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25 sept. 10

Les actualités du 25 septembre 1910

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Une loque humaine sur l'échafaud

Saint-dié

Saint-Dié, 24 septembre — Pierrel, le parricide qui assassina sa vieille mère octogénaire pour lui voler environ 500 francs que la pauvre femme avait péniblement amassés, a été exécuté ce matin. Vers deux et demie, arrivent MM. Wiriath, procureur de la République ; Sadoul, substitut ; Tourdes, juge d'instruction ; Lévêque et Sabatier, greffiers ; Rogé, avocat ; le docteur Stoeber, médecin légiste; le chanoine Thomassin, et Troesh, commissaire spécial.

A trois heures. douze, arrive le fourgon portant les aides et la guillotine. M. Anatole Deibler confère aussitôt avec le procureur M. Wiriath. Celui-ci, craignant les photographes embusqués sur un mur, fait modifier le choix de l'emplacement de l'exécution, qui est reporté des environs de la porte de la prison a cinquante mètres plus loin, à l'entrée. Le montage de la sinistre machine commence aussitôt, cependant que le capitaine de gendarmerie Casalta fait expulser un curieux qui, muni d'un appareil photographique, avait réussi à se faufiler dans le fourgon.

A ce moment on apprend que Pierrel est réveillé depuis deux heures. Tiré de son sommeil pur le brouhaha de la foule et le bruit des piquets enfoncés en terre pour établir les barrages, le malheureux se dresse hagard sur son lit et interroge son gardien qui tâche de le rassurer, en lui affirmant que le tapage qu'il entend est dû à des soldats qui fêtent le départ de la classe, et aux préparatifs d'une fête qui doit avoir lieu le lendemain au Parc. Peu convaincu, Pierrel répond : Je crois plutôt qu'on monte l'horloge pour moi ! Il allume une pipe, va la fumer dans la cour, puis rentre dans sa cellule, en proie à une agitation fébrile.

A quatre heures, le montage de la guillotine est terminé. Le procureur, le substitut, le juge d'instruction, les greffiers, l'avocat, le prêtre et le médecin pénétrèrent dans la prison. En entrant dans la cellule du condamné, M. Wiriath,s'adressant à Pierrel qu'il trouve levé et habillé, lui dit : Le président de la République a rejeté votre recours en grâce. C'est le moment de payer votre dette. Ayez du courage. A cette nouvelle, le misérable, pris d'effroi, se met à trembler et à bégayer : Suis innocent... Pas coupable... Pardon a tous !... Phrase que pendant trois quarts d'heure il continuera à bredouiller. Son affaissement est tel que le médecin est obligé de lui faire deux injections de caféine ; puis Pierrel prend un verre de rhum. Le prêtre lui offre les consolations de la religion, mais le malheureux continue à bredouiller sa même phrase, l'air absolument inconscient.

Pierrel passe, alors dans les mains du bourreau, qui rapidement échancre le col de la chemise et coupe quelques mèches de cheveux sur le cou. Porté dans le fourgon, où l'accompagnent le prêtre et l'avocat, il est amené à quelques mètres de l'échafaud. En descendant de la voiture, il bégaye encore : Suis pas coupable... pas coupable !... Puis, véritable loque humaine, le misérable courbé en deux est traîné sur la bascule, où il se débat un instant. Le couperet tombe. On entend un bruit sourd ; un jet de sang éclabousse un gendarme, : Pierrel a payé sa dette. Il est quatre heures cinquante.

Le fourgon accompagné de six gendarmes a cheval transporte immédiatement au cimetière de la ville le corps du supplicié, qui avait été réclamé par la famille. Contrairement à l'arrêt de condamnation et sur la demande de M. Fallieres, le cérémonial usité pour les parricides avait été supprimé.

Le Matin – 25 septembre 1910


EN BREF

Espagne

L'Espagne fête a Cadix le centenaire de ses Cortès - Cadix, 2 septembre — Aujourd'hui, ont commencé à San Fernando, près Cadix, les fêtes, du centenaire des Cortès qui se réunirent en celle ville en 1810. Les ministres de l'instruction publique et de la marine, les présidents de la Chambre et du Sénat qui sont arrivés cet après-midi, ont assisté peu après, avec de nombreuses délégations de députés et de sénateurs, de la marine, de l'armée, et avec les autorités de la province et de la ville, à une procession civique qui s'est déroulée en grand apparat sous les yeux d'une foule, immense difficilement maintenue par les troupes formant la haie. Le cortège pénétra dans l'église paroissiale pour entendre le Te Deum, puis il se rendit au théâtre municipal qui fut le siège de la réunion des Cortès en 1810. Là, sous la présidence du comte Romanonès, président de la Chambre des députés, a eu lieu une séance solennelle commémorative. Le Matin – 25 septembre 1910

Jeune mariée dans les flammes - Amiens, 24 Septembre - Un douloureux accident qui, dans les circonstances où il s'est produit, est d'autant plus impressionnant, a eu lieu aujourd'hui. Une jeune femme de vingt-sept ans, Mme Marisse, mariée seulement depuis trois semaines, revenue hier de son voyage de noces, était avec son mari dans la salle à manger de leur domicile, 43, rue Gresset, lorsque, tout à coup, s'étant approchée un peu trop près du foyer, son peignoir en pilou prit feu. Le mari essaya en vain de porter secours à sa femme ; il ne put y réussir et se brûla, à son tour grièvement. La malheureuse, affolée, s'enfuit dans la rue, mais sa course ne fit qu'activer les flammes ; les voisins lui portèrent secours, mais Mme Marisse était déjà grièvement blessée. Elle a été transportée à l'Hôtel-Dieu couverte de brûlures multiples; les médecins désespèrent de la sauver. Le Petit Journal – 25 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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