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28 juil. 10

Les actualités du 28 juillet 1910

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Garrigou gagne la 13e étape du tour de France

Garrigou

Ils sont encore une quarantaine de courageux qui ont accompli aujourd'hui cette treizième étape, disputée sur le rude parcours Nantes-Brest. Tous ces braves cyclistes sont dans un état remarquable, prêts à se livrer une lutte encore plus acharnée au cours des deux étapes finales ; vendredi, Brest-Caen - la plus longue et l'une des plus terrible du Tour de France - et dimanche, Caen-Paris, cette dernière-course triomphale qui constituera la digne apothéose de la colossale compétition. Ces vaillants routiers, qui- viennent de parcourir plus de 4.000 kilomètres, vont encore étonner le monde par les prouesses qu'ils ont accomplies aujourd'hui et surtout par celles qu'ils vont encore exécuter avant l'heure où, sous les yeux des Parisiens, ils accompliront au Vélodrome du Parc des Princes le dernier kilomètre final de cette randonnée a tout jamais inséparable de l'histoire sportive du monde.

Le temps est clair, la journée s'annonce belle. De plus un petit vent du Sud-Ouest souffle régulièrement. ; s'il continue nos coureurs auront leur tâche rendue plus facile. A 3 h. 30, le contrôle est levé et en groupe les quarante-cinq coureurs ayant sígné se rendent vers le lieu de départ, fixé route de Vannes, où après un dernier appel le départ est donné à 4 heures précises.

Vannes, 27 juillet — Aussitôt Le signal de départ Azzini, Cruchon et Lapize se faufilent au commandement et à belle allure emmènent le lot qui reste compact pendant dix kilomètres environ. Dans la traversée d'un village la route est entièrement empierrée et nos routiers doivent exécuter des prodiges d'adresse pour éviter la fâcheuse bûche et les traîtres empiècements de route. Au carrefour, après la Merlerie, première, rencontre avec les clous ; sept coureurs doivent s'arrêter pour réparer. Les pauvres malheureux sont encore victimes des manœuvres de ces ignobles bandits de grands chemins.

Le peloton de tête comprenait encore trente-deux coureurs au passage à Savenay (36 kil de Nantes, à 285. kil. de Brest) à 5 h. 12 ; sont aux premiers- rangs : Decaup, Cornet,. Faber, Trousselier, Saillot, Louis Azzini, Deloffre, Maitron et Dufour ; à 500 mètres vient le second peloton comprenant quatre hommes, Picard, Ghislotti, Jouin et Bierre. Puis, un peu plus loin, un troisième avec Albini, Cruppelandt, Pothier et Charde ; trois autres groupes sont déjà loin en derrière. Peu de changements à vous noter avant La Roche-Bernard (69 kil. de. Nantes, à 252 kil. de Brest); où le peloton de tête, comprenant vingt-huit coureurs passe à 6 h. 25. Lapize, Garrigou, Trousselier, L. Azzini, Cruppelandt, Blaise, Cruchon, Ernest Paul, Faber et Vanhouwaert sont toujours parmi les premiers.

Quimper - 27 juillet — Depuis Lorient , où les coureurs sont passés en avance sur l'horaire prévu, peu de changements à vous signaler. Nous sommes arrivés, à Quimperlé (182 kil. de Nantes à 139 kil. de Brest), en même temps que les leaders, c'est-à-dire à 10 h. 10, Ernest Paul, Trousselier, Albini, Cruppelandt, Faber, Garrigou, Lapize, E. et L. Azzini, Godivier, Blaise, Vanhouwaert, Paulmier, Maitron, Ringeval, Deloffre, Cornet, etc., sont toujours dans le peloton de tête . A la sortie de Quimperlé, Paulmier et Maitron tentent de fausser compagnie à leurs camarades, mais Azzini, Trousselier et Garrigou rejoignent les leaders.

A Rosporden (205 kil. de Nantes à 116 kil. de Brest), Cruppelandt parvient à lâcher le lot ; une poursuite fantastique s'engage et ce n'est qu'après une dizaine de kilomètres que le vainqueur moral de Bayonne-Bordeaux est rejoint. Malheureusement dans la bagarre le peloton a perdu quelques unités dont O. Lapize qui a crevé. C'est ainsi qu'il ne reste plus que seize hommes en arrivant ici au contrôle de Quimper (229 kil. de Nantes à 92 kil, de Brest), à 11 h. 46 : Faber, Cruppelandt, Paulmier, Garrigou, Trousselier, Deloffre, Maitron, Vanhouwaert, Bettini, Ernest et Louis Azzini, Godivier, Albini, Ménager, Ernest Paul et Ringeval forment le groupe de tête. Lapize arrive à 11 h. 53, puis Lafourcade 3 minutes plus tard et Blaise, à midi.

Brest, 27 juillet — Ce n'est qu'a la sortie de Châteaulin (256 kil. de Nantes, à 65 kil. de Brest) que nous avons rejoint les leaders. Les champions d'Alcyon et de le Globe sont tous en excellent état. De nouveaux lâchages se sont produits aux environs de Quimerck. Le lot fut complètement disséminé, grâce à Garrigou et à une chute de François Faber. Le héros du tour 1909 joue de malheur. Garrigou se trouve en tête et arrive seul à Landerneau (209 kil. de Nantes à 22 de Brest), à 2 h. 16 puis dans l'ordre : Vanhouwaert, 2 h. 17, Maitron, 2 h. 18 ; Paulmier, 2 h. 24 ; Ernest Paul, Louis Azzini et Ringeval, à 2 h. 25 ; Lapize, à 2 h. 29 ; F. Faber, à 2 h. 36; Ernest Azzini, à 2 h. 36; Ménager, à 2 h. 39; Trousselier, à 2 h. 43 ; Bettini et Godivier, à 2 h. 45. Nous laissons le contrôle, admirablement installé, par le dévoué Duval, pour nous rendre à Brest.

Cinq minutes après notre arrivée le clairon retentit et bientôt Garrigou fait seul son entrée dans la ligne droite, le sympathique coureur est exténué par l'effort qu'il a dû produire. On lui fait une folle ovation. Il franchit la ligne d'arrivée à 3 h. 1. Quatre minutes après voici Maitron et à 3 h. 11 Ernest Paul puis Vanhouwaert. Après l'étape d'aujourd'hui, la treizième le classement général du Tour de France donne : 1. O. LAPIZE, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, 62 points 2. François Faber, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, 65 points ; 3. Garrigou, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, 80 points ; 4. Vanhouwaert, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop 94 points.

La Presse – 28 juillet 1910


EN BREF

Crime à Bois-Colombes - Au numéro 147 de la rue de la Renaissance à Bois-Colombes, habitaient les époux Lefèvre, le mari employé a la Compagnie des petites voitures et la femme chiffonnière. Il y a quelque temps, M. Lefèvre avait pris chez lui comme pensionnaire un journalier du nom de Albert Hamel, âgé de vingt-sept ans, qui se montra immédiatement trop prévenant vis-à-vis de Mme Lefèvre. Que se passa-t-il hier ? On l'ignore encore. Toujours est-il que dans l'après-midi des voisins ayant entendu des râles dans la cour de la maison accoururent et découvrirent le corps de Mme Lefèvre étendu sur le sol dans une mare de sang. La tète avait été presque séparée du tronc et au milieu de la poitrine était planté jusqu'au manche un couteau-poignard. Le commissaire de police fut prévenu et, après avoir constaté le décès, il procéda aux premières investigations. Il établit bientôt que le coupable ne pouvait être que le journalier Albert Hamel, qui avait été vu s'enfuyant dans la direction de Paris. Quelques instants plus tard, en effet, le magistrat était avisé téléphoniquement par son collègue du quartier des Epinettes qu'un individu prétendant s'appeler Beylat (?) venait de se constituer prisonnier, s'avouant l'auteur d'un crime à Bois-Colombes. Les deux magistrats échangèrent leurs renseignements et le criminel, dont l'identité reste à établir, à été envoyé au Dépôt à la disposition du parquet. Le Gaulois – 28 juillet 1910

La Station suisse de dirigeables - Dimanche a été inaugurée à Lucerne, devant un nombreux public d'invités, parmi lesquels on remarquait M. Deutsch de la Meurthe, M. Kapferer, le colonel Schaeck et M. Colsman, directeur de la Société Zeppelin, la station de dirigeables construite par la Compagnie générale aérienne. Le hall, presque entièrement en fonte, a 96 mètres de longueur sur 36 de largeur et 24 de hauteur. Il peut contenir deux dirigeables. Momentanément il ne s'y trouve que la Ville-de-Lucerne-I construite par la Société Astra. Ce dirigeable a 60 mètres de longueur sur 18 de diamètre. Il contient à l'intérieur une poche que l'on vide par quatre soupapes lorsqu'on veut descendre. La nacelle pèse 3,500 kilos, et le moteur, un Clément-Bayard est de 110 HP. Le ballon est desservi par trois pilotes et deux chauffeurs, et peut transporter dix voyageurs. Chaque voyage d'une heure coûte 200 francs par personne. En dehors des ascensions réglementaires, le ballon peut être loué pour d'autres ascensions. La Compagnie est assurée contre les accidents pour un demi-million de francs, et un syndicat de vingt-cinq sociétés d'assurances suisses, françaises et allemandes assurent les voyageurs à raison d'une prime de 15 francs pour 10,000 francs. Dimanche, la Ville-de-Lucerne-I, a fait quatre ascensions très réussies : la première avec M. Deutsch de la Meurthe seul comme voyageur, et les autres avec cinq, six et sept passagers. Un banquet a réuni les invités ; M. Deutsch de la Meurthe y prononça un discours très applaudi. Puis une société genevoise donna un concert, dont le premier morceau, En dirigeable a pour auteur M. Deutsch de la Meurthe. Le Gaulois – 28 juillet 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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