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14 août 10

Les actualités du 14 août 1910

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Effondrement de la Tour Lautier à Montauban

Eboulement Tour Lautier

Montauban, 13 août – L'écroulement de la Tour Lautier est considéré ici comme une vraie calamité. Les Montalbanais sont dans la consternation: tout comme les vénitiens, ils ont perdu leur campanile. Il y a déjà deux jours que l'évènement s'est produit, et l'on en parle encore partout, dans les salons, dans les cafés et dans la rue, comme si l'on venait, à l'instant même, d'apprendre la désolante nouvelle. Et c'est à qui racontera la catastrophe, c'est à qui se vantera d'y avoir assisté, ou, tout au moins d'avoir recueilli les impressions d'un témoin oculaire.

Naturellement tous ceux qui se targuent de connaître un peu l'histoire de notre vieille cité ne manquent pas l'occasion de faire, au milieu de cercles attentifs, un petit cours dans lequel ils font admirer leur érudition. Et il y a quelque chose de touchant à voir ces manifestations de patriotisme local, qui montrent à quel point les Montalbanais sont restés attachés aux glorieuses traditions de notre bonne ville.

C'est jeudi soir que la tour de la grande horloge, ou tour de Lautier, s'est écroulée brusquement ; il n'en reste plus qu'un monceau de ruines. Cette grande vieille tour carrée, dominant la cité, était pour elle un témoin du passé, un peu de son histoire. Quand Louis XIII assiégea Montauban, c'est du haut de la tour que le guetteur veillait. Elle n'avait d'autre élégance que sa masse imposante, mais cette masse, la teinte chaude de ses briques patinées par le temps, complétait le décor. La grosse cloche qui la dominait avait dit tour à tour les joies et les tristesses. Chaque soir, la petite ville s'endormait au chant accoutumé de sa grosse voix.

Depuis quelque temps, la tour donnait des inquiétudes. Des fissures se creusaient, s'élargissaient à sa base. Une commission municipale venait de la visiter pour ordonner les mesures à prendre, les ouvriers commençaient les travaux d'urgence, lorsque l'on sentit un fléchissement. La grosse cloche, ébranlée, sonna d'elle-même son dernier glas, puis il n'y eut plus que poussières et décombres. Il est encore fort heureux que ce grave accident, qui désole tous les amoureux du passé, n'ait eu que des conséquences matérielles.

Quelques instants de plus, et l'on avait de nombreuses morts à déplorer. M. Charles Caperan, maire de Montauban, allait s'engager dans la rue contournant la tour lorsqu'une vieille femme le supplia de n'en rien faire. Le maire hésita et cette hésitation le sauva.

Le Petit Journal – 14 août 1910


EN BREF

Un cirque qui s'effondre - Annonay — Hier soir, au cours de la représentation du cirque Rancy, où se pressaient plus de trois mille, personnes, les gradins se sont effondrés, entraînant avec eux les spectateurs. Une vive panique se produisit, suivie de bousculades et de piétinements. Les blessés furent nombreux ; les uns ont été transportés à leur domicile, les autres à l'hôpital. De plus graves malheurs ont pu être évités, grâce au sang-froid de MM. Rancy, du lieutenant de gendarmerie Farges et du commissaire Houpiert. De nombreux vêtements, jaquettes, mouchoirs, chapeaux et autres objets, avaient été pendant la panique abandonnés sur place. Le Gaulois – 14 août 1910

Maison hantée ? - Boulogne-sur-Mer, 13 août. — En entrant salle Godefroy-de-Bouillon, rue Faidherbe, pour diriger une répétition musicale, en compagnie de ses élèves, l'abbé Cousin fut surpris de trouver deux becs de gaz allumés. On fit des recherches dans la maison, sans découvrir personne. Soudain on entendit des pas précipités. Un des jeunes gens tira un coup de revolver, et comme le bruit des pas avait cessé, on se mit à faire la répétition. Une heure plus tard, un coup de feu retentit et une balle vint tomber sur la scène, heureusement sans blesser personne. Les agents, aussitôt appelés, fouillèrent inutilement toute la maison, et l'on fut d'autant plus stupéfait de ne trouver personne que l'établissement n'a qu'une seule porte, et qu'elle était étroitement surveillée. Le Matin – 14 août 1910

Tokio sous les eaux - Tokio, 13 août — L'eau monte de plus en plus dans le quartier Foukagawa, à Tokio. Les services du gaz et de l'électricité cessent de fonctionner par suite des inondations. Des dizaines de milliers de personnes, chassées de leurs foyers par les inondations, sont abritées dans des temples et des maisons d'école. Tous ces malheureux, qui dépendent pour vivre de la charité publique, présentent un aspect pitoyable. Des milliers d'autres sont sans abri et exposés à la pluie et aux affres de la faim, les bateaux manquant pour les transporter en dehors de la région dévastée. Les légumes et le poisson commencent à manquer. La rivière Sumida est en crue et ses eaux atteignent presque le sommet des arches des ponts. On s'attend a ce que la crue atteigne ce soir son maximum. Une des trois digues protégeant la ville de Tokio s'est effondrée. Si les deux autres cessaient de résister à la pression des eaux, la moitié de la ville serait submergée. Des troupes sont postées sur tous les points menacés. A Karonigawa, un torrent descendant des montagnes a détruit l'hôtel Mikas. Le Matin – 14 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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