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17 sept. 10

Les actualités du 17 septembre 1910

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Le Président Fallières visite les chantiers de Saint-Nazaire

saint nazaire chantiers

Saint-Nazaire, 10 septembre - Le train, présidentiel vient d'arriver, à 4 heures 45. Mais il n'est pas venu jusqu'à la gare. Il s'est arrêté en pleine voie, à hauteur de l'avenue de Penhoet, où un quai provisoire, tout tendu de draperies, avait été aménagé. On fera bientôt des gares spéciales. L'arrivée ressemble à toutes les autres : honneurs militaires, saluts, congratulations et parfois flagorneries.

L'habitude est prise — moyen électoral puissant — des remises de médailles d'honneur. M. Fallières en remet à quinze vieux agents de la Compagnie d'Orléans, et l'on s'en va à pied vers les bassins, en traversant les voies du chemin de fer sur un passage spécialement aménagé, lui aussi. M. Fallières va visiter les trois cuirassés en construction, visite qui est ici le but principal du voyage.

On débute par le Condorcet, dont la construction est très avancée et qui est à quai. Du type Danton, il jauge 18,500 tonnes, et sa vitesse prévue est de 23 nœuds. Les tourelles sont en place et les machines, montées. La nouvelle unité navale quittera Saint-Nazaire en novembre pour Brest, où elle prendra son artillerie.

Voici ensuite le dock de relevage pour les sous-marins. Ce dock, qui est destiné au port de Toulon, pourra relever un sous-marin du poids de mille tonnes. M. Fallières est conduit alors devant le nouveau bassin de radoub, qui sera en mesure de recevoir des bâtiments du plus fort tonnage, c'est-à-dire de 23,500 tonnes. On passe aux ateliers de chaudronnerie, où, entre autres choses, on montre les chaudières du Rochambeau.

Le cortège traverse ensuite la cheminée du paquebot la France, posée horizontalement sur le sol et qui a 5 mètres 30 de diamètre. Le paquebot est encore sur cale sèche. Son lancement aura lieu le 20, dans quatre jours. Après le Condorcet, le Diderot, qui a les mêmes caractéristiques. Le Diderot n'a pas encore ses tourelles. La marine compte pouvoir en prendre possession en février prochain.

Nous voici à l'autre extrémité des quais, à la vieille entrée du pont, où le canot de l'amiral Aubert, remorqué par une chaloupe à vapeur, va conduire M. Fallières à bord du Saint-Louis, mouillé d'ailleurs à peu de distance de terre. Le trajet est court. M. Fallières est reçu à la coupée par l'amiral Leygue, le capitaine de vaisseau Benoit, commandant le bâtiment, et le chef d'état-major de l'escadre, le capitaine de vaisseau Serres. Tous les navires sur rade ont arboré le grand pavois et tirent les salves réglementaires. Les équipages à la bande crient à sept reprises : Vive la république ! La monarchie n'aurait rien à changer à ce cérémonial. Enfin le pavillon personnel du président est hissé au sommet du grand mât.

C'est à bord du Saint-Louis que M. Fallières offre ce soir un dîner de trente couverts. Le navire, escorté par les bâtiments de la division, appareillera cette nuit, à deux heures, pour se trouver au moment de la pleine eau à la baie des Charpentiers, à, cinq milles de Saint-Nazaire. M. Briand n'accompagne pas M. Fallières à Bordeaux. Il va rester deux ou trois jours auprès de sa famille.

Le Gaulois – 17 septembre 1910


EN BREF

Crime

Meurtrière de son mari — Une danseuse de Montmartre, Mlle Armandine Betet, plus connue sous le nom de Rose de Mai, épousait, il y a deux ans, un jeune chauffeur d'automobile, M. Henri Robert. La danseuse avait des économies; elle les donna à son mari qui fît l'acquisition d'une superbe voiture et travailla pour son compte. Au début, tout alla bien. Robert rapportait à sa femme le produit de ses journées et la rendait heureuse; mais bientôt il la délaissa pour une demi-mondaine, Yvonne N..., avec laquelle il décida de partir pour Bruxelles. Mme Robert eut vent de ce projet, et rencontrant hier sa rivale, l'amena chez elle, rue Pigalle, 46. Là, après une scène des plus violentes, elle lui tira un coup de revolver, qui heureusement ne l'atteignit pas. Son mari pénétra dans l'appartement sur ces entrefaites. La danseuse dirigea l'arme de son côté et fit feu à deux reprises. Atteint à la jambe droite et à l'aine, le chauffeur a été transporté à l'hôpital Lariboisiere, tandis que M. Duponnois, commissaire de police du quartier Saint-Georges, envoyait Rose de Mai au Dépôt. Le Temps – 17 septembre 1910

La traversée des Alpes en aéroplane - C'est après-demain dimanche que s'ouvrira l'épreuve de la traversée des Alpes en aéroplane qui se poursuivra jusqu'au 24 du courant. Rappelons seulement qu'il s'agit pour les concurrents de s'élever de Brigue (Suisse ) et de franchir les Alpes pour aller atterrir à Milan où du 25 septembre au 2 octobre se déroulera un important meeting d'aviation. Le parcours à effectuer est de 150 kilomètres environ. La plus haute altitude à atteindre est de 2,008 mètres (au col du Simplon). L'épreuve est dotée d'une somme de 100,000 fr., répartie en trois prix de 70,000, 20,000 et 10,000 francs. Le comité d'organisation de l'épreuve a décidé que cinq aviateurs seulement seraient admis à y participer. On ne sait encore quels seront les pilotes choisis, mais la liste sur laquelle sera fait ce choix comprenant des noms tels que ceux de Latham, Chavez, Aubrun, Cattaneo, Wiencziers, etc., on peut être assuré que la traversée des Alpes sera tentée par les pilotes les plus qualifiés pour la réussir. Le Temps – 17 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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