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10 août 10

Les actualités du 10 août 1910

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Attentat contre le maire de New-York

WJ Gayor vient d'être touché

New-York, 9 août - Un attentat qui rappelle étrangement, par ses circonstances, celui dont fut victime M. Mac-Kinley, le regretté président des Etats-Unis, vient d'ensanglanter New-York. Le maire de la ville, M. William John Gaynor, a reçu, une balle de revolver dans la nuque au moment où, après avoir traversé le quai de la Hamburg American Line, situé sur l'Hudson, à l'ouest de New-York, il s'embarquait pour l'Europe, à bord du paquebot Kaiser-Wilhelm-der-Grosse.

M. Gaynor était déjà sur le pont du navire, tête nue, gai, souriant, disant adieu à ses amis, lorsqu'un individu se dressa derrière lui et, presque à bout portant, tira trois coups de revolver. Les deux premières balles manquèrent leur but. M. Gaynor allait se retourner, quand une troisième balle, tirée aussi précipitamment que les premières, l'atteignit au-dessous de l'oreille droite et pénétra dans la nuque. Le maire de New-York tomba, mais le sang ne s'écoula qu'en faible partie à l'extérieur ; il s'épancha dans la gorge, provoquant des étouffements et des vomissements.

Le meurtrier; nommé Gallagher, qui a été mis immédiatement en état d'arrestation par les autorites du bord, donne l'impression d'un déséquilibré. Toutefois, en raison de l'émotion causée par cette inexplicable agression, les premiers renseignements manquent un peu de précision. On a cru tout d'abord à un attentat d'ordre politique et la nouvelle s'en est colportée dans New-York comme une traînée de poudre, répandue et enflée par les éditions successives des journaux. On a été jusqu'à dire que M. Gaynor était mort. Il n'en, était rien, fort heureusement, et l'honorable magistrat a pu, malgré son état critique, être débarqué et transporté à l'hôpital Là, la blessure a été jugée grave et il n'a pas été possible de se prononcer immédiatement sur ses conséquences.

La personnalité du meurtrier fait l'objet de toutes les conversations. A Wall Street, on ne s'est pas montré trop ému à la nouvelle de cet attentat qui n'a nullement du reste influencé les cours, puisque la Bourse a clôturé très ferme. Pour comprendre la diversité de ces raisonnements, il est nécessaire de savoir que M. Gaynor, ancien juge, homme de grande valeur intellectuelle et morale, appartient au parti démocrate et qu'il compte de nombreux ennemis dans le parti républicain, qui voit en lui un futur candidat à la présidence. De plus, depuis son succès aux dernières élections fédérales, M. Gaynor, devenu le premier magistrat de New-York, n'a pas hésité à porter le fer rouge dans certaines habitudes politiques new-yorkaises. Il a su réaliser des économies sérieuses tout en faisant de New-York une ville plus propre et mieux administrée. En un mot, il n'a voulu se prêter à aucune combinaison de politiciens et il a malmené impitoyablement tout ce qui répugnait à son honnêteté. Cette attitude si nette lui a valu d'un côté une admiration sans bornes, mais de l'autre une haine farouche.

Faut-il chercher dans tout cela l'explication du drame de cet après-midi ? Peut-être ! Mais peut-être aussi n'est-on en présence que d'un crime de déséquilibré. L'enquête judiciaire seule nous renseignera avec exactitude. Gallagher est un ancien ouvrier du port. Interrogé sur les mobiles de son crime, il a répondu que M. Gaynor lui avait enlevé son pain, ce qui laisse penser, si cette déclaration, est exacte, qu'on se trouve en présence d'une vengeance personnelle. Aux dernières nouvelles, l'état de M. Gaynor ne s'est pas amélioré dans la soirée. La balle n'a pas encore pu être extraite et l'état du blessé est considéré comme très grave.

Le Gaulois – 10 août 1910


EN BREF

Un train heurté par une locomotive en gare de Tarbes – Tarbes – 9 août - Ce main, à cinq heures, un train de Bordeaux entrait en gare de Tarbes, lorsqu'il se trouva en présence d'une locomotive qui venait de conduire le train de Toulouse à Tarbes et qui regagnait son dépôt. Après avoir marqué un arrêt devant l'aiguille, afin de demander la voie, les deux mécaniciens se mirent en marche vers la même aiguille et la locomotive prit en écharpe une voiture de première et une de deuxième classe, ainsi que le fourgon aux bagages qui déraillèrent, entraînant le poteau du disque qui fut arraché ainsi que les marchepieds et les poignées des portières. Les vitres volèrent en éclats, mais ils n'y eut aucun blessé. Le service a été désorganisé, ce qui a jeté le désarroi dans cette gare où le trafic est très chargé, à cause du passage des trains de pèlerins, allant vers Lourdes. Le Petit Journal – 10 août 1910

Tué par la foudre - Saint-Etienne - 9 août - Dans la soirée d'hier, M. Garnier, horticulteur, envoya à Etivallière un ouvrier André Eymère, qui ne rentra pas ; on le rechercha vainement pendant toute la nuit. Ce matin, un jeune homme se promenant sur les bords du Furan découvrit le cadavre du malheureux qui était tombé la face dans le ruisseau. L'infortuné ouvrier, qui s'était abrité sous un ormeau haut de 8 mètres avait été atteint par la foudre au côté droit. La tête et le cuir chevelu étaient complètement brûlés. Sur l'écorce de l'arbre on releva le sillon apparent tracé par le fluide, et au pied un trou profond. Eymère, originaire du Puy, était âgé de 19 ans. Une de ses sœurs habitant Saint-Etienne a été prévenue avec tous les ménagements possibles du triste événement. Le Petit Journal – 10 août 1910

190 tonnes de pétrole en feu - Hier soir, vers huit heures, un bateau chargé de cent quatre-vingt-dix tonnes de pétrole et d'essence, appartenant à la Compagnie Deutsch, qui était amarré dans le canal Saint-Maurice, près de Charenton au lieu dit le Moulin, a pris feu subitement. L'incendie, qui s'était déclaré par suite d'infiltrations dans la cabine du patron marinier, prit de suite de gigantesques proportions et, à minuit, malgré les efforts énergiques des pompiers des communes voisines pour noyer le chargement, la moitié de celui-ci était déja détruit. En combattant les flammes dès le début du sinistre, le second du bord a été grièvement brûlé sur tout le corps ; il a été transporté à l'hôpital de Saint-Maurice. Le Gaulois – 10 août 1910

La nouvelle farce de la tiare - On a fait grand bruit, ces temps derniers, de la découverte, dans un musée de Budapest, d'une plaque en corail d'un grande valeur artistique, que, l'on prétendait avoir été volée dans un musée parisien. L'enquête menée par M. Legrand, sous-chef de la Sûreté a établi que ce bijou prétendu ancien — nouvelle tiare de Saïtaphornès — avait été fabriqué par un artiste parisien d'un talent incontestable dans l'art de l'imitation, et vendu par lui, cent francs, à un antiquaire établi dans tes environs de la Madeleine. Cet antiquaire confia le bijou à l'intermédiaire qui le revendit six cents francs à la personne qui, de bonne foi, en fit don au musée de Budapest. Le Gaulois – 10 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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