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28 sept. 10

Les actualités du 28 septembre 1910

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Graves troubles à Berlin

Moabit

allemagne

Berlin, 27 septembre - Une chasse aux renards a dégénéré dans la soirée et dans la nuit d'hier en véritable émeute. Cela avait commencé dans la matinée par la traditionnelle tentative dé débauchage par des grévistes, d'ouvriers d'un chantier de charbon, dans le quartier do Moabit, et la tentative ayant échoué, on en était venu aux coups.

Le calme semblait rétabli grâce à l'intervention de la police, mais dans la soirée les désordres ont pris un caractère très grave. Les grévistes, renforcés par des ouvriers de tous les corps de métiers, ont attaqué un restaurant, qu'ils ont saccagé et dont le propriétaire a été sérieusement blessé. Les trottoirs ont été dépavés et les manifestants ont assailli les agents avec des projectiles de toutes sortes. Les rues étaient plongées dans une obscurité complète, les becs le gaz ayant été démolis.

Entre minuit et une heure, un groupe de manifestants ayant aperçu un ecclésiastique dans un tramway, le firent descendre à coups de poing.Entre minuit et une heure, un groupe de manifestants ayant aperçu un ecclésiastique dans un tramway, le firent descendre à coups de poing. L'ecclésiastique parvint à leur échapper et à se réfugier dans l'église de la Réforme qui fut alors soumise à un bombardement de pierres. Les vitraux volèrent en éclats. Le corps de la police dut dégainer pour balayer la place qu'occupaient alors deux à trois mille manifestants.

Les émeutiers essayèrent de délivrer leurs camarades qui avaient été conduits dans un poste de police. Leur attaque fut repoussée à l'arme blanche. Ce n'est qu'à deux heures du matin que le calme revint. Les journaux, estiment à une centaine le nombre des blessés dans la foule. Trente-huit officiers et agents de police ont été blessés à coups de pierre ou à coups de couteau et quelques-uns ont reçu des blessures graves. Un agent a été trouvé ce matin dans la Huttenstrasse, gisant sans connaissance. Son casque avait été fendu et la tête présentait une large blessure. Le quartier de Moabit avait l'air d'être en état de siège aujourd'hui. Toutes les forces policières dont disposent Berlin et Charlottenbourg étaient tenues prêtes en cas de besoin.

Malgré ces mesures, les troubles ont recommencé ce soir à sept heures. Les manifestants, ou plutôt les émeutiers, étaient environ trois mille. La police à pied et à cheval a dégainé et chargé, et même tiré, pour répondre aux coups de pierres et de revolver des grévistes. On ne connaît pas le nombre des blessés. On en a transporté deux à l'hôpital. Le président de la police s'est fait conduire en automobile au milieu de la foule, ce soir, vers dix heures. Dans la Waldstrasse, la police a pénétré dans un logement de la fenêtre duquel, toute espèce d'objets : vaisselle de toute sorte, pots à fleurs, etc., lui avaient été jetés. Une femme a alors jeté sur les agents une lampe à pétrole tout allumée, mais qui d'ailleurs s'est éteinte. Les habitants du logement ont été arrêtés. De nombreuses arrestations ont été opérées.

Le Figaro – 28 septembre 1910


EN BREF


Catastrophe-aerienne

 Mort de l'aviateur Chavez - Une nouvelle hélas ! prévue depuis un jour ou deux mais des plus attristantes, est parvenue à Paris dans l'après-midi. Chavez, l'audacieux aviateur, le brave qui avait réussi à franchir les Alpes en aéroplane, Chavez, le triomphateur et la victime du Simplon, Chavez est mort. Il a succombé aux suites du stupide accident qui l'a jeté à terre, une fois la prouesse accomplie, à deux pas du but, à Domodossola même. Depuis vingt-quatre heures, on s'en souvient, les bulletins étaient plus menaçants et celui de la matinée d'hier ne laissait plus de place à l'espoir. En voici la teneur : Pendant la nuit, l'état général déterminé par la chute a empiré. On craint que le malade ne tombe dans le coma. Le danger est imminent. Température, 37°6 ; pouls, 134 ; respiration, 70. C'est à 3 heures de l'après-midi que le pauvre garçon s'est éteint. Son frère, prévenu dès la veille, était arrivé à midi, par l'exprès de Paris. L'entrevue entre les deux frères fut très émouvante. Peu après l'arrivée de son frère, Chavez est entré en agonie. Il a lutté contre la mort avec une grande énergie. Trois fois de suite, la respiration s'étant arrêtée, on l'a cru mort. Mais trois fois de suite, il a repris connaissance, en poussant des plaintes déchirantes. Il paraissait être hanté par la vision de la mort et vouloir l'écarter : Non, je ne meurs pas ! Criait-il. Les médecins lui ont fait, à plusieurs reprises, des inhalations d'oxygène Ces inhalations le calmaient mais bientôt le râle du mourant, d'abord bref et saccadé, devenait lent et prolongé ; les yeux étaient vitreux ; le visage était très pâle. Après une dernière plainte, Chavez expirait. Son frère et ses amis, MM. Christiaens et Duray, se sont embrassés en pleurant. Les dépêches qui narrent cette scène impressionnante disent aussi quels témoignages unanimes de regret se manifestèrent autour du lit d'hôpital où agonisait ce vaillant garçon de 24 ans. Nous ne reviendrons pas en détail sur la carrière, si courte et si remplie, de Geo Chavez : Nous avons donné de lui des notes biographiques complètes au moment de son départ pour la traversée du Simplon. Rappelons seulement qu'après des essais à Nice, il se distingua, cette année, au meeting de Reims où il adopta le monoplan après avoir débuté sur le biplan. Par son caractère, par sa hardiesse, par sa jeunesse, il avait su se conquérir toutes les sympathies et sa fin, après un exploit que peu d'autres auraient tenté, a quelque chose d'héroïque. Il est tombé, en pleine force, sur le champ de bataille du progrès. Le Petit Journal – 28 septembre 1910

Panique dans un train - Un accident grave, qu'un peu de sang-froid eût permis d'éviter, s'est produit hier matin, vers six heures, sur la ligne d'Arpajon. Le train sur route venant de Paris se trouvait à la hauteur des plâtriers d'Arcueil, lorsque, par suite d'une cause non encore déterminée, une longue flamme, dans des tourbillons de fumée, jaillit du moteur. Aussitôt, et malgré l'intervention du personnel, une panique folle se produisit, les voyageurs, pêle-mêle, sautant sur la voie, en pleine marche. On en releva plusieurs fort maltraités, parmi lesquelles Mme Pierre, vingt et un ans, domiciliée 168, Grand'Rue, à Bourg-la-Reine. La malheureuse jeune femme avait la jambe droite brisée. On a dû la transporter en hâte à l'hôpital Cochin. Le Petit Parisien – 28 septembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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