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04 août 10

Les actualités du 4 août 1910

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Victimes_de_l_aviation Nicolas Kinet fait une chute mortelle

Nicolas KinetBruxelles, 3 Août - Le meeting d'aviation de Bruxelles-Stockel, qui se termine demain, vient d'être attristé par un accident mortel. L'aviateur Nicolas Kinet, cousin de Daniel Kinet, qui succomba le 15 juillet aux suites d'un accident d'aéroplane, s'était élevé vers six heures au-dessus du village de Stockel et avait atteint une altitude de deux cents mètres. Le tendeur de la cellule arrière de son appareil se brisa et vint tomber dans l'appareil moteur qui s'arrêta net. L'aéroplane tomba alors avec une rapidité vertigineuse et vint s'affaler dans un champ, derrière la gare de Stockel.

On s'empressa aussitôt vers l'aviateur, mais le malheureux avait été tué sur le coup. Le moteur et le réservoir à essence, lui étaient tombés sur le dos ; il avait la poitrine défoncée, la boîte crânienne brisée et plusieurs blessures aux jambes.

À cet événement tragique sont venus s'ajouter de très douloureux incidents qui ont vivement ému des personnes qui en ont été témoins et aussi celles à qui on les a racontés pendant la dernière partie de la réunion d'hier. Au moment de l'accident la femme de l'aviateur, qui était marié depuis quelques mois seulement, se trouvait dans le hangar de Nicolas Kinet et elle assista, impuissante, à la chute de son mari. Néammoins, la malheureuse femme voulut s'élancer au secoure de l'infortuné et c'est avec peine qu'on parvint à la maintenir en lui cachant la triste réalité.

Une autre scène navrante s'est produite. Un frère de Nicolas Kinet, qui assistait au meeting, voulut se suicider, lorsqu'il apprit la mort de l'aviateur. Il s'est jeté la tête en avant sur une des caisses du hangar.

Nicolas Kinet était âgé de trente ans. La ville de Liège avait préparé en son honneur une réception solennelle, car l'aviateur, tenait, la tête du classement général du meeting de Stockel. Peu après l'accident de Kinet, et à peu prés au même endroit, l'aviateur Lauser, qui était parti avec un passager et alors qu'il se trouvait à une hauteur de cent à cent cinquante mètres au-dessus du village de Stockel, a été pris dans un remous, mais il est parvenu heureusement à atterrir dans de bonnes conditions à Sterbeck. Lauser a déclaré que Kinet avait été également pris dans un remous.

Le Petit Journal – 4 août 1910


EN BREF

La démence d'un chanteur d'Opéra - Halle, 3 août. , Le chanteur d'opéra Albert Aumann a tué sa femme, ce matin, d'un coup de revolver : puis, tournant l'arme contre lui-même, il a essayé de se loger une balle dans La tête, sans y réussir toutefois, car, au lieu de pénétrer dans la tête, la balle a glissé sur le crâne et est allée faire un trou dans le mur. Ayant ainsi échoué dans sa première tentative de suicide, le chanteur se pendit à un crochet planté dans la porte de sa chambre en guise de porte-manteau. Albert Aumann aurait sans doute tué aussi sa fille, âgée de quinze ans, si, par bonheur, celle-ci ne s'était trouvée absente au moment de l'accomplissement de l'acte de démence de son père. Car il s'agit bien là d'un acte de démence : lorsque, sans crier gare, le malheureux chanteur tira soudain sur sa femme, celle-ci était plongée dans la lecture de son Journal. Albert Aumann n'était d'ailleurs plus de première jeunesse. Avant d'être engagé à Halle, il avait chanté longtemps dans différentes villes et notamment à Berlin. Sans avoir précisément brillé au tout premier rang, Albert Aumann était cependant un chanteur de valeur et dont la voix de basse était fort appréciée. Le Petit Parisien – 4 août 1910

Tout en bleu au Moulin Rouge- L'excellent artiste Fernand Frey a repris ses rôles hier soir au Moulin-Rouge dans la revue Tout en bleu. Une assez sérieuse indisposition l'avait re tenu à la chambre pendant quelques jours, aussi a-t-il été joyeusement fêté par ses camarades et par les spectateurs heureux de son retour. C'est que M. Frey est inimitable dans ses rôles de Vermillon, Polin et surtout dans Boubouroclès où il donne une interprétation des plus amusantes au rôle de Sylvain. Mlle Lina Darlan a également repris ses rôles qu'elle avait dû abandonner à la suite d'un fort accès de grippe. Tous nos compliments à la charmante artiste qui s'est montrée plus exquise que jamais. Le Gaulois – 4 août 1910

procureurUn verdict refusé — Un curieux incident s'est produit aux assises du Var entre la cour et le jury, On jugeait un prévenu inculpé do faux et escroqueries, lorsque l'avocat, M" Simon, se trouva subitement indisposé et dut renoncer à continuer sa plaidoirie. Le frère de l'inculpé se chargea de présenter la défense et les débats continuèrent. Après plusieurs heures de délibération, le jury revint avec un verdict affirmatif sans circonstances atténuantes, ce qui impliquait une peine très sévère. La cour estima que la peine pouvait ne pas être en proportion avec les faits, et le président demanda au jury s'il ne désirait pas retourner dans la chambre des délibérations pour modifier le verdict en ce qui concernait les circonstances atténuantes. Le jury s'y refusa, mais la cour, après en avoir délibéré, considéra que les circonstances atténuantes devaient être accordées parce qu'elles avaient été acceptées par le ministère public. Considérant en outre que le frère de l'accusé n'avait pas eu le temps de préparer la défense, et faisant application de l'article 352. la cour a déclaré qu'il serait sursis au jugement et l'affaire fut renvoyée à une prochaine session. Après la déclaration du second jury; la cour ne peut ordonner un nouveau renvoi, même quand cette déclaration serait conforme à la première. Le Temps – 4 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]