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16 août 10

Les actualités du 16 août 1910

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Le feu à l'exposition de Bruxelles

Exposition 1910 Bruxelles Panorama de l'incendie

C'est vers neuf heures, hier soir, que les cris terrifiants ''Au feu! Au feu!'' se firent entendre. De la façade principale de l'Exposition, au-dessus des jardins, dans l'aile droite, des flammes s'élevaient, jetant dans le ciel des lueurs sinistres. C'était le bureau des postes, télégraphes et téléphones et le bureau du Comité exécutif qui brûlaient. Ce fut, dans la foule énorme qui se trouvait à l'Exposition, une panique folle; des femmes et des enfants furent piétines ; partout on fuyait en courant. Aussitôt, les secours furent organisés. Toutes les troupes disponibles furent requises d'urgence et arrivèrent sur les lieux du sinistre où se trouvaient déjà les pompiers de Bruxelles et des faubourgs.

A neuf heures trente, toute la section belge de l'électricité était déjà détruite. Peu après, l'incendie attaquait la section anglaise et n'en faisait qu'une flambée. On évacua Bruxelles-Kermesse menacé. Le vent chassait vers le bois de la Cambre une pluie immense de flammèches qui allaient tomber jusque que dans l'avenue Louise. A dix heures trente la façade monumentale de l'Exposition; qui constituait la partie principale de la section belge, s'effondrait complètement ce n'était bientôt plus qu'un amoncellement de ferrailles tordues.

L'incendie se propagea avec une effrayante rapidité du côté de l'avenue des Nations où se trouvaient les pavillons des sections étrangères. Les soldats du génie, venus d'Anvers, firent sauter le pont reliant les deux parties de la section française, au-dessus de l'avenue du Solbosch, mais, malgré cela, le feu se communiqua rapidement à la section francaise. Le feu gagna ensuite les sections de l'Italie, du Danemark, de la Russie, de la Norvège, de l'Autriche, du Japon, de la Chine.

Pendant que les sections étrangères étaient ainsi la proie des flammes, à onze heures et demie, le vent changeant de direction, Bruxelles-Kermesse, dont les charmantes et si pittoresques constructions étaient une des parures de l'Exposition, prenait feu entièrement. Le panique dégénéra en batailles furieuses; des gens, comme pris de folie, se ruèrent dans la foule, se frayant un passage à coups de poing, cherchant les issues. A minuit vingt, tout ce qui était de Bruxelles-Kermesse était anéanti, seul, le portique principal du quartier est intact.

L'aspect que présentait l'Exposition hier à minuit était sinistre; l'affolement général, le rougeoiement intense du ciel, la pluie ininterrompue de flammèches, les détonations des compteurs qui sautaient, les craquements des murs qui s'écroulaient, les coups de hache répétés à l'aide desquels on essayait d'isoler les parties encore intactes, les commandements des officiers de troupe, de gendarmes et de pompiers qui s'entrecroisaient donnaient à la scène un caractère fantastique.

Ce matin au lever du jour, on a pu constater que les sections de la galerie internationale, Italie, Autriche, Russie, Danemark, Norvège, Japon, Amérique, Turquie, Suisse, n'ont que peu ou pas souffert. Le feu a détruit complètement le palais principal de la section belge, la section anglaise, le pavillon de la Ville de Paris, le palais français de l'alimentation, une partie de la section française et Bruxelles-Kermesse. Les sections belges de l'alimentation, des tabacs, des cuirs et peaux, de la

décoration et du mobilier, des industries diverses, de l'orfèvrerie et de la bijouterie, de la monnaie, des vêtements et le salon d'honneur ne sont plus qu'un amas de décombres. Le Comité exécutif a décidé que l'Exposition resterait ouverte et que le public serait admis dans la partie non sinistrée.

A trois heures, le feu n'était pas maîtrisé encore, mais il ne pouvait plus s'étendre, faute d'aliment. Plus de quarante maisons de l'avenue du Solbosch, continue à l'Exposition, seraient devenues la proie des flammes. Il n'en resterait plus que des cendres. On a eu des craintes pour le pavillon de la fabrique nationale de Herstal et pour la galerie des Machines. Du côté gauche de l'avenue des Nations, tout est détruit. On a du évacuer les malades qui se trouvaient à l'hôpital Saint-Antoine, avenue du Solbosch, cet établissement se trouvant à proximité du lieu de l'incendie.

Malgré, les bruits, qui ont d'abord couru, on n'a heureusement pas de morts à déplorer jusqu'à présent. Une trentaine de personnes ont été blessées par des éclats de vitres ; elles ont reçu des soins au poste de la Croix-Rouge. Dans la section française un homme est tombé d'une hauteur de dix mètres. Il se plaint de violentes douleurs dans les reins. Un soldat, coopérant à l'extinction de l'incendie, s'est blessé grièvement aux pieds.

Journal des débats politiques et littéraires – 16 août 1910


EN BREF

Les Fêtes de Cambrai - Cambrai, le 14 août - Hier ont commencé à Cambrai les fêtes de la Fédération des musiques du Nord et du Pas-de-Calais. Les ministres de la guerre et de l'instruction publique étaient représentés par MM. le général Bizard et Dessaint, inspecteur primaire. Une foule énorme est accourue de tous les points de la région. On compte dans la ville 187 Sociétés représentant un effectif de 9,627 musiciens. Les réceptions succèdent aux réceptions, et toutes sont très cordiales. Le matin s'est ouvert le Congrès de la Fédération des musiques du Nord et du Pas-de-Calais, sous la présidence de M. Richart, président de cette Fédération. L'œuvre du soldat musicien français, qui a pour but de verser 5 fr. par mois aux musiciens fédérés pendant la durée de leur service militaire, a été constituée. A l'issue du Congrès, il a été procédé à la distribution des récompenses aux vieux musiciens du Nord et du Pas-de-Calais. Journal des débats politiques et littéraires – 16 août 1910

Artiste attaquée. — Mlle Florine Loulette, dite Sandra Romanov, appartenant à la troupe du théâtre shakespearien, qui passait hier soir, rue Lamarck, a été attaquée par trois jeunes gens de dix-huit ans, Georges Breton, Gaston Jacob, demeurant ensemble, 5, impasse d'Oran, et Henri Martial, maçon, domicilié 5, impasse Langlois. Des agents cyclistes surgirent à temps pour délivrer de ses agresseurs la jeune femme. Les trois bandits, arrêtés, ont été conduits au commissariat du quartier Clignancourt. Ils ont déclaré qu'ils avaient résolu de voler n'importe quel passant pour payer leur hôtel. Journal des débats politiques et littéraires – 16 août 1910

Concours de gymnastique et de tir - Belfort, 15 août - Aujourd'hui s'est terminé, après trois jours de fêtes, le grand concours international de gymnastique et de tir organisé par la ville de Belfort, sous la présidence de M. René Renoult, sous-secrétaire d'Etat au ministère des finances. Soixante-treize Sociétés de gymnastique de France, d'Alsace-Lorraine et de Suisse avaient pris part à cette manifestation sportive qui a été très réussie ! Les édifices publics et les maisons particulières étaient superbement pavoisés et plusieurs arcs de triomphe s'élevaient dans différents quartiers de la ville et des faubourgs. L'arrivée des Sociétés de gymnastique était saluée par d'enthousiastes acclamations, notamment celles venant des provinces annexées. M. René Renault, arrivé ce matin par le train de dix heures, a été reçu à la gare par le préfet, le conseil municipal et de nombreux fonctionnaires Les troupes de la garnison étaient échelonnées sur le passage du sous-secrétaire d'Etat, de la gare à la Préfecture, où eut lieu immédiatement la réception officielle des autorités civiles et militaires, suivie du vin d'honneur offert dans les salons de l'Hôtel de Ville par la municipalité. La Presse – 16 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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