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20 août 10

Les actualités du 20 août 1910

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Allemands et français commémorent le 40e anniversaire de la bataille de Saint-Privat

Saint Privat 18 août 1870Les cérémonies commémoratives du 40e anniversaire des batailles qui se livrèrent autour de Metz ont pris fin, mercredi vers cinq heures, près du monument des Saxons, sur le champ de bataille de Saint-Privat. La participation des vétérans et des curieux allemands a de nouveau été considérable. La journée avait commencé par des stations au hall commémoratif de Gravelotte, puis sur les hauteurs dominant le ravin de Geniveaux, près du monolithe marquant la place où se tenait Guillaume Ier lorsqu'il reçut la nouvelle de la victoire des troupes allemandes, le soir du 18 août 1870.

De même que toutes les journées précédentes, toutes les cérémonies ont été présidées par le maréchal von Haeseler, à cheval, suivi de nombreux officiers. Sur les différents points du champ de bataille le maréchal a donné lui-même des explications sur les principales phases des opérations de la journée.

Près du monument de la garde, à Saint-Privat, un aumônier militaire a adressé aux vétérans une allocution patriotique sur l'enseignement qui se dégage des sacrifices faits par la garde prussienne. Puis le comte von Hieseler a salué de nouveau les vétérans au nom de l'empereur. Un groupe de jeunes filles et un autre de jeunes écoliers de Saint-Privat ont déclamé des poésies allemandes. La foule s'est rendue dans un champ voisin, où un capitaine d'état-major du 16e corps a retracé le rôle de la garde dans l'attaque contre Sainte-Marie-aux-Chênes et Saint-Privat et a rappelé les pertes énormes subies.

La dernière partie de la cérémonie a eu lieu auprès du monument des Saxons, au nord de Saint-Privat, où le lieutenant-colonel du 12e saxons d'artillerie à pied a fait une conférence sur le concours du 12e corps allemand. De même que le capitaine d'état-major, il a rendu justice a la bravoure héroïque du corps de Canrobert, qui ne dut battre en retraite que faute de munitions. Il a signalé aussi le désarroi incroyable qui régnait le soir de la bataille de Saint-Privat, où l'on ignorait au premier moment si les troupes allemandes étaient réellement victorieuses. Auprès du monument du régiment de la garde de l'empereur Alexandre, le maréchal von Haeseler avait même reconnu que les troupes allemandes étaient complètement épuisées le soir du 18 août et s'attendaient avec anxiété à une attaque nocturne.

En terminant, le lieutenant-colonel saxon a fait ressortir que la coopération des Saxons avait mis un nouveau lien autour de l'unité allemande. Le maréchal von Haeseler a résumé les impressions de ces journées commémoratives qui ont fortifié les sentiments de dévouement et de fidélité envers l'empereur et l'empire, et a poussé un triple hourrah a l'adresse de l'empereur et des princes confédérés. La foule a chanté avec accompagnement de la musique militaire le Heil dir im Siegeskranz, puis Deutschtand, Deutschland über alles.

Ainsi se sont terminées les journées commémoratives, qui ont été clôturées le soir par une grande retraite militaire a Metz en l'honneur des vétérans. Ajoutons que, de son côté, le Souvenir français a fait célébrer mercredi, à Saint-Privat-la-Montagne, un service en mémoire des soldats français tombés à la bataille de Saint-Privat. Le catafalque était recouvert des couleurs françaises et orné de trophées et d'emblèmes français.

Une allocution sur la mission pacifique des Français a été prononcée par l'abbé Keller, curé de Vionville, à l'issue de la cérémonie. On remarquait la présence de plusieurs vétérans allemands. L'assistance s'est rendue au cimetière de Saint-Privat, où des couronnes ont été déposées sur les tombes de plusieurs officiers français par les soins de M. Guillot, secrétaire du Souvenir français. Une autre couronne était réservée aux soldats allemands.

Le Temps – 20 août 1910


EN BREF

Grave incendie a Marseille - Marseille — Un immense incendie a détruit, cette nuit, les usines d'une huilerie située boulevard de Plombières. Trois corps de bâtiments ont été la proie des flammes et les dégâts s'élèvent à deux millions de francs. Un sapeur-pompier, tombé du haut d'un mur dans le feu, à été grièvement brûlé et un voisin renversé par la violence du jet d'une lance s'est brisé les reins en tombant. Le Figaro – 20 août 1910

Explosion rue Saint-Maur - Une formidable, détonation ayant retenti, il y eut, hier matin, une grande foule devant l'usine Peter et Kohler, 188, rue Saint-Maur. Une explosion venait de s'y produire. Des morceaux de fonte de sept kilos avaient été projetés à une distance de 150 mètres. La devanture d'un boucher fut en partie défoncée, et les vitres d'un débit de vins furent brisées. Mais il n'y eut aucun accident de personne: On croit que l'explosion a été produite par un moteur à gaz. Le Figaro – 20 août 1910

SigurdA l'Opéra : Reprise de Sigurd - Sigurd a fait hier sa réapparition sur la scène de l'Académie nationale de musique. Depuis près de deux ans le beau drame lyrique de Reyer avait été tenu à l'écart. Aussi le public de l'Opéra a-t-il pris grand plaisir à revoir une œuvre à laquelle les années écoulées n'ont presque rien enlevé de sa force et de sa puissance expressive. Il se peut que la forme générale de Sigurd ne soit plus celle qui, aujourd'hui, nous agrée davantage ; il est certain que quelques pages datent sensiblement, que d'autres trahissent quelques inégalités d'écriture et de style que les délicats pardonnent difficilement. Mais l'évidente sincérité de cette musique, la noble tenue de l'ensemble et la hauteur à laquelle l'auteur sait atteindre par endroits légitiment assez le durable succès d'une œuvre que l'Opéra a sagement fait de remettre à son répertoire ordinaire. L'intérêt de cette reprise s'augmentait encore de ce qu'elle devait servir aux débuts d'un nouveau venu, M. Granal, dans le rôle de Sigurd. C'est toujours une épreuve périlleuse que d'aborder pour la première fois la scène de l'Opéra. M. Granal en est sorti pleinement victorieux. La voix de ce ténor est d'une exquise qualité qui n'exclut pas la puissance. L'émission en est franche et pure : elle paraît d'un métal solide. Quand ce débutant, à qui on ne saurait reprocher qu'un peu d'inexpérience, aura acquis l'assurance que donne seule une longue habitude de la scène, il deviendra aisément un chanteur de premier ordre. M. Granal est, pour l'Opéra, une acquisition précieuse. Mlle J. Bourdon, dont le rare mérite s'affirme tous les jours, fut une Brunehilde pathétique et touchante. M. Gresse et M. Dangès complétaient une interprétation excellente. Et M. Paul Vidal dirigea, avec sa maîtrise coutumière, cette représentation qui fait honneur à notre première scène lyrique. Le Figaro – 20 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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