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26 juil. 10

Les actualités du 26 juillet 1910

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L'Angleterre passe en revue son impressionnante flotte de combat

Flotte

Marine-militaireL'immense armada que l'Angleterre vient de réunir pour ses grandes manœuvres navales devait être passée hier en revue par S. M. Georges V, à Mount's Bay, près du cap Lizard, à l'extrême pointe occidentale de l'Angleterre, mais le mauvais temps y rendant la situation intenable, c'est à Torbay, sur la côte, du Devonshire, dans la Manche, où le mouillage est plus sûr, que les flottes anglaises reçurent l'ordre de se concentrer. Par malheur, le vent souffla hier en tempête avec une telle violence que toute revue fut jugée impossible et que le yacht royal Victoria-and-Albert, qui devait conduire le Roi de Cowes à Torbay, dut rester au port. La revue est donc remise.

Les 130 navires réunis pour la circonstance comprendront les flottes de la Méditerranée et de l'Atlantique, avec leurs escadres de croiseurs, les trois premières divisions de la flotte métropolitaine (home fleet), avec ses escadres de croiseurs, les première et deuxième flottilles de contre-torpilleurs, et une série de sous-marins, parmi lesquels se trouvera le D-1, le dernier modèle de ce type mis en service, dont l'apparition a causé le plus vif intérêt.

Sur ce qu'ont été les manœuvres navales qui se sont déroulées dans l'Atlantique depuis le 11 juillet jusqu'à la fin de la semaine dernière, on ne sait rien ou presque rien. On n'en connaît que des choses très incertaines. Ainsi l'a voulu l'Amirauté, qui a entendu garder le secret sur les problèmes stratégiques qu'elle voulait élucider. Tandis que, dans les alinéas précédentes, les membres de la presse étaient officiellement invités a suivre les manœuvres navales et envoyaient chaque jour des correspondances que le public lisait avidement, cette fois-ci, les journalistes ont été rigoureusement tenus à l'écart et les journaux sont restés muets sur le mouvement des flottes en présence.

Tout au plus savait-on qu'il y. avait deux partis en lutte le parti rouge ou anglais, sous les ordres de l'amiral sir William May, le vainqueur heureux des manœuvres de 1906; le parti bleu ou ennemi, sous les ordres de l'amiral sir Edmund Poe. On savait aussi que l'armée navale rouge était plus forte que l'armée bleue. Mais cela ne suffisait pas à satisfaire la curiosité toujours en éveil de nos voisins sur ce qui touche à leur flotte. Et il y eut chez eux quelque mécontentement d'apprendre qu'en dégustant, le matin leurs eggs and bacon et leur cup of tea, ils ne trouveraient pas dans leur journal leur pâture maritime accoutumée.

Quoi qu'il en soit, les amiraux en question n'avaient pas à mettre en ligne moins de 67 bâtiments de combat de haute mer, dont 42 cuirassés et 25 croiseurs également cuirassés, formant l'énorme déplacement de 990,000 tonnes et portant ensemble 970 canons de gros et de moyen calibre, dont 230 de 305 millimètres. Certes, ce sont là des chiffres de navires, de tonnes-et de canons que nulle autre marine au monde ne pourrait se flatter d'aligner: la flotte cuirassée allemande tout entière ne dépasse pas 450 mille tonnes et elle porte seulement 632 canons de moyen et de gros calibre, dont 112 sont du calibre de 280 millimètres.

Sans doute, il n'y a pas que des bâtiments du dernier type dans les escadres cuirassées que le Roi doit passer en revue: on n'y trouve, en effet, que 10 Dreadnoughts. Mais l'Allemagne ne peut leur en opposer que 5. Et, dans les navires antérieurs, ceux qu'on appelle maintenant les pré-Dreadnoughts , on trouve de remarquables spécimens, comme les 2 Nelson et les 8 King Edward. Aussi tous comptes faits, les 130 navires anglais réunis aujourd'hui à Torbay peuvent encore donner quelque confiance aux sujets du roi Georges sur le maintien de la suprématie maritime de l'Angleterre.

Ceci ne veut pas dire que M. Asquith a eu tort l'autre jour, aux Communes, de demander au pays un nouvel effort en faveur de sa marine, dans le but d'assurer sa défense et sa sécurité. La nécessité d'augmenter la flotte britannique résulte de deux faits indéniables: 1. l'accélération de la réalisation du programme naval allemand 2. l'accroissement de la capacité de production des chantiers allemands.

Jusqu'en 1897, l'Allemagne, mettait en chantiers 1 cuirassé par an; à partir de 1898, elle en mit 3; depuis 1908, elle en met 4. Depuis le mois d'avril dernier, il y a 7 Dreadnought allemands en chantiers, contre 4 anglais. Voilà pour l'accélération du programme. Quant à la capacité de production allemande, elle ressort d'un chiffre significatif: les chantiers d'outre-Rhin peuvent construire un navire du plus grand tonnage en 32 ou 33 mois. Le Von-der-Tann a été achevé en moins que cela, mis sur cale dans l'été de 1908, il fut lancé en mars 1909 et prêt le 24 mai 1910.

Dans ces conditions, c'est donc la simple prudence, le simple souci de sa défense et de sa sécurité qui commandent à l'Angleterre d'augmenter sa flotte de combat. Si elle veut pouvoir, dans l'avenir, aligner comme elle le fait aujourd'hui à Torbay des escadres plus fortes que les escadres de deux puissances, elle doit procéder dès maintenant et avec rapidité à la construction de nouvelles unités pour lesquelles, on le sait, ses arsenaux, ses industries, ses chantiers privés sont merveilleusement outillés.

Le Figaro – 26 juillet 1910


EN BREF

80 000 chiens au supplice à Constantinople - Les chiens légendaires de Constantinople viennent, par mesure de police, d'être enlevés des rues de la ville et transportés dans l'île d'Oxia, petite île de la mer de Marmara, où l'existence n'est pas précisément gaie pour eux. Presque sans nourriture et sans eau potable, exposées à un soleil ardent, les pauvres bêtes subissent là un martyre qui a ému notre Société protectrice des animaux. Dans sa dernière séance elle a émis le vœu que les autorités interviennent pour faire cesser cet épouvantable supplice de 80.000 chiens livrés à une mort cruelle. Elle espère que tous les amis des animaux, sans distinction, feront entendre un cri de réprobation contre le traitement infligé à ces malheureux chiens. Elle fait appel à l'influence morale de la presse de tous les pays pour faire cesser un spectacle également condamnable au point de vue de l'hygiène et de l'humanité. Le Petit Journal – 26 juillet 1910

Friol champion du monde cycliste ! - La finale du Championnat du monde de vitesse, disputée au vélodrome de Karreveld, à Bruxelles, a donné lieu à des incidents. Les délégués allemands se sont laissés aller à protester contre les décisions du juge à l'arrivée et interdirent à leur représentant, Rutt, de disputer sa chance dans la finale. La finale du Championnat du monde a donc réuni le Danois Ellegaard et le Français Friol qui a gagné, dans un magnifique effort, par une demi-roue, au milieu des ovations de la foule. Le Figaro – 26 juillet 1910

Naufrage d'un vapeur japonais - Une dépêche de Tokio annonce que le vapeur Tetsure-Maru, voyageant entre Kobé et Dalny, a coulé à la hauteur de Chindo (Corée). Il avait à bord 246 passagers. Quand le navire coula, les passagers s'embarquèrent dans six chaloupes sans qu'il y eût de panique. Le capitaine et la plus grande partie de l'équipage n'eurent pas le temps de se sauver. 6 passagers- de première, classe et 13 de seconde ont échappé à la mort. On croit que 105 passagers de troisième classe et 59 soldats ont été sauvés par des navires de guerre ou ont débarqué sur la côte. La Croix – 26 juillet 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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