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18 août 10

Les actualités du 18 août 1910

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Leblanc remporte le circuit de l'Est

Leblanc à son arrivée à Issy Les Moulineaux

C'est donc aujourd'hui que prend fin cette fantastique épreuve. Les concurrents officiels du Circuit de l'Est étaient aujourd'hui augmentés des officiers aviateurs Camermann, Letheux, Aquaviva et Rémy. Bielovucci s'est également joint aux autres aviateurs civils.

Dès 2 heures, ce matin, une foule immense entoure le champ de manœuvres d'Issy-les-Moulineaux. La grille de la porte de Sèvres est fermée. Les agents et les troupiers, en tenue de campagne, bivouaquent le long du talus des fortifications. Des dragons, des cuirassiers stationnent un peu plus loin. Et c'est ainsi à toutes les issues. en somme, un formidable service d'ordre, placé comme le jour du départ, sous la direction de M. Laurent. Cette précaution n'est point superflue. car de minute en minute, le public s'amasse près des portes poux entrer dès l'ouverture.

Une quantité d'autres personnes se sont installées sur le talus des fortifications. Les marchands de vins des environs sont restés ouverts et font de fortes recettes. Des commerçants ingénieux, ont installé des buvettes de fortune tout le long des fortifications. Sur les tables, sont des piles de pains, des rangées de saucissons et des rafraîchissements les plus variés.

Toutes. les voies de Paris aboutissant à Issy-les-Moulineaux sont remplies de monde se dirigeant vers le champ d'aviation. A Paris même, place de l'Opéra, place de la Bourse, au Louvre, la foule est énorme, la Compagnie des omnibus ayant organisé des services spéciaux d'autobus à partir de 4 heures pour Issy.

A 6 h. 15, on signale dans le lointain un biplan, qui évolue au-dessus des coteaux de Saint-Cloud. Le canon de la tour Eiffel tonne, annonçant une arrivée. Il en sera ainsi pour les suivants. Après avoir fait un tour par le Point-du-Jour, le biplan vient atterrir sur la ligne d'arrivée; c'est un appareil américain, monté par le lieutenant Lucca, du 3e génie, parti ce matin du camp de Satory. Malgré les troupes, on se précipite autour de l'officier, qu'on acclame aux cris de Vive la France ! Vive l'armée ! A sa descente, le lieutenant Lucca a été conduit auprès du ministre de la Guerre et du général Dalstein, qui l'ont félicité. L'aviateur a mis douze minutes pour effectuer le voyage de Villacoublay à Issy.

A 6 h. 45, au moment où arrive la mission touareg, on signale l'arrivée du premier concurrent du Circuit de l'Est. A une allure folle, il approche rapidement, passe à droite et un peu au-dessus de la tour Eiffel comme une flèche, il arrive sur le terrain d'aviation; bientôt, on distingue son numéro, le 22 c'est Leblanc qui atterrit à 6 h. 50 m. 2 s., au milieu des acclamations.

On signale dans le lointain, très loin, le second du Circuit. C'est un petit point noir, très haut dans les airs; il grandit moins rapidement que Leblanc, son altitude est plus grande. Arrivé au-dessus du terrain, à 400 mètres, il coupe l'allumage, fait une descente en vol plané et arrache des cris d'admiration aux spectateurs. Leblanc, qui a garé son monoplan, revient en automobile vers le public. A son arivée, il est applaudi et porté en triomphe. Aubrun a atterri à 7 h. 3 m. 55 s.

A 9 heures, nous étions sans nouvelles du lieutenant Camermann, quand arrive cette dépêche: Clermont-de-l'Oise, 17 août, 8 h. 45. Le lieutenant Camermann a atterri volontairement, par manque d'essence, à Auvilliers, à 3 kilomètres de Clermont-de-l'Oise, II est reparti une demi-heure après. A 9 h. 25, on aperçoit dans le lointain un biplan. La foule immense pousse des acclamations. Le nom de Camermann court dans le public. Majestueux, le biplan avance, les clameurs grandissent, et c'est un formidable tonnerre d'acclamations qui salue l'arrivée des vaillants aviateurs. A 9 h. 34, l'appareil atterrit dans des conditions superbes. La musique du 28e de ligne joue la Marseillaise, tandis que les lieutenants Camermann et Vullierme sont l'objet, de la part du public, d'une ovation indescriptible.

Enfln, à 10 h. ¼ Legagneux est signalé, mais il va d'abord se promener au-dessus de Bagatelle et ce n'est qu'à 10 h. 58, qu'il s'avance vers Issy-les-Moulineaux. A 11 heures, Legagneux arrive, fait deux tours de piste en saluant la foule, qui l'acclame. Il paraît radieux. En atterrissant un peu brusquement, Legagneux brise l'aile gauche de son appareil. Après la chute de Legagneux, le public s'est précipité sur le biplan, emportant, qui un morceau de bois, qui un morceau de toile. On a dû mettre quelques gendarmes autour de l'appareil pour le protéger. Aussitôt après l'arrivée de Legagneux, le service d'ordre a été levé. Les troupes se sont retirées. Il ne reste plus sur le terrain d'aviation que quelques gendarmes et quelques gardiens de ta paix.

Il est difficile d'interviewer les triomphateurs du Circuit de l'Est et de connaître leurs impressions, tant ils sont entourés d'amis. Leblanc déclare qu'il a fait un bon voyage; il a été un peu gêné par la brune du matin et par le remous. Quant à Aubrun. il est porté en triomphe pendant que la musique joue la Marseillaise. Il déclare qu'il se sent moins en sécurité sur les épaules robustes de ses trop nombreux admirateurs que sur son siège de pilote, à 400 mètres de hauteur. On est surtout moins ballotté, dit-il.

Aubrun parvient à se dégager des étreintes de ceux qui le portaient et à prendre contact avec la terre ferme. Il monte rapidement en automobile, où se trouvent son père et sa sœur mais son supplice n'est pas terminé sa voiture ne peut avancer dans la cohue, les photographes montent sur le siège et prennent de nombreuses photographies, des collectionneurs accrochés derrière l'auto qui font signer des cartes postales. Enfin, il parvient à dégager l'auto, qui file vers le hangar. Il parait très fatigué.

Le classement de la dernière étape: Leblan a franchi les 120 kilomètres qui séparent Amiens d'Issy-les-Moulineaux en 1 h. 47, ce qui donne une vitesse de 70 kilomètres à l'heure. Le temps d'Aubrun est de 1 h. 54. Le classement général du Circuit de l'Est s'établit ainsi

  1. A. Leblanc (monoplan) qui a ettectué les 805 kilomètres du parcours en 12 h. 8 m. 22 s.(vitesse moyenne approximative 66 kilomètres à l'heure).

  2. E. Aubrun, en 13 h. 28 m. 11 s.

La Croix – 18 août 1910


EN BREF

Un aéroplane tombé a Versailles - Hier matin, à six heures et demie, un aéroplane est tombé sur la place d'Armes, à Versailles. Le pilote, M. Garros, au service de M. Santos-Dumont, a été très légèrement contusionné. Son appareil a été complètement détruit. L'aéroplane sortait de son hangar à Saint-Cyr-l'Ecole, lorsque le moteur a eu des pannes, avenue de Paris. Le pilote voulut descendre à vol plané, mais l'appareil heurta un, fil télégraphique et culbuta de douze mètres de hauteur. Le Petit journal – 18 août 1910

Cathédrale en feu - Narbonne, 17 Août - Un violent incendie a éclaté ce soir, à neuf heures, dans la cathédrale de Saint-Just, derrière le maître-autel, œuvre d'art du XVIe siècle, où sont les tombeaux des archevêques de Narbonne. Le feu a consumé les orgues d'accompagnement, a détérioré les colonnes de marbre. Les flammes ont atteint les combles de la voûte de la nef, à une hauteur de 40 mètres. Elles ont fondu les plombs des vitreaux, œuvres d'art des XIVe et XVe siècles. Elles ont aussi attaqué le grand orgue dont les tuyaux ont fondu. Les pompiers et les troupes de la garnison ont attaqué l'incendie qui a été difficilement circonscrit. Le devant du maître-autel a pu être préservé. Les dégâts sont importants. On ignore les causes du sinistre. Le Petit journal – 18 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Permalien [#]