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03 oct. 10

Les actualités du 3 octobre 1910

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La sureté arrête les assassins du garçon de recette

Arrestatiuon tissier

C'était logique et presque inévitable. Après avoir conçu et exécuté leur coup avec une rare audace et un sang-froid inouï, les deux jeunes assassins du garçon de recettes André se sont fait tout simplement arrêter hier à Paris, dans un hôtel des environs de la Madeleine. Depuis quarante-huit heures, ils erraient à travers les établissements de plaisirs, à demi-abrutis par l'alcool, la fatigue et l'inquiétude ; ils se sentaient traqués et ne firent aucune résistance lorsque M. Jouin, le sous-chef de la Sûreté, leur fit mettre la main au collet par ses inspecteurs. Comme la plupart des criminels, voleurs ou assassins, ils n'étaient pas plutôt en possession des billets de mille francs trouvés dans la sacoche de leur victime qu'ils avaient songé à s'acheter des vêtements neufs et à faire la fête. C'était le plus infaillible moyen d'être bientôt découverts et arrêtés.

Aussitôt après la découverte du crime, et dès que des indices sérieux eurent permis d'établir, l'identité des meurtriers, les meilleurs inspecteurs de la Sûreté furent lancés à leurs trousses à travers Paris. De son côté, la Sûreté générale faisait surveiller tout particulièrement Rouen et Biarritz, où l'on croyait que se réfugieraient Tissier et Desmarest. Au Havre, un bateau en partance pour l'Amérique fut visité hier matin ; il en fut de même à Marseille, Pauillac, Toulon, Cherbourg, Boulogne, etc. A Paris, l'inspecteur Donzelot, le sous-brigadier Ballereau et l'inspecteur Dairolle visitaient les établissements de nuit et ils ne tardèrent pas à retrouver la trace des deux jeunes bandits dans une taverne du boulevard des Capucines ; malheureusement, les assassins avaient quitté depuis plusieurs heures cet établissement, où ils sablaient follement le Champagne, lorsque les agents s'y présentèrent.

Néanmoins, quelques heures plus tard, les recherches aboutissaient. Après avoir passé une partie de la nuit de vendredi à samedi dans la taverne en question, Tissier et Desmarest avaient emmené avec eux deux jeunes femmes de l'établissement, avec lesquelles ils passèrent la journée de samedi et firent une promenade au Bois, en automobile, dépensant l'argent sans compter. Par exemple, ils avaient donné cinquante francs de pourboire au chauffeur de l'automobile.

Un premier incident significatif avait mis en éveil la curiosité des deux femmes. A sept heures du soir, en passant en automobile sur la place de la Trinité, les deux jeunes gens achetèrent un journal où était relatée la découverte de leur crime.La voix tremblante, Tissier dit à Desmarest: — Regarde donc ! — Tais-toi, avait répondu à mi-voix le complice. Et comme les femmes demandaient la cause de leur inquiétude, ils avaient répondu : — Ce n'est rien, nos parents nous font rechercher.

Les deux femmes, après s'être concertées, jugèrent prudent de faire part de leurs soupçons à M. Biscaros patron de l'hôtel de la rue Godot-de-Mauroy, où les conduisirent les deux gamins, et celui-ci, après avoir examiné attentivement ses clients suspects — dont la mise élégante ne cadrait guère avec le langage et les manières vulgaires — se rendit au poste de police de l'Opéra et déclara qu'il croyait avoir chez lui les assassins du garçon de recettes.

On fit surveiller les abords de l'hôtel et au petit jour M. Jouin procédait lui-même à l'arrestation de Tissier et de Desmarest, qui furent mis rapidement dans l'impossibilité de faire usage de leurs revolvers. Après avoir protesté quelque temps contre leur arrestation arbitraire en se prétendant des fils de famille, les deux malfaiteurs en vinrent aux aveux.

Les assassins furent trouvés porteurs tous deux d'une montre neuve en or et d'un revolver acheté la veille. Des 4,000 francs dérobés, il ne restait plus que 678 francs 75 sur Tissier et 668 francs 60 dans la poche de Desmarest. Ils avaient dépensé le reste, soit environ 3,000 francs dans la basse orgie qui devait leur être fatale.

Le Gaulois – 3 octobre 1910


EN BREF

Soldats lynchés par la foule - Brest, le 2 octobre - Cette nuit, vers une heure, trois soldats coloniaux, les nommés Pinault, Picquende et Duhamel, avaient dégainé rue de Paris, menaçant les passants. Une bagarre eclata. Les agents accoururent. Les coloniaux furent désarmés. La foule, furieuse, lyncha les soldats en dépit des efforts des agents. Pinault et Picquende, grièvement blessés, ont été transportes à l'hôpital maritime un civil. M. Guesdon, fut grièvement atteint d'un coup de pommeau de baïonnette à la tête. Journal des débats politiques et littéraires - 3 octobre 1910

La chasse aux inscriptions françaises – Sur la place Kleber, à Strasbourg, une réclame lumineuse attire tous les soirs l'attention du public. Le jeu des ampoules électriques y fait apparaitre l'inscription ''Bonbons Lakritzia''. Mais cet assemblage de mots a paru séditieux à une police toujours vigilante. Elle vient de donner l'ordre de faire jouer l'électricité de façon à intervertir l'ordre des mots et, depuis quelques soirs, le public peut lire ''Lakritzia bonbons''. Journal des débats politiques et littéraires - 3 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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