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19 sept. 10

Les actualités du 19 septembre 1910

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La Coupe des voiturettes de Boulogne-sur-Mer

1909

Coupe des voiturettes 1910 - Traversée de Desvres

La Coupe des voiturettes, organisée par notre confrère l'Auto, s'est courue hier à Boulogne-sur-Mer devant un très nombreux public de sporstmen français et anglais. La ville, qu'on avait pavoisée pour la circonstance, offrait le plus agréable des coups d'œil, en dépit d'un froid assez vif compliqué de brouillard. Le soleil ne tarda pas d'ailleurs à dissiper la brume, et ce fut, somme toute, une très, très belle journée.

Dès sept heures, les tribunes de Saint-Martin étaient envahies, et les villages que traversait le Circuit s'emplissaient d'une intense et joyeuse animation. Ce Circuit, long de 37 kilomètres 875, passait par La Capelle, Alinethun, Desvres, Werwignies et Bainethun. Les concurrents avaient à le couvrir douze fois et le départ devait être donné de minute en minute à partir de huit heures. Des dix-sept véhicules inscrits, quatorze s'élancèrent dans l'ordre et aux heures que voici :

8 h. 01 Tribet I (Haubourdin), sur pneus Michelin.

8 h. 02 Hispano-Suiza (Zuccarelli), sur pneus Michelin.

8 h. 03 D.S.P.L. I (d'Hespel). 8 h. 04 De Bazelaire (de Bazelaire).

8 h. 07 Calthorpe T (Lewis).

8 h. 08 Corre-La-Licorne I (Collomb), sur pneus Michelin.

8 h. 10 Hispano-Suiza II (Pilliverde), sur pneus Michelin.

8 h. 11 D.S.P.L. II (Ledut), sur pneus Michelin.

8 h. 12 Lion-Peugeot II (Boillot), sur pneus Michelin.

8 h. 13 Calthorpe II (Burgess).

8 h. 14 Corre-La-Licorne II (Delpierre).

8 h. 15 Hispano-Suiza III (Chassaigne), sur pneus Michelin.

8 h. 10 Lion-Peugeot III (Goux), sur pneus Michelin.

8 h. 17 Calthorpe III (Garfield).

Dès le premier tour, Goux, sur voiturette munie de pneus Michelin, bat le record de l'an dernier. Il couvre les 37 kil. 875 en 24' 00", soit à une allure moyenne de 93 kilomètres à l'heure. Haubourdin, moins heureux, est contraint d'abandonner, sa voiture ayant pris feu. Au reste, la route est mauvaise, rocailleuse, défoncée. Boillot, Zuccarelli, tous deux sur voiturettes garnies de pneus Michelin, suivent Goux de très près.

Au troisième tour, Goux, qui tient toujours la tête, fait mieux encore. Il réussit la boucle en 24 minutes, c'est-à-dire a 96 kilomètres de vitesse moyenne à l'heure. Au quatrième tour, Zuccarelli s'adjuge la deuxième place. Son retard sur Goux est minime : 1 minute 44 secondes. Chassaigne, Pilliverde et Boillot viennent ensuite. La lutte est terrible et il est encore impossible d'en prévoir l'issue. Burgess casse un essieu dans un virage. Il abandonne.

Et voici qu'au huitième tour Zuccarelli prend la tête. Boillot et Goux ont été retardés par divers incidents. Goux a perdu 17 minutes sur Zuccarelli. A moins qu'un accident n'immobilise tout à coup ce dernier, il a grandes chances de conquérir la palme. Et, de fait, les tours qui suivent n'apportent au classement aucune modification notoire. Au terme du douzième et suprême tour, le classement final s'établit ainsi :

1. Zuccarelli, sur voiturette Hispano-Suiza, munie de pneus Michelin.

2. Goux, sur voiturette Lion-Peugeot, munie de pneus Michelin.

3. Chassaigne, sur voiturette Hispano-Suiza, munie de pneus Michelin.

4. Boillot, sur voiturette Lion-Peugeot, munie de pneus Michelin.

5. Collomb sur voiturette Corre-la-Licorne, munie de pneus Michelin.

6. Pilliverde, sur voiturette Hispano-Suiza, munie de pneus Michelin.

Cette épreuve, comme toutes celles du même genre et de même importance, contient un enseignement. Il ressort d'une comparaison, tout aussi facile qu'instructive, entre la liste des concurrents qui prirent le départ et celle des concurrents qui coupèrent en temps voulu la ligne d'arrivée. Que remarquons-nous au départ ? 50 % des voiturettes en ligne étaient munies de pneus Michelin. Que voyons-nous â l'arrivée ? Six voiturettes seulement, et toutes les six, munies de pneus Michelin.

Si ce n'était une habitude pour le pneu Michelin de prendre les premières places, et haut la main, chaque fois qu'il participe à une épreuve, il y aurait long à dire sur cette nouvelle victoire. Elle est, toutefois, d'autant plus significative en cette circonstance, que la route du Circuit était, nous le relations au début en attachant à ce détail l'importance qu'il présente en pareille matière, extrêmement mauvaise, rocailleuse de bout en bout, et, en de très nombreux endroits, défoncée.

Ajoutons qu'à l'issue de la course, les municipalités de Boulogne et des villes anglaises faisant, sur l'autre côte, face à Boulogne, les journalistes et les coureurs se réunirent en un déjeuner cordial.

Le Gaulois – 19 septembre 1910


EN BREF

La traversée des Alpes en aéroplane - La traversée des Alpes en aéroplane entre Brigue et Milan devait avoir lieu hier. Les concurrents avaient mis leurs appareils au point, le temps était favorable ; Chavez et Weymann se déclaraient assurés de réussir. Le gouvernement du Valais bouleversa tout. Il invoqua la fête du jeûne fédéral pour interdire aux aviateurs de prendre leur essor dans la matinée. Et, dès l'aube, des gendarmes armés montèrent la garde près des hangars, pour veiller à ce qu'aucun appareil ne tentât de partir. Ils ne bougèrent point jusqu'à midi et quand, enfin, ils laissèrent le champ libre, le vent s'était levé, trop violent pour permettre la moindre envolée. L'épreuve se courra donc aujourd'hui, si le temps le permet. Prendront le départ : Chavez, Weymann, Wiencziers et Paillette. L'Italien Cattaneo, qui comptait parmi les concurrents, a déclaré forfait, jugeant l'expérience trop dangereuse. Le Gaulois – 19 septembre 1910

Tamponnement à la gare Saint-Lazare - 28 blessés - Ce matin, à 6 h. 35, le train express 1004, dit train de marée, venant de Dieppe et amenant des voyageurs de Londres, a heurté violemment le butoir en stoppant à la gare Saint-Lazare. Il y a eu 28 blessés, dont voici la liste. Tous les blessés ont reçu des soins au service médical de la gare. Le train était conduit par le mécanicien Perrot. A la gare Saint-Lazare on nous a donné les renseignements suivants sur les circonstances dans lesquelles s'est produit l'accident. Arrivant en gare avec cinq minutes de retard, le train 1004 fut aiguillé sur la voie 26. Mais, à la surprise générale, les freins n'ayant probablement pas fonctionné, la locomotive alla broyer ses deux tampons contre le butoir. Le Temps – 19 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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