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27 août 10

Les actualités du 27 août 1910

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Les manœuvres navales à Cherbourg

Escadre en rade de Cherbourg

Marine-militaireCherbourg, 26 Août - Le branle-bas de combat de la nuit dernière, favorisé par un temps splendide, a été particulièrement intéressant. Voici le thème de la manœuvre : Vers neuf heures, le vice-amiral Bellue, commandant en chef, était avisé que les croiseurs ennemis cherchaient à repérer l'arsenal. L'ordre fut donné aussitôt aux postes photo-électriques de démasquer les assaillants au moyen de projecteur. Pendant que quelques coups de canon étaient tirés par le fort central, la digue leur indiquait qu'ils étaient découverts. Les contre-torpilleurs reprirent le large.

La rade toute sillonnée par les lumières des projecteurs présentait alors un effet féerique. Aussi, nombreux étaient les touristes et les Cherbourgeois contemplant des hauteurs environnantes ce spectacle grandiose. A deux heures du malin, la présence de l'ennemi fut à nouveau signalée. Grâce à l'obscurité, des navires s'étaient approchés et un véritable duel d'artillerie s'engagea alors. Pendant près d'une heure on n'entendit qu'une sourde canonnade, à laquelle se mêlait de temps en temps la grosse voix des canons du Bouvines. Sur le signal d'une fusée partie du fort Roule, le combat prit fin. Il était exactement trois heures et demie du matin.

L'attaque avait été repoussée. L'escadre ennemie n'aurait pu, en effet, sous les feux des batteries, ni pénétrer en rade ni bombarder, car elle avait été aperçue assez loin pour que ses tirs fussent inefficaces. Les navires rentrèrent alors en rade, pendant que les artilleurs et les fantassins, à leur poste de combat depuis 8 heures du soir, prenaient un peu de repos. A 7 heures du matin, le vice-amiral recevait du commandant des troupes coloniales, barrant la route de l'Est, l'avis que les forces ennemies, débarquées de nuit dans la baie de Hougue, s'avançaient sur Cherbourg et qu'il lui était impossible, sans renforts d'artillerie, de s'opposer plus longtemps à leur marche en avant. Par téléphone, le gouverneur donnait alors l'ordre aux batteries montées d'artillerie coloniale d'aller prendre position sur les hauteurs de Cherbourg et de s'opposer à ce passage.

Les batteries traversèrent alors la ville au galop et moins d'une heure après les ordres reçus, toutes les pièces de 120 étaient en batterie. A ce moment arrivait en automobile l'amiral Bellue, avec son état-major. il visita l'emplacement des troupes puis rentra â la préfecture, à 11 heures, d'où il télégraphiait l'ordre de faire cesser les exercices de mobilisation et lançait un ordre du jour où il félicitait chaudement les officiers, sous-officiers et soldats pour l'endurance et l'esprit d'initiative dont ils avaient fait preuve.

Le Petit Journal – 27 août 1910


EN BREF

Dompteuse blessée au Nouveau Cirque - A la répétition d'hier après-midi au Nouveau-Cirque, une jeune dompteuse, miss Dorcy, a été assez grièvement blessée par une de ses lionnes. Voici, au sujet de cet accident, le certificat médical qui a été communiqué : Je soussigné Maurice Tucker, docteur en médecine de la Faculté de médecine de Paris, demeurant à Paris, 4, rue Saint-Florentin, certifie avoir été appelé, à deux heures trente de relevée, par M. Debray, directeur du Nouveau-Cirque, a l'effet de soigner Mlle Dorcy, dompteuse, en représentation au Nouveau-Cirque. Je l'ai trouvée, étendue sur un matelas de fortune, la cuisse droite baignant dans une mare de sang ; après lavage, j'ai pu constater une large plaie contuse au niveau de l'artère fémorale, de six centimètres de large sur neuf de longueur et quatre de profondeur, une masse de chair hachée s'en échappait. A deux centimètres au départ, plaie de même apparence, de six centimètres sur onze, présentant une déchirure de haut en bas et de droite à gauche, profondeur trois centimètres et demi, neuf plaies de trois à quatre centimètres sur la face antero-externe de la jambe droite et cinq autres plaies de plus d'un centimètre. Je fus forcé de faire trente et un points de suture. Conclusions : Mlle Dorcy présente sur la cuisse droite des plaies contuses multiples et profondes provenant de morsures d'une lionne et, vu son état sérieux, il lui est matériellement impossible de reprendre son travail pendant quelques jours. Le Petit Journal – 27 août 1910

Triste histoire d'un pauvre cheval - Paris, chacun le sait, est l'enfer des chevaux. Hier, en plein boulevard, à trois heures de l'après-midi, moment où la foule des promeneurs est dense, où la circulation est le plus animée, un spectacle écœurant eut lieu devant plus de trois cents personnes indignées. Le cocher Teton conduisait paisiblement son fiacre n° 1021, boulevard des Italiens. Vint à passer un lourd camion dont une des roues écrasa un sabot du malheureux cheval. La bête s'abîma sur le sol, perdant des flots de sang. La chaussée, quelques instants après ne fut plus qu'une large flaque rouge. La foule fit cercle, autour du cheval agonisant, la circulation fut interrompue. On téléphona à la Société protectrice des animaux ; on répondit, hélas ! que l'on ne pouvait envoyer le fourgon devant transporter l'animal blessé que dans une heure... Une heure ! Et la bête, en proie à d'atroces souffrances, se tordait on convulsions horribles. Les boulevardiers, durant une heure, devaient assister à cette sanglante et répugnante scène...Fendant la foule, un jeune homme apparut. Il s'adressa à l'agent de service et se fit connaître. C'était le prince Pignatelli. Permettez-moi, déclara-t-il d'abréger l'agonie de ce cheval. Je vais l'achever d'un coup de revolver. Mais l'agent refusa l'autorisation. Comment ! s'écria le prince, cet animal est perdu, il souffre horriblement, et il n'est point permis de l'abattre tout de suite, alors qu'il sera abattu une ou deux heures plus tard ! Quelle abominable chose ! Si vous ne voulez point que je le tue d'une balle de revolver, donnez-moi donc votre sabre ; je l'achèverai d'une estocade, comme on immole les taureaux en Espagne ! Et le prince s'apprêtait, matador improvisé, à accomplir le geste hiératique. L'agent imperturbable, fidèle observateur des règlements, ne voulut rien entendre. Et le prince Pignatelli, sous le coup de la plus, vive indignation, vint au Matin nous faire part de ce malheureux incident. Ce n'est qu'une heure et quart plus tard que l'on vint relever et emporter dans un fourgon la bête exsangue et mourante. Un tel spectacle est indigne du généreux Paris ! - Le Matin – 27 août 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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