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30 juil. 10

Les actualités du 30 juillet 1910

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Tour_1909 La quinzième étape du Tour de France: Encore Lapize !

Lapize et Blaise a Pont-Audemer

Dinan, 29 Juillet — La soirée d'hier à Brest a été contrariée par un vilain temps. La pluie a tombé abondamment, ce qui nous vaut de trouver les routes en état déplorable. La boue ne manque pas. Le contrôle du départ de Brest était installé au Café du Commerce , place du Champ-de-Bataille, et grâce aux dirigeants des Sociétés-brestoises les opérations ont été menées rondement. Malgré la pluie, une foule nombreuse était venue pour acclamer les concurrents. Le contrôle a été levé à 11 h. 30 et, en groupes précédés de la voiture de l'Auto, les quarante-cinq routiers sont venus à la sortie de la ville où le depart a été donné à minuit tapant.

Le temps n'était guère favorable; la pluie tombait fine et c'est dans, une nuit très noire que la meute s'est ébranlée en bon ordre. Cruppelandt, Azzini et Maitron ont été les premiers au commandement. Dans une descente, à une dizaine de kilomètres du départ, une chute se produisait: Cruppelandt, Lannoy, Trousselier et Godivier furent les plus sérieusement touchés. Le peloton complètement disséminé, c'est a la débandade que les premiers du cortège traversèrent Landivisiau (39 kil. de Brest, à 385 kil. de Caen), à 1 h. 6. Dans la rampe assez forte que l'on rencontre à la sortie de la ville, Faber se trouva bientôt seul en tête et c'était un spectacle assez impressionnant que de voir le puissant athlète pousser rageusement, prenant une belle avance sur ses camarades. Dans la descente de St-Thégonnec, le premier peloton déjà loin derrière Faber se reforma.

A Morlaix (62 kil. de Brest, à 362 kil. de Caen), François Faber arrivait seul à 1 h. 51. Puis dans l'ordre : Garrigou, Ernest Paul, Salliot; Lapize et Vanhouwaert à 2 h. 2 ; Albini à 2 h.4. Nous nous arrêtons quelques instants, pour voir où sont les retardataires, les victimes des chutes et des crevaisons car les clous n'ont pas manqué, avant Landivisiau. De nombreux petits pelotons sont passés et après une assez longue, attente, voici trois autres coureurs dont un conduit sa machine à la main: ce sont Lannoy, Trousselier et Godivier, qui s'arrêtent au contrôle. Trousselier est assez sérieusement blessé ; quant à Lannoy et Godivier, ils ont été fort touchés dans la chute et déclarent abandonner.

Guingamp, 29 juillet— Il a plu une bonne partie de la nuit ; mais à l'heure où sont passés les coureurs le temps semble se remettre au calme ; les routes sont en fort mauvais état. Ordre de passage des coureurs : A 3 h. 55, François Faber ; à 4 h. 6 Garrigou, Lapize, Vanhouwaert, Saillot et Ernest Paul ; à 4 h. 19, Albini à 4 h. 22, Le colosse de Colombes est merveilleux ; à une allure rapide il avance avec régularité et sauf accident cet homme extraordinaire serait imbattable. A Chatelaudren, il est l'objet d'une ovation enthousiaste ; les braves Bretons crient: " Vivent les coureurs ! vive l'Auto !"

Rien de particulier à noter jusqu'à Saint-Brieuc (147 kil. de Brest à 277 kil. de Caen), où François Faber arrive à 4 h. 49. Nous laissons le leader poursuivre sa course pour attendre les suivants qui arrivent dans l'ordre : Lapize, Saillot, Vanhouvvaert, Ernest Paul et Garrigou à 5 h. 9 ; Albini à 5. h. 30 ; Cruchon, Ringeval, Bettini, Ménager, Paulmier et Deloffre, à 5 h. 37. En général, tous les coureurs sont en excellent état, en particulier Saillot, Lapize et Garrigou qui se paient le luxe de mener le train à leurs camarades.

C'est à la sortie de Lamballe que nous avons rejoint le premier peloton que Faber précède toujours de dix minutes. Malheureusement, le leader n'aura pu profiter de son avance car à Jugon (184 kil. de Brest, à 240 kil. de Caen), une stupide crevaison est venue l'arrêter dans sa course admirable. Le peloton de tête comprend donc maintenant Garrigou, F. Faber, Lapize, Saillot, Vanhouwaert et Ernest Paul qui arrivent ensemble au contrôle de Dinan (206 kil. de Brest à 218 kil. de Caen), à 7 h.9 m.

Pontorson, 29 juillet — Lapize est au commandement du peloton. comprenant encore Garrigou, Ernest Paul et François Faber, en passant à Pontorson (252 kil. de Brest, à 172 kil. de Caen), à 8 h. 45; Saillot est à 200 mètres.

Avranches, 29 juillet — C'est à la sortie de Pontaubault que nous avons retrouvé les leaders. A belle allure nos quatre gaillards grimpent la côte qui mène à Avranches (274 kil. de Brest, à 150 de Caen), où ils arrivent à 9 h. 24. A deux kilomètres de la ville, une poule vient occasionner la chute de François Faber ; le pauvre garçon a de fortes blessures à l'épaule, au genou et au coude; cependant, il repart courageusement.

Coutances, 29 juillet — Lâché à la suite de la chute qu'il a faite à la sortie d'Avranches, le brave Faber avait repris sa course à la poursuite du peloton de tête. A Granville (300 kil. de Brest, à 124 de Caen), il était contraint de s'arrêter quelques instants pour soigner ses blessures, puis repartait à vive allure. C'est à Coutances (329 kil. de Brest, à 95 de Caen) que nous avons revu les leaders, Garrigou, Lapize et Ernest Paul, qui passaient au contrôle à 11 h. 35. Venaient ensuite : Faber, à 11 h. 50 ; Saillot, à 12 h. 10 ; Vanhouwaert, à 12 h. 20; Albini, Maitron, Lafourcade, Bettini et Louis, à 12 h. 30 ; Ringeval, à 12 h: 57.

Granville, 29 juillet. — Cette fin de course n'a pas été aussi sensationnelle que nous l'avions espéré par suite de l'absence des Faber, Vanhouwaert, Cruppelandt, Trousselier, Maitron, Paulmier, etc., retardés ou éliminés à la suite de chutes ou de crevaisons. Depuis Saint-Lô (357 kil. de Brest, à 67 de Caen), où Lapize, Garrigou et Ernest Paul passaient à midi 17, précédant François Faber de 25 minutes aucun incident notable à vous signaler.

Nous avons laissé les leaders, en l'occurrence Garrigou et Lapize, à quelques kilomètres avant Bayeux pour venir directement ici au contrôle d'arrivée installé près Saint-Germain. Là, malgré l'éloignement de Caen, une foule énorme se presse pour, voir les' vainqueurs. Vingt minutes après notre arrivée les clairons retentissent annonçant l'approche des premiers coureurs. Presque aussitôt des applaudissements éclatent. C'est Lapize qui, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, franchit la ligne finale. Il est 2 h. 38 ; Garrigou se classe second, à une demi-longueur, devant Ernest Paul, à trois longueurs.

Après l'étape d'aujourd'hui, Brest-Caen, le classement général s'établit comme suit: 1. Octave Lapize, sur bicyclette Alcyon, munie de pneus Dunlop, 63 points ; 2. Faber, sur Alcyon, pneus Dunlop, 69 points ; 3. Garrigou, sur Alcyon, pneus Dunlop, 91 points.

La Presse – 30 juillet 1910


EN BREF

Terrible explosion dans une usine de sulfure – Salon - Un terrible accident s'est produit, cet après-midi, vers une heure, à l'usine de sulfure de kurian, située à cinq minutes de la ville, sur la route de Marseille. Un des appareils à sulfure a éclaté tout à coup, et l'explosion a fait plusieurs victimes, causant des dégâts considérables et provoquant, en outre, un commencement d'incendie. La toiture a été complètement enlevée, plusieurs murs se sont écroulés et des matériaux de toutes sortes ont été projetés à plus de 300 mètres. Onze ouvriers, la plupart Italiens ou Espagnols, surpris par l'explosion, ont été grièvement blessés. On les a retirés dans un état lamentable de dessous les décombres. Ils ont été transportés à l'hôpital ; deux des blessés sont dans un état désespéré. Le nombre des victimes aurait été beaucoup plus élevé si l'explosion s'était produite quelques instants plus tard, au moment où tous les ouvriers, revenant de déjeuner, étaient rentrés à l'atelier. Le Petit Journal – 30 juillet 1910

Vesces de loup

Un champignon géant - M. Abel Barbaux, de Lons-le-Saunier, a trouvé sur le premier plateau du Jura, territoire de la commune de Nogua, un champignon présentant des dimensions vraiment extraordinaires. Le champignon appartient à l'espèce dite Lycoperdon gigantea et appelée vulgairement vesce de loup. Son poids est d'environ 7 kilos. Il est comestible. La Croix – 30 juillet 1910

La plus vieille femme du monde - La gloire d'être la femme du monde la plus âgée était revendiquée jusqu'ici par Mme Durkiewitz, de Posen, qui est née le 21 février 1785. Mais elle est distancée par une Bulgare, Mme Babazasilka, née en mai 1784 dans le petit village bulgare de Bavelsko qu'elle n'a jamais quitté. Elle se souvient très bien des événements datant du commencement du siècle dernier, beaucoup mieux même que de ceux des quarante dernières années. Ses descendants, qui sont au nombre d'une centaine, lui font une pension. Elle a travaillé aux champs pendant un siècle à peu près. La Croix – 30 juillet 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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