ligne verte des pelouses et des massifs au-dessus desquels se dressent les façades claires des riches hôtels.

Puis, c'est la place de l'Etoile, où l'arche glorieuse se dresse, immense dans un grand espace vide, ayant à ses pieds des batteries d'artillerie, des drapeaux, des musiques.; enfin, c'est l'avenue des Champs-Elysées, aux fenêtres pavoisées et garnies de curieux, aux larges trottoirs couverts d'une foule endimanchée, qui descend vers la place de la Concorde.

A deux heures quarante-cinq, le président de la République et Mme Fallières descendent de leur daumont, sous le vélum formant marquise devant la gare et gagnent immédiatement le quai, accompagnés de M. Briand, président du Conseil, et de M. Mollard, directeur du protocole. Tout à coup, la batterie installée dans le le bois de Boulogne, annonce par un premier coup de canon l'entrée du train royal en gare. Lentement, le convoi glisse devant la compagnie d'honneur de la garde républicaine rangée sur le quai et la musique joue l'hymne bulgare.

Le roi et la reine sont debout à l'entrée du wagon-salon, arrêté juste à hauteur du drapeau de la garde républicaine, que le roi salue. A quelques pas du drapeau se tient, tête nue, le Président de la République. M. Fallières s'approche rapidement, tandisque s'ouvre la portière et s'abaisse le large marchepied ; le roi et le président se serrent cordialement la main. S. M. le roi porte la grande tenue de général de l'armée bulgare, la poitrine barrée du grand cordon de la Légion d'honneur. Il s'incline, souriant devant Mme Fallières, tandis que le président présente ses hommages et ses souhaits de bienvenue à la reine qui les reçoit avec une exquise bonne grâce. A leur tour, la reine et Mme Fallières échangent les compliments d'usage, et cependant que continue à tonner le canon et que retentissent l'hymne bulgare et la Marseillaise, les présentations officielles de part et d'autre ont lieu.

Le roi serre de nombreuses mains, et l'on gagne par l'escalier très décoré, très fleuri, la sortie de la gare où sont arrêtées les deux daumonts A la seconde de ces-voitures sont conduites S.M.la Reine par M. Fallières, et Mme Fallières par S.M. le Roi. Puis, gagnant la voiture de tête, M. Fallières invite son hôte à y monter et s'y assied, à gauche. Il est trois heures un quart; les musiques jouent, le canon tonne, les généraux saluent du sabre, les drapeaux s'inclinent, et le cortège royal, pareil à tous les cortèges que tous les Parisiens ont vu défiler dans les avenues du Bois de Boulogne et des Champs-Elysées, gagne par la place et le pont de la Concorde, le palais des Affaires étrangères. La pluie s'était, malheureusement, mise à tomber, vers la fin du parcours, au moment où le cortège traversait la place de la Concorde.

La Presse – 24 juin 1910


EN BREF

La fête du Soleil que donne chaque année, à l'époque du solstice d'été, la Société astronomique de France, s'est déroulée la nuit dernière, comme d'habitude, à la tour Eiffel. Un dîner d'environ 200 couverts, présidé par M. Baillaud, membre de l'Institut, directeur de l'Observatoire, réunissait les membres de la société et un certain nombre d'invités. Parmi les convives auxquels M. Camille Flammarion et M. Fauché, président de la Société astronomique, faisaient les honneurs de la soirée, se trouvaient M.Eiffel, M.Lallemand, membre de l'Institut, vice-président de la Société astronomique ; le prince Roland Bonaparte, M. Guillaume, physicien du Bureau international des poids et mesures. Les dames étaient nombreuses : parmi elles Mmes Flammarion, Fauché, Lallemand; Robert, qui fut attachée à l'Observatoire. Au dessert, le directeur de l'Observatoire porte un toast très applaudi à la Société astronomique, au prince Roland Bonaparte, qui s'intéresse de la façon la plus active aux travaux astronomiques. Après le dîner, dans la grande salle des fêtes, M. Edmond Perrier, membre de l'Institut, a développé devant un auditoire nombreux sa thèse sur les habitants de Mars, et a étendu aux autres planètes les considérations qui lui ont servi a un essai de reconstitution de la vie à la surface de Mars.Un concert, auquel ont pris part MM. Roger Ponan, Peroni, Kossowski, Dubos et Mlle Velie, a suivi cette conférence originale. Mlle Marcelle Authelair a dit ensuite la Brouette de M. Rostand, et un bouquet de poésies anonymes. Malheureusement le Soleil, après un brillant coucher, s'est tout de suite endormi sans crépuscule et réveillé sans aube. Le Temps – 24 juin 1910

Une émeute — Une véritable scène d'émeute s'est produite à Saint-Ouen (Somme). Il y a quinze jours, un ouvrier de l'usine Saint, nommé Lucas, âgé de cinquante ans, qui faisait de la propagande syndicale clans l'usine, était dénoncé et congédié. Dès le lendemain, des manifestations hostiles se produisirent devant la maison des époux Oger qu'on voulait mêler à cette affaire. Sur ces entrefaites, Lucas devint fou et fut interné à l'asile de Dury, où il mourut. Ses obsèques ont eu lieu mardi, à Saint-Ouen. Dans la soirée, à l'appel du syndicat, des manifestants se sont rendus devant la maison des époux Oger ; ils ont brisé les portes et les fenêtres, pillé la maison, et enfin, transporté le mobilier sur la route et y ont mis le feu. La gendarmerie a ouvert une enquête. Le Temps – 24 juin 1910

Les Etats-Unis luttent contre la chaleur - Une chaleur torride règne à New-York, où le thermomètre marque 32 degrés centigrades à l'ombre. De nombreux cas d'insolation sont signalés à Philadelphie, à New-York, à Boston, à Indianapolis et à Washington. Les habitants des Etats-Unis savent se mettre à l'aise pour lutter contre la chaleur. Les étoffes sombres, les chapeaux durs, les gilets et très souvent les faux-cols sont bannis du costume masculin. Les femmes remplacent les corsages par des blouses transparentes qui laissent passer l'air et contre lesquelles les puritains de la vieille école protestent vainement. Dans les maisons les plus pauvres, on trouve un appareil frigorifique qui maintient frais les aliments et les boissons. Presque toutes ont un ascenseur, ce qui épargne les fatigues de la montée. Une large ventilation est assurée dans tous les théâtres et les spectateurs reçoivent de magnifiques éventails en feuilles de palmier. Les maisons riches et les grands hôtels ont des jardins installés sur les toits où souffle la brise du large. Le Petit Journal – 24 juin 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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