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03 juil. 10

Les actualités du 3 juillet 1910

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Le Président Fallières en Auvergne

Fallieres à clermont ferrand

M. Fallières, président de la république, a quitté Paris hier matin, se rendant a Clermont-Ferrand et à Royat, accompagné par MM. Jean Dupuy, ministre du commerce, et le général Brun, ministre de la guerre. A la gare de Lyon, M. Fallières a été reçu par le haut personnel de la Compagnie P.L.M. : MM. Dervillé, président du conseil d'administration de la Compagnie ; Mauris, directeur ; Margot, ingénieur en chef de l'exploitation ; Masure, secrétaire du conseil d'administration, et de Richemond, directeur régional de la Compagnie des Wagons-Lits. Se trouvaient également à la gare les ministres et les diverses autorités administratives et militaires.

Le Président a remis avant son départ des médailles d'honneur du travail à des employés de la Compagnie, puis il a pris place dans son wagon-salon où, avec les ministres, sont montés MM. Dervillé et Mauris, président et directeur, et les autres hauts fonctionnaires du P.L.M., M. Ruelle, inspecteur principal du mouvement, est chargé de la direction du train présidentiel.

Premier arrêt à Gannat. Réceptions officielles, congratulations et harangues : "Populations républicaines et laborieuses", "aimant l'ordre et la liberté", les mêmes clichés qui servent indistinctement à tous les départements... Quelques cris de "Vive Fallières !" auxquels, en un geste grandiloquent, M. Fallières répond : criez : "Vive la république !"

En gare de Clermont-Ferrand, le train est reçu par les sénateurs, les députés, le conseil général et le conseil municipal. Présentation des autorités. Aux officiers du 13e corps, M. Fallieres veut bien constater la confiance que l'armée inspire au pays. Il remet ensuite, sous la pluie cinglante, des décorations et des médailles militaires.

Voici les nominations de chevaliers de la Légion d'honneur : Chabault, capitaine au 16e d'infanterie ; Micard, capitaine au 38e ; Canet, lieutenant au 38e ; Birot, capitaine au 139e ; Dovin, chef de musique de 1ere classe au 10e d'artillerie ; Daussy, capitaine au 7e cuirassiers ; Leridon, capitaine au 10e chasseurs; Gros, capitaine au 16e d'artillerie ; Garenne, capitaine au 13e escadrons du train des équipages militaires. Il faut noter, parmi les médaillés militaires, le trop fameux caporal cordonnier Lagout, le frère trois points dont il fut trop question il y a quelques années, lorsque le général Tournier était à la tête du 13e corps d'armée. N'appuyons pas et passons.

Aucune cérémonie officielle n'a eu lieu hier soir. M. Fallières a offert, à la préfecture, un dîner intime aux députés et sénateurs et aux autorités du Puy-de-Dôme. A ce dîner, la maison Chocolat de Royat, A la Marquise de Sévigné, A. Rouzaud a voulu donner la couleur locale. Elle a offert au Président, qui les a acceptés, les desserts, chocolats et confiseries. En outre un monumental panier d'Auvergne, garni de fruits confits et de chocolats, lui sera offert à Royat pour son petit-fils. C'est là une délicate attention de la maison à la réputation universelle, à laquelle Mme Fallières s'adressa pour la fourniture des Boîtes de baptême de son petit-fils Pierre Lanes.

M. Fallières devait rentrer ce soir dimanche à Paris. Cédant à des instances pressantes, il a promis de se rendre cet après-midi à Châtel-Guyon et ne rentrera dès lors à Paris que demain matin lundi.

Le Gaulois – 3 juillet 1910


EN BREF

Une femme sauvagement assassinée au bois de Boulogne- M. Beaujour, employé de commerce, se promenait hier, vers cinq heures de l'après-midi, au bois de Boulogne, lorsqu'en passant derrière une cabane de cantonnier, à cent mètres environ de la route des Lacs à Madrid, il aperçut, caché dans un massif, le cadavre d'une femme jeune encore. M. Beaujour s'en fut prévenir de sa découverte M. Barthélémy, commissaire de police de Neuilly, qui constata qu il s'agissait d'un crime et fit transporter le cadavre à la Morgue. La victime est Une demoiselle Leroux, âgée de trente-cinq ans, habitant 6, rue Hoche, à Levallois-Perret. On la voyait rarement chez elle. Elle en partait le matin vers neuf heures et ne rentrait que très tard dans la soirée ; ses voisins la connaissaient très peu. L'examen du cadavre a révélé que la malheureuse avait été étranglée à l'aide d'un morceau de toile enlevé à sa chemise et qu'on a retrouvé près d'elle, dans le massif ; le corps porte en outre de nombreuses ecchymoses qui font supposer qu'une lutte terrible a dû s'engager entre la victime et son assassin. On ne sait encore exactement à quel mobile attribuer ce crime ; le vol ne paraît pas, en tous cas, en avoir été la cause, car on a retrouvé dans les poche certaine somme d'argent. Le service de la Sûreté a lancé ses meilleurs limiers à la recherche du ou des assassins ; mais il sera probablement difficile de les retrouver ; on suppose que ce crime est l'œuvre d'un maniaque dans le genre du fameux Jack l'Etrangleur.Le Gaulois – 3 juillet 1910

La bonne Pélagie — Dans un petit village des Vosges, tout près de Plombières, vient de mourir une octogénaire, à qui son rôle de servante modeste et fidèle valut, grâce à la plume des maîtres qui l'occupaient, un peu de célébrité: Pélagie Denis, la vieille bonne que les familiers d'Edmond de Goncourt, les habitués du grenier d'Auteuil connaissaient bien et dont le nom revient si souvent dans les derniers volumes du Journal. Elle s'était retirée là-bas après avoir vendu le petit hôtel du boulevard de Montmorency, lasse et peinée d'avoir, chaque jour à cause des visiteurs, a remuer de pénibles souvenirs. La petite rente que lui avait assurée son maître suffisait à ses besoins d'existence ; elle aimait à raconter le détail des anciennes réceptions, les visites des grandes madames. Elle est morte doucement. Le Temps – 3 juillet 1910

Un artiste meurt dans sa loge — Un ancien coryphée du théâtre de la Gaité, M. Besnard, qui jouait des rôles comiques dans la Revue du Moulin-Rouge, est mort subitement dans sa loge, hier soir, en sortant de scène. Il a succombé a une affection; cardiaque. Le Temps – 3 juillet 1910

Un concours d'hommes gras – Londres, 2 juillet — Le Weekly Dispatch a récemment ouvert un concours d'hommes gras. C'est une grave erreur de croire que le temps des géants est passé. Plus d'une centaine de colosses ont répondu à l'appel de la feuille hebdomadaire anglaise. Le premier prix a été remporté par M. G. Lovatt, de Brierley-Hill, dont le poids respectable atteint 214 kilos et 200 grammes. Viennent ensuite : "Jolly Jumbo", de Willesden, avec 209 kilos 700, et M. J. Walker, de Leeds, avec 208 kilos 800. Interviewé, "Jolly Jumbo" a déclaré : II est heureux que les hommes gras soient les hommes les plus gais du monde. S'il en était autrement ce serait à se mettre la corde au cou. Jamais, par exemple, je n'ai pu trouver un tailleur qui ne m'ait pas fait payer un extra pour le prix de mes complets. Je ne peux pas voyager en omnibus. Je ne monte jamais en fiacre, de peur de passer à travers le fond de la voiture. Si je veux visiter une exposition quelconque il faut que l'on passe une demi-heure à dresser un échafaudage qui me permette de passer par-dessus le tourniquet. Au théâtre, je dois payer double place, car il me faut deux fauteuils sur lesquels on dispose un coussin. Mais tout ceci n'est rien à côté du supplice que j'endure quand je me rends chez un homme marié. La femme de ce dernier devient si nerveuse lorsque je cherche à m'asseoir quelque part que j'en suis gêné. Puis les enfants, après avoir fait trois ou quatre fois le tour de mon siège, commencent à m'assaillir de questions sur mon extraordinaire embonpoint. Le Matin – 3 juillet 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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