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07 août 10

Les actualités du 7 août 1910

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Il faut réglementer le port des revolvers

Coup de feu !

La tuerie de la rue Réaumur remet au premier rang de l'actualité la réglementation du port des armes. Il n'est pas admissible que les malandrins puissent porter impunément sur eux un revolver et s'en servir à la première occasion. La question n'est pas aisée à trancher, nous le reconnaissons : mais il faut tout de même la résoudre. Déjà, elle fut posée, en 1905, à Hambourg, lors du congrès international du droit pénal, mais depuis elle n'a pas fait un pas.

Il est intéressant de connaître, à ce sujet, l'opinion de M. Honnorat, chef de la première division à la préfecture de police, qui fut l'un des vice-présidents du congrès de Hambourg et que ses fonctions ont rendu particulièrement compétent en la matière. M. Honnorat n'est pas d'avis que l'on interdise telle ou telle arme ; il entend prohiber impitoyablement le port de tout instrument pouvant servir d'arme. En effet, si, dans l'interdiction, on spécifie, par exemple, le coup-de-poing américain, on ne tardera à le voir apparaître sous le nom de gantelet russe, et comme la loi n'aura pu prévoir le mot nouveau, l'arme ne sera plus saisissable puisqu'elle ne sera pas comprise dans la nomenclature des armes prohibées.

Il en est de même de certains outils, tels que tranchets, tiers-points, qui deviennent parfois des armes terribles entre les mains des malfaiteurs et dont la seule place est à la boutique ou à l'atelier. Le port de toutes les armes, ou instruments pouvant servir d'armes, serait donc interdit, à moins d'autorisation expresse délivrée par les préfets, sous-préfets, maires ou commissaires de police. Seraient exemptées de l'autorisation les personnes occupant une situation offrant une garantie sérieuse, par exemple les citoyens pourvus d'un mandat électif, les fonctionnaires de l'État, les titulaires d'une distinction honorifique française, etc.

D'autre part, les travailleurs astreints à regagner leur domicile à des heures tardives, s'ils ne rentrent pas dans les catégories susvisées, demanderaient une autorisation qui ne serait refusée qu'en cas d'enquête défavorable. Le commerce des armes ne se trouverait donc aucunement entravé. Bref, il n'y aurait guère que les gens sans aveu, les vagabonds, les mendiants qui ne pourraient être admis à porter une arme. On arriverait ainsi à désarmer les malfaiteurs et a armer les honnêtes gens. Ce serait le rêve. Toutefois, il faudrait que les juges se montrassent très sévères pour les délinquants. Plus de seize francs d'amende, plus de sursis. Tout individu non autorisé, trouvé porteur d'un revolver, poignard, casse-tête, serait condamné, sans circonstances atténuantes, à la prison.

Ainsi, nos gendarmes sur les routes, nos agents dans les rues et les squares, auraient un motif pour s'approcher des apaches qui préparent un coup, des chemineaux qui s'apprêtent à égorger la fermière isolée, pour les fouiller et les mettre hors d'état de nuire, et par le seul fait que ces individus seraient porteurs d'une arme quelconque sans en avoir l'autorisation et alors même qu'ils n'auraient commis aucun autre délit, ils seraient arrêtés et déférés à la justice.

Qu'on adopte ce système ou tout autre analogue, peu importe. L'essentiel est qu'on arrive à un résultat dont l'urgence se fait sentir chaque jour davantage. Nous croyons savoir, d'ailleurs, que le gouvernement s'est ému de la question et qu'il déposera, à la rentrée, un projet de loi dont l'adoption n'est pas douteuse.

Le Petit Parisien - 7 août 1910


EN BREF

Ouvriers ensevelis à Epernay - Epernay, 6 août - Un accident mortel s'est produit cet après-midi, à deux heures, rue de l'Hôpital, à Epernay. Un mur s'est écroulé, ensevelissant plusieurs ouvriers qui travaillaient à creuser un sous-sol. Un des hommes, nommé Astic, âgé de quarante-deux ans, a été tué sur le coup ; un autre, nommé Paté, a été grièvement blessé et ne passera probablement pas la nuit ; un troisième, Eugène Gallant, a été grièvement atteint. Enfin, un quatrième a reçu des blessures légères et a pu être reconduit à son domicile. Le Petit Parisien - 7 août 1910

Touareg

Un Touareg sur la Canebière - Marseille, 6 Août - Cet après-midi, est arrivé à Marseille, par le Charles-Roux, courrier rapide d'Algérie, de la Compagnie transatlantique, le caïd touareg Moussa-Sag-Amastane, chef des Hoggars, qui se rend à Paris, avec son khalifat, Cheikatey-Souri ; son interprète, le caïd Ouandi et un brigadier de spahis sahariens. Le chef touareg Moussa est accompagné dans son voyage par le colonel Lapperrine, qui a passé neuf ans dans l'oasis des Hoggars et vient de recevoir la croix de commandeur de la Légion d'honneur, pour les brillants services qu'il a rendus à la France, et par le capitaine Nieger. Le caïd Moussa-Amastane a été l'objet à son arrivée à Marseille, d'une très vive curiosité et c'est avec une amabilité parfaite qu'il a répondu aux salutations qui lui étaient adressées et qu'il a consenti à poser devant l'objectif des photographes. Le chef des Hoggars, qui est un ami sincère de la France, a été fait chevalier de la Légion d'honneur, en 1906, et c'est avec fierté qu'il porte sur sa gandoura multicolore l'insigne de notre ordre national.  C'est pour le récompenser de son attitude loyale vis-à-vis de la France que le gouvernement général de l'Algérie lui a offert le voyage qu'il fait actuellement. M. Jonnart, qui se trouve à Paris, le présentera lui-même au ministre de la Guerre et au Président de la République. Moussa Amastane visitera probablement ensuite plusieurs villes industrielles du Nord et du Centre de la France, car il tient beaucoup à connaître notre pays sous ses divers aspects pour en avoir une impression complète. A son arrivée à Marseille, le chef targui des Hoggars a été salué sur le ponton de la Transatlantique par plusieurs officiers qu'il a connus jadis dans les expéditions de l'Extrême-Sud Algérien. Le caïd Moussa Sag Amastane, qui porte une gandoura bariolée de couleurs éclatantes, un châle noir et un burnous blanc est chaussé des larges sandales des cavaliers sahariens. Lorsqu'il est passé sur la Cannebière, se rendant à la gare avec sa suite et les personnalités qui raccompagnent, le caïd targui a été l'objet d'une vive curiosité. Le Petit Journal – 7 août 1910

Des enfants s'amusent à électrocuter les passants - Des bambins de huit à dix ans, qui jouaient, hier soir, route d'Aubervilliers, à Saint-Denis, devant la maison portant le numéro 28, eurent l'idée de lancer un long fil de métal sur les cables du trolley des tramways Saint-Denis-Aubervilliers. Cela fait, nos trop ingénieux expérimentateurs relièrent l'extrémité libre du fil à une borne fontaine dressée tout près de là. Et ils attendirent le petit effet de leur diabolique invention. Il ne tarda pas à se produire. Des ménagères qui venaient s'approvisionner d'eau furent désagréablement surprises par des commotions inusitées autant qu'inexplicables. Un enfant de douze ans, dont les parents demeurent au numéro 28, Paul Godet, n'étant pas du complot, voulut innocemment décrocher le fil perturbateur. Il lâcha prise aussitôt, ayant reçu dans le bras droit une violente décharge et roula sur le sol en proie à des convulsions et brûlé en diverses parties du corps. Une débitante de vins du voisinage, Mme Edile Delécourt, âgée de quarante ans, s'élança pour porter secours au jeune imprudent. Dans sa précipitation, elle fut frôlée aux épaules par le malencontreux fil. Elle fut relevée avec de sérieuses brûlures ; elle avait, de plus, l'artère radiale légèrement coupée. Toutefois, après avoir reçu des soins, elle a pu être ramenée à son domicile. Il n'en a pas été ainsi du pauvre petit, qui est en traitement à l'hôpital de Saint-Denis, où l'on craint que l'amputation du bras atteint ne puisse être évitée. Le Petit Parisien - 7 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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