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23 août 10

Les actualités du 23 août 1910

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L'église de Mehun sur Yevre détruite par un incendie

Mehun sur Yevre Eglise frappée par la foudre

Bourges, 22 août - Après plusieurs journées très chaudes, un violent orage a éclaté, hier soir, sur la région, notamment sur la vile de Méhun-sur-Yèvre. Dans cette commune, vers huit heures et demie, soudain un éclair terrible déchirait la nue, suivi d'un fracas épouvantable. La foudre venait de frapper le clocher de l'église. Un violent incendie ne tarda pas à éclater dans la charpente et la toiture, très anciennes.

Progressivement activées par le vent qui soufflait en tempête, malgré une pluie torrentielle, les flammes gagnèrent de proche en proche et bientôt tout le clocher était en feu, semblable dans la nuit à une immense torche. Les flammes tourbillonnaient à une grande hauteur, des gerbes d'étincelles couraient sur toutes, les constructions environnantes jusqu'à une grande distance, faisant craindre de nouveaux sinistres. Plusieurs maisons voisines de l'église, et notamment le presbytère étaient fort menacées.

A la première alarme, une foule énorme s'empressa d'accourir en vue d'organiser les secours. La compagnie des pompiers rassemblée en hâte arriva avec son matériel. La rivière l'Yèvre passe tout près de l'église. L'eau ne manquait donc pas, mais les pompes, étaient impuissantes à lancer l'eau à la hauteur des cloches, très élevées. Les braves pompiers, après avoir courageusement tenté l'escalade de la toiture et des combles pour lutter contre le fléau, durent se contenter de concourir au sauvetage du mobilier avec l'aide du clergé. On put sauver les vases et les ornements du culte, une partie du mobilier et un harmonium. Mais un autre harmonium fut brûlé ainsi que de nombreux tableaux dont quelques-uns, anciens, étaient d'une grande valeur.

Tandis qu'on procédait au sauvetage, les flammes gagnaient la toiture de la grande nef, malgré les efforts des pompiers qui durent reculer devant la fumée et la chaleur dégagées par le foyer de l'incendie. Dans cette tentative de sauvetage, un pompier fut même blessé. Bientôt toute l'église en feu ressembla à un immense brasier. Le spectacle était d'une grandeur impressionnante. Soudain le clocher s'effondra avec un fracas effroyable, entraînant les cloches qui retentirent lugubrement. Dans quel état les retrouvera-t-on ? Fondues probablement.

Pour se faire une idée de la violence de l'incendie et de la rapidité avec laquelle il se propageait, il faut dire que la voûte était construite en bois, en forme de carène, ce qui fournit au feu un facile aliment. La voûte flamba, chassant de l'intérieur de l'église les dévoués sauveteurs et ne tarda pas à s'effondrer sur ce qui restait du mobilier. Malgré tous les secours on ne fut maître du feu que ce matin à quatre heures. Les bas-côtés et les chapelles latérales seuls subsistent.

L'église de Méhun-sur-Yèvre était classée comme monument historique. Le clocher était remarquable et sa façade était des plus curieuses. L'abside datait du XIIe siècle et le reste du XIIIe siècle. Certes; les amateurs de vieux monuments auront encore bien des richesses à admirer dans cette curieuse cité de Méhun qu'habita le roi Charles VII, le roi fameux roi de Bourges et où Jeanne d'Arc séjourna.

Le Petit Journal – 23 août 1910


EN BREF

Etrange accident de tramway – Lille, 22 août - Un accident de tramways qui pouvait avoir des conséquences déplorables s'est produit la nuit dernière, vers minuit, à l'angle de la rue Léon-Gambetta et Solférino, deux véhicules qui allaient à une assez vive allure sont entrés en collision. Ils étaient tous deux bondés de voyageurs. Le choc fut si brutal que les deux voitures sautèrent hors des rails et, virevoltant complètement, prirent chacun la place que l'autre occupait. Les voyageurs furent violemment projetés les uns contre les autres, les vitres volèrent en éclats, et tandis que les plus valides des voyageurs prenaient la fuite sans se retourner, les autres allèrent se faire soigner dans une pharmacie voisine. Cinq d'entre eux ont été plus gravement atteints. Ils se nomment : Léon Tranchon, : soldat au 43e d'infanterie; Jules Lecaze, âgé de 26 ans, demeurant rue d'Esquermes; Théophile Dubois, 24 ans, rue Davy ; Louis Caron, 30 ans, 108, boulevard Montebello; l'agent de la sûreté Sapin, qui se plaint de douleurs internes. Les accidents de tramways se produisent dans notre ville avec une fréquence inquiétante. Le Petit Journal – 23 août 1910

La révolution au Nicaragua - La Nouvelle-Orléans, 22 août — On annonce, de Managua que M. José Estrada a lancé une proclamation transférant le gouvernement aux insurgés. Les désordres de Managua seraient très graves. De nombreux habitants partent, les résidents américains sont inquiets. Les révolutionnaires seraient à douze milles de la capitale. Le département d'Etat a été avisé de Managua que l'armée du président Madriz est démoralisée. Madriz et ses adhérents se préparent à fuir. La foule parcourt les rues en criant : "A mort les Yankees !" Les légations et les consulats sont gardés. On annonce de Bluefields que les révolutionnaires ont pris Granada samedi. Madriz a évacué le camp de Bluefields, que le général Estrada a occupé immédiatement. La Presse – 23 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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