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06 juil. 10

Les actualités du 6 juillet 1910

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L'assassin des boulangères est condamné à mort

Saint Gerand le Puy

Saint-Mihiel, 5 juillet — Le 23 juin 1909, a Saint-Gérand-le-Puy (Allier), un ouvrier, boulanger, qui avait dit se nommer Henri Drochon, assassina sa patronne, Mme Rocher, en l'assommant, et prit la fuite à bicyclette, emportant 2.500 francs. On ne put le retrouver. Or dans la nuit du 17 au 18 octobre, un nouveau crime était commis a Laheycourt; arrondissement de Bar-le-Duc, par un ouvrier boulanger, sur la personne de la grand-mère de son patron, Mme Bernard, que des voisins trouvèrent assommée dans son lit. L'ouvrier boulanger, qui avait déclaré se nommer Leroux, prit également la fuite a bicyclette, en emportant 2.200 francs.

La similitude de ces deux crimes fit supposer que l'assassin de Saint-Gérand-le-Puy et celui de Laheycourt s'identifiaient. On ne se trompait pas : en avril dernier la brigade mobile de Nantes arrêtait à Saumur un ouvrier boulanger qui cherchait du travail sous le nom de David, et qui s'appelait en réalité Charles-Marie Philippo, né en 1886 à Malansac (Morbihan). Cet homme avait déjà subi plusieurs condamnations pour vol. C'était bien l'assassin des deux boulangères.

C'est pour répondre du crime de Laheycourt que Philippo comparaît aujourd'hui devant le jury de la Meuse. Dès huit heures et demie du matin la salle d'audience est remplie et Philippo apparaît, escorté de trois gendarmes, au milieu d'un profond silence auquel bientôt succède un murmure qui n'a rien de sympathique. L'interrogatoire n'offre rien de saillant. Philippo reconnaît des vols qualifiés dont il est accusé : son crime de Saint-Gérand--le-Puy et son crime de Laheycourt. Son seul souci est d'écarter la préméditation. Il prétend, malgré les preuves contraires, que s'il a tué Mme Bernard, c'est parce qu'elle a crié.

La déposition du docteur Fistie détruit le système de défense de l'accusé. Il démontre que la pauvre femme a été tuée pendant son sommeil. L'audition des témoins se poursuit ensuite sans apporter aucune lumière nouvelle sur cette affaire. Puis M. Laroche, procureur de la République, dans un sobre mais éloquent réquisitoire, montre quel redoutable malfaiteur est Philippo, qui a subi de nombreuses condamnations et qui devra encore répondre d'un autre assassinat a Moulins.

Dans une péroraison émouvante l'organe du ministère public demande la peine capitale Maître Larzillière, avoué et défenseur de l'accusé, fait appel a la pitié du jury. Le jury se retire ensuite et après une demi-heure de délibération, il rapporte un verdict affirmatif et muet sur les circonstances atténuantes. En conséquence, Philippo est condamné à mort. Ajoutons que le condamné comparaîtra à nouveau devant la cour d'assises de l'Allier, pour y répondre du crime de Saint-Gérand-le-Puy.

Le Matin – 6 juillet 1910


EN BREF

Le championnat du monde de boxe tourne à l'avantage du noir Johnson - Des dépêches nombreuses et détaillées sont arrivées toute la nuit de Reno, où se déroule le grand match de boxe entre le noir Johnson et le blanc Jeffries. Tandis que la nuit s'étendait sur notre terre de France, le soleil baignait de ses rayons l'hémisphère opposé, dont Reno a été, pendant une journée, la ville la plus illustre aux yeux du public spécial de la boxe. Au quinzième round le knock-out a été déclaré pour Jeffries, qui a été définitivement mis à terre, après avoir reçu à la mâchoire deux coups de poing plus violents que les précédents. Savourez les détails de ces trois reprises, communiqués par le télégraphe: Johnson place deux directs du gauche à la face. Puis, coup sur coup, après un corps à corps, il place un swing qui rouvre à la face de Jeffries une vieille blessure, et un autre coup sur l'oreille, qui fait reculer Jeffries jusqu'aux cordes du ring. A ce moment, Jeffries tente un swing au corps, mais Johnson y répond par un terrible cross, après quoi nouveau corps à corps. L'œil de Jeffries commence à se fermer. Jeffries saigne abondamment de la bouche et de l'œil. Jeffries suit Johnson tout autour du ring. Johnson réussit encore un direct à la bouche et un coup à l'œil. Johnson se met en pleine action. Jeffries, par contre, paraît harassé. Johnson lui place encore un violent direct du droit. Ce round est de beaucoup à l'avantage de Johnson. Il y en a comme cela de quoi faire deux colonnes de journal. Au fur et à mesure, le télégraphe annonce aux parieurs (il y en avait même à Paris, et non un petit nombre) que la figure de Jeffries est dans un piteux état, que Johnson a touché au nez et que le sang coule à nouveau. Voici enfin la conclusion, d'après le Daily Mail: Après un corps à corps qui suit une tentative de Jeffries pour toucher Johnson à 1a figure, Johnson accélère l'allure du combat et il envoie Jeffries à terre de deux coups à la mâchoire du droit et du gauche. Jeffries se relève avant que soient comptées les dix secondes, mais retourne à terre aussitôt, et il est encore sur les genoux quand l'arbitre compte la dixième seconde. Le knock-out est alors déclaré, malgré la foule qui hurle et proteste. Comme fiche de consolation, le vaincu touchera pour sa part, dans les droits de reproduction cinématographique et en dehors de ce qu'il recevra pour des tournées aux Etats-Unis, 500 000 traites. Mais les blancs d'Amérique sont profondément humiliés de voir leur champion battu par un noir. La Croix – 6 juillet 1910

On découvre au Canada d'immenses mines d'or - A coté de la petite ville de Stewart (Colombie britannique), M. Delgrone a découvert, au pied des Montagnes Rocheuses, un gisement aurifère a accès facile et d'une étendue si grande qu'il n'en peut encore fixer les limites. M. Delgrone assure quon pourra extraire du minerai pendant plus de cent ans, sans même arriver à appauvrir le gisement. De Londres à Stewart, le voyage coûte environ 500 francs. On s'attend a ce que de nombreux chercheurs d'or s'y précipitent aussitôt. Déjà, chaque steamer arrivant à Stewart est rempli de prospecteurs, et des trains spéciaux partent continuellement à destination des collines aurifères. La majorité des prospecteurs qui reviennent disent que tout le pays libre jusqu'au glacier est actuellement jalonné. Des experts sont en train de faire des recherches approfondies pour le gouvernement. La Croix – 6 juillet 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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