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03 août 10

Les actualités du 3 août 1910

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Une torpille explose à Toulon – 2 morts

Torpille

Toulon, 2 août. — Une terrible explosion de torpille sous-marine vient de se produire en rade dans les circonstances suivantes. Une équipe de matelots et de quartiers-maîtres de la défense fixe procédaient, sous les ordres du premier maître Robin, au relèvement des mines sous-marines considérées comme hors d'usage, et immergées dans la baie avoisinant la presqu'île de Giens, avec le concours du remorqueur Faron, de la direction des mouvements du port. Une de ces mines avait été hissée sur le Faron et on s'apprêtait à la transporter sur une chaloupe de la défense fixe à l'aide d'un palan, lorsqu'elle explosa.

Les éclats de l'engin furent projetés dans toutes les directions sur une distance considérable. Le remorqueur Faron et la chaloupe en furent littéralement criblés et reçurent de graves avaries. Malheureusement les conséquences de l'explosion n'étaient pas purement matérielles: trois hommes, horriblement mutilés, se tordaient dans d'atroces souffrances. C'étaient, le premier maître Robin, le quartier-maître Le Moan et le matelot vétéran Vezzozo. L'équipage du remorqueur Faron l'avait echappé belle, grâce à une heureuse circonstance tout le monde étant rassemblé sur l'avant. Quelques minutes plus tôt, dix hommes eussent été fauchés.

Sans perdre un instant son sang-froid, l'équipage du Faron recueillit les blessés qui furent déposés dans la chambre du maître (ce réduit ne tarda pas à être entièrement inondé de sang) et après que ce qui restait de la mine eut été placé sur le pont, le Faron fit route à toute vitesse, sur Saint-Mandrier où les blessés furent transportés à l'hôpital. Mais malgré les soins empressés qui leur furent prodigués, deux d'entre eux, le premier maître Robin et le matelot vétéran Vezzozo ne tardaient pas à rendre le dernier soupir. La préfecture maritime fut informée immédiatement, et le contre-amiral Dufaure de la Jarte, préfet maritime par intérim, s'est rendu à Saint-Mandrier.

Dans la soirée, le Faron est revenu à Toulon. Plusieurs hommes de son équipage avaient été atteints par des éclats et portaient des écorchures. Malgré cela et malgré une légitime émotion, chacun resta à son poste, et jusqu'à une heure très avancée, le Faron fit plusieurs fois la traversée de Toulon à Saint-Mandrier.

Le matelot vétéran Vezzozo était âgé de vingt-cinq ans environ. Le premier maître Robin avait été décoré de la Légion d'honneur le 14 juillet dernier. Comme, il avait été horriblement atteint au bas-ventre et à la jambe droite, on jugea l'amputation immédiatement nécessaire. Aussitôt après, il expirait.

Le Matin – 3 août 1910


EN BREF

Un cul-de-jatte se voit condamner pour coups de pied - Londres, 2 août — Les juges du tribunal de Marylebone ne se sont pas ennuyés aujourd'hui, lorsque comparut devant eux le cul-de-jatte Frederick King, accusé, d'après le procès-verbal, d'avoir donné des coups de pied au policeman Betteridge, et d'avoir renversé ce dernier. King s'assit sur le plancher, devant le jury. Le policeman Betteridge expliqua au tribunal que l'accusé se tenait hier, assis sur une brouette, dons Old Quebec street. Il était terriblement ivre et s'exprimait en termes peu choisis. Prié de se taire, King descendit avec agilité de sa brouette et administra a l'agent des coups avec ses moignons de jambes. Il tordit ensuite l'un des pieds du policeman qui, de douleur, se laissa choir. Le cul-de-jatte lui monta alors sur le dos et le passa à tabac avant qu'il ait eu le temps de se relever. Le public et les magistrats ne purent s'empêcher de rire de bon cœur en entendant les détails de cette lutte homérique entre le cul-de-jatte et l'agent. Le président du tribunal fit pour une fois mentir le proverbe qui veut que l'homme qui rit soit un homme désarmé, et il condamna l'irascible cul-de-Jatte à six mois de hard labour. Le Matin – 3 août 1910

M. Rockefeller prend des bains whisky - New-York - 2 août - Les habitants de Cleveland, dans l'Ohio, où réside M. John Rockefeller, l'homme le plus riche du monde, étaient tout surpris de voir de nombreuses caisses de whisky franchir les grilles de son château. Pendant toute sa vie, en effet, le milliardaire américain avait vivement manifesté sa répulsion pour les boissons alcooliques. Sur ses vieux jours, il adorait donc ce qu'il avait autrefois condamné. Cette contradiction s'explique par le fait que les médecins ont ordonné à M. Rockefeller de prendre un bain quotidien de whisky, et comme ses moyens lui permettent de s'offrir de l'eau-de-vie de qualité supérieure, les gourmets de Cleveland ont sollicité de lui la faveur de rembouteiller pour leur propre compte les résidus de sa baignoire, Ils n'ont, jusqu'ici, reçu aucune réponse. Le Petit Journal – 3 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]