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22 août 10

Les actualités du 22 août 1910

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La suppression du sac dans l'armée

Zouave en faction

Enfin c'est fait. Le sac de nos fantassins, adopté au cours de la conquête algérienne, est supprimé depuis quelques jours. Cette réforme si importante, si ardemment réclamée depuis de nombreuses, années, s'est accomplie en silence. On n'a pas réuni les commissions et les comités si nombreux du ministère de la guerre pour discuter; les bureaux si rebelles à toute innovation ont été laissés de côté fort heureusement, car, avec eux, nous en aurions eu encore pour dix ans. Il a suffi qu'un général, honoré de la confiance du ministre de la guerre, se mît au travail pour qu'une solution rapide intervint.

Le sac actuel de nos troupiers, à cadre rigide, reluisant aux jours de revue, mais meurtrissant le dos pendant les longues marches, comprimant les épaules par des courroies serrées à l'extrême, gênant la respiration, a donc vécu. Il est remplacé par une sorte de petit bagage en toile, couleur cachou, imperméable, porté très bas sur le dos, au creux des reins et maintenu par deux courroies en cuir souple de couleur fauve prenant appui sur lés épaules, à la manière des touristes. On n'a fait en quelque sorte que copier, en l'adaptant aux besoins du soldat moderne, la forme du sac que les volontaires de l'an II et les grognards de l'Empire promenèrent à travers l'Europe.

L'auteur de cette réforme, d'accord avec le ministre de la guerre, ne s'est pas contenté de supprimer le sac, mais il a allégé considérablement le fantassin français appelé à combattre sur les continents européens, en se basant sur les deux considérations suivantes : 1 - Ne faire porter à l'homme, pendant les marches loin de l'ennemi, que le strict nécessaire en effets de rechange, vivres et munitions; 2 - Mettre tout ce qui n'est pas absolument indispensable à tous les moments de la vie du soldat sur des voitures qui suivent les troupes dans tous leurs mouvements.

On sait qu'à la mobilisation, chacune de nos compagnies est dotée d'une voiture à bagages, d'une voiture-cuisine et d'une voiture à munitions. Le nouveau sac chargé ne pèse que 3 Kil. 950; il contient le linge de rechange, les vivres de réserve et une marmite en aluminium de trois litres, remplaçant l'ancienne gamelle individuelle que tout le monde connaît. Sa forme et ses dimensions se prêtent à toutes les modifications du chargement, et tandis que le sac actuel à cadre rigide a toujours le même volume, quel que soit son contenu, et est toujours aussi gênant, le nouveau sac, en raison de la souplesse de son enveloppe, prend la forme et les dimensions de son contenu.

L'expérience de la guerre russo-japonaise ayant montré la nécessité de doter chaque homme d'un outil, ce dernier, qui en principe est porté au ceinturon pendant le combat, peut aussi pour les marches être arrimé sur la face extérieure du nouveau sac, sans rompre l'équilibre du chargement. Le nouveau sac coûte 8 fr. 20, tandis que l'ancien coûtait 14 fr. 05, d'où une sérieuse économie. Il n'est pas décoratif, il faut l'avouer, mais il est solide et pratique. C'est le triomphe du bon sens sur la vieille routine. Nous l'avons vu, essayé. Avec cet équipement, le fantassin français dont la respiration sera désormais libre, pourra courir, sauter, bondir, tirer facilement à genou et surtout couché, ce qui lui était à peu près impossible avec l'ancien sac. Et pourtant le tir couché sera très fréquemment employé dans les luttes prochaines. Le troupier français y perdra peut-être en rectitude et en correction aux jours de revue dans les alignements de parade, mais il y gagnera en mobilité, ce qui est infiniment préférable.

On va maintenant se mettre à l'œuvre pour confectionner au plus vite ce nouvel, équipement, qui comporte aussi la transformation de notre ceinturon et de notre porte-épée en cuir fauve. Des ordres sont donnés pour utiliser les anciens sacs, dont les approvisionnements sont, comme on le sait, considérables; on en fera des sacs mous en les débarrassant de leur cadre en bois et des courroies inutiles. La ruche travailleuse du ministère de la guerre qu'est la direction d'infanterie aura à cœur de mener jusqu'au bout cette réforme, dont elle est l'unique auteur.

Voilà ce qu'on appelle "faire une bonne besogne". L'armée entière, depuis le général jusqu'au simple soldat, approuvera sans réserve cette mesure. Elle nous fait oublier d'autres réformes et innovations plus tapageuses, telles que les coopératives, rideaux blancs des caporaux, chaussettes, tableaux d'honneur des soldats, chansons de route, etc., dont l'application, ne cause que des mécomptes à notre armée.

Le Temps – 22 août 1910


EN BREF

Explosion chez un artificier - Rome, 21 Août - Vers, quatre heures de l'après-midi, une effroyable détonation s'étant fait entendre dans la commune de Teora, les habitants; craignant une catastrophe sismique, sortirent précipitamment de leurs maisons. Bientôt ils aperçurent des colonnes de fumée qui sortaient de la maison de M. Emile Bosco, fabricant de pièces d'artifice. Une odeur de poudre et de soufre suffoquait ceux qui essayaient de s'approcher de l'immeuble à moitié démoli.Des carabiniers et des gardes de la ville réussirent néanmoins à pénétrer dans le dépôt. Ils en retirèrent les cadavres à moitié calcinés de Mme Bosco et de son fils, ainsi que trois ouvriers atteints mortellement. Le Petit Journal – 22 août 1910

Accident à la course automobile du Mont-Ventoux - Bédoin, 21 Août. Le neuvième meeting du Mont-Ventoux bénéficie d'un temps splendide. Une trentaine de voitures ou motocyclettes attendent le signal du départ pour escalader la rampe rapide qui court sur les flancs du Mont Géant de la Provence. La foule se trouve massée entre Villarge et pour éviter tout accident la circulation est interdite aux voitures et aux piétons. Ceux-ci se sont rendus au tournant de Saint-Estève pour assister au premier virage dangereux. Le premier départ est donné à neuf heures. C'est une voiture conduite par Gasté. D'autres suivent à cinq minutes de distance. Peu après, on apprend que Gasté, précisément le premier concurrent parti, a été victime d'un accident. Au tournant du hameau de Sainte-Colombe, sa voiture fit panache et le chauffeur reçut de nombreuses contusions, notamment au bras. Tous les. autres concurrents sont arrivés sans accident au sommet du Ventoux. Le Petit Journal – 22 août 1910

Boxeur meurtrier - Bayonne, 21 Août - Hier soir, avait lieu salle Feria, des combats de boxe anglaise. Pendant l'entr'acte, un acrobate Chaussatte, dit Stendert, âgé de 26 ans, originaire de Bordeaux, eut une discussion avec un spectateur d'une élégance douteuse, connu probablement de Chaussatte. Ce dernier invita son adversaire à sortir, disant avoir dans sa poche quelque chose à lui montrer. A peine sortis, Chaussatte tira successivement quatre coups de revolver sur son adversaire. Celui-ci dut être touché à la main, car les spectateurs le virent enveloppant sa. main d'un mouchoir. Mais une balle atteignit M. Gratteau, négociant en vins, à Bayonne, qui passait là, au même moment. M. Gratteau eut le mollet traversé et une hémorragie abondante se déclara. On le transporta à son domicile. La foule voulut faire un mauvais parti à l'acrobate qui fut protégé par la police. Son adversaire disparut ne tenant pas assurément à se faire connaître. Le Petit Journal – 22 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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