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26 sept. 10

Les actualités du 26 septembre 1910

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Le tragique accident de Poillot

Aerodrome de Chartres

Catastrophe-aerienne

Chartres, 25 Septembre- Un tragique accident d'aviation s'est produit ce matin, près de l'aérodrome ; il a fait deux victimes ; l'une est morte, l'aviateur-pilote Poillot ; l'autre est blessée seulement, M. Partiot, parti comme passager à bord du même appareil. Il était 9 heures et demie. Poillot volait depuis 7 heures ; il avait déjà emmené plusieurs élèves, lorsque monta M Partiot, qui en était à une de ses premières sorties.

Deux tours avaient déjà été effectués par l'aviateur, lorsqu'un biplan qui sortait attira l'attention de la foule et la détourna des vols de Poillot, qui était à ce moment sur la route d' Orléans, à hauteur des Chaises, à cent mètres environ de hauteur. Tout à coup, un mécanicien cria : Ils sont tombés !

On se précipita vers le point, fatal, d'où s'élevait une légère poussière. Parmi des débris informes, et l'enchevêtrement de fils de fer, de pièces de toile, de bois, un homme gisait inanimé : c'était Poillot. A quelques mètres de lui, était étendu M. Partiot qui n'avait pas perdu connaissance. Le docteur Logerot, médecin eh chef de l'hôpital d'Orsay, prodigua ses soins à tous deux. Malheureusement, Poillot avait la colonne vertébrale brisée et de nombreuses contusions sur tout le corps. Il ne tarda pas à tomber dans le coma et 45 minutes plus tard, il expirait sans avoir repris connaissance. Partiot a, à la tête, une blessure assez grave, mais qui ne met heureusement pas ses jours en danger.

Avant ce vol fatal, l'aviateur Poillot avait dejà fait quatre vols, avec quatre élèves différents ; il considérait, en effet, son, biplan comme un appareil-école. Pendant les quatre premiers vols, l'appareil s'était bien comporté. Poillot est un ancien rédacteur de l'Auto, et le premier journaliste aviateur; Il était à Chartres depuis 3 mois seulement. Il avait subi brillamment, le 11 août dernier, les épreuves pour le brevet de pilote, mais n'avait pas pu prendre part officiellement au meeting de la baie de la Seine.

Le malheureux n'avait que 24 ans ; il possédait une audace merveilleuse et un rare sang-froid. Dernièrement, il avait fait à Deauville une chute dans laquelle il avait brisé son appareil, mais il n'avait eu aucun mal. L'appareil, un biplan à deux hélices, est entièrement brisé, de larges taches de sang maculent la toile. Le moteur a fortement souffert de la chute.

Poillot avait manifesté le désir d'aller déjeuner. Ce fut pour faire plaisir à M. Partiot qu'il se décida à faire un nouveau, vol. Celui-ci avait duré deux kilomètres environ quand la chute eut lieu. Poillot était très prudent, très maître de son appareil. L'accident qui subvint est dû à une cause matérielle. M. Partiot entendit la déchirure d'une toile et comme l'aéroplane descendait avec vent arrière, il fut retourné deux fois sur lui même.

Ce sont des chasseurs accourus qui ont dégagé les deux malheureux aviateurs. Puis des automobiles sont arrivées ainsi que l'ambulance du 13e cuirassiers, avec le médecin-major du régiment. Elle a servi à transporter le corps à l'hôpital de Chartres, où une chapelle ardente à été établie. Partiot, lui, a été emmené à la clinique du docteur Fourmestraux. Son état n'inspire aucune inquiétude. Le drapeau qui flottait sur un des hangars du champ d'aviation a été mis en berne et l'école d'aviation Savary est fermée en signe de deuil.

Le Petit Journal – 26 septembre 1910


EN BREF

Terrible accident de tramway - Un terrible accident de voiture s'est produit hier soir vers huit heures, rue de Rennes, à l'angle de la rue de Mézières. Le cocher Charles Carrière avait pris dans sa voiture, boulevard Saint-Michel, quatre personnes, dont deux femmes, une fillette et un garçonnet. Il les conduisait, 26, rue Dupin. Au moment où le fiacre débouchait rue de Rennes par la rue de Mézières, il fut tamponné par le tramway Chatillon-Saint-Germain-des-Prés, allant à Châtillon ; au même instant arrivait en sens contraire le tramway venant de Clamart. Le choc projeta les voyageurs du fiacre sous les roues d'un des tramways, et le véhicule lui-même fut complètement broyé entre les deux lourdes voitures. Le cheval seul avait échappé. Des gardiens de la paix aidés par la foule essayèrent aussitôt de dégager les victimes; mais devant l'inutilité de leurs efforts, on dut prévenir en hâte les. pompiers de la rue de Rennes. Ceux-ci parvinrent à dégager des voies du tramway le garçonnet qui heureusement n'avait qu'une blessure légère à la jambe. Une des deux femmes, qui avait la jambe gauche coupée à hauteur du genou, fut ensuite retirée; puis sa compagne, puis la fillette dont la tête était complètement broyée et qui avait dû être tuée sur le coup. Enfin on délivra le cocher qui portait au visage de nombreuses blessures. Pendant qu'on transportait le corps de la fillette à la Morgue, les deux femmes étaient dirigées sur l'hôpital de la Charité. Mais l'une d'elles mourut en y arrivant. M. D'Homme, commissaire de police du quartier Notre-Dame-des-Champs, procédait immédiatement à une enquête, et son secrétaire, M. Fas, entendait le cocher. L'identité des victimes fut rapidement établie. Les mortes étaient Mme Villerelle, femme du greffier du tribunal civil de Pontoise, demeurant 25, rue Victor-Hugo, à Pontoise, et sa fille Yvonne, onze ans ; les blessés, le garçonnet, Georges, fils de la morte, et la soeur de Mme Villerelle, MmeGuyon-Varch. cuisinière à Paris, 26, rue Dupin. Mme Villerelle arrivait de Pontoise avec ses enfants et se rendait chez sa sœur, qui l'accompagnait. M. Villerelle a été immédiatement, avisé par le procureur de la République. Demain les wattmen et les receveurs des tramways tamponneurs seront entendus. L'enquête établira les circonstances de l'accident et les responsabilités. M. Thierry, officier de paix du sixième arrondissement, a recueilli au poste de police le jeune Villerelle. Le magistrat n'a pas cru devoir apprendre ou garçonnet le double malheur qui le frappe. Le Matin – 26 mars 1910

1.200 kilos de tabac dans une auto - Hazebrouck, 25 Septembre — Hier soir, à Steenvoorde, une auto filait à toute allure quand les douaniers donnèrent au chauffeur l'ordre d'arrêter pour se soumettre à la visite. Au moment où les douaniers allaient monter sur le marchepied il mit sa voiture à la quatrième vitesse et disparut. Des télégrammes furent envoyés dans toutes les directions et toutes les routes furent barricadées avec des herses, des câbles, des camions renversés. Quand l'auto, arriva à une vitesse folle, les préposés voulurent faire les sommations d'usage, mais, le véhicule se jeta dans la barricade. Quatre passagers sautèrent à terre et filèrent à travers la campagne poursuivis en vain par les douaniers. L'auto, une superbe limousine, contenait 1.200 kilos de tabacs belges. La valeur totale de la prise est évaluée à 25.000 francs. Le Petit Journal – 26 septembre 1910

automobile

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Les villageoises anglaises contre l'automobile - Londres, 25 Septembre — Une pétition portant des milliers de signatures vient d'être remise entre les mains de la reine d'Angleterre par une délégation de femmes habitant des villages. Dans ce document, les humbles villageoises affirment que l'abus de l'automobilisme leur fait une vraie vie de misère. Nos enfants, disent-elles, sont en perpétuel danger. Nos intérieurs sont ravagés par la poussière. Nous, ne pouvons pas ouvrir nos fenêtres, et notre repos, la nuit, est constamment troublé. Ce serait un grand bien si ces machines pouvaient traverser plus lentement nos villages. Mais nous ne sommes que de pauvres gens et la plupart de ceux qui vont en automobile se moquent pas mal de nous. Le Petit Journal – 26 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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