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04 oct. 10

Les actualités du 4 octobre 1910

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Les manifestations catholiques en Espagne

Manifestation cartholique

Espagne

Madrid, 3 octobre - Les manifestations catholiques n'ont pas répondu aux efforts des organisateurs, car sauf à Pampelune, à Oviedo, à Murcie, Saragosse et Saint-Sébastien; le nombre des manifestants fut assez réduit. La journée d'hier est plutôt un échec pour le cléricalisme qui se vantait de soulever l'Espagne entière contre le gouvernement dont il escomptait déjà la chute devant un mouvement d'opinion qui devait être formidable et qui a été réduit aux plus simples proportions, malgré une immense propagande pour recruter des manifestants.

A Madrid, les manifestants catholiques, hommes et femmes, après avoir assisté à la messe à l'église de la Vierge del Pilar, ont organisé un cortège qui s'est dirige vers le palais du gouverneur civil. Une délégation est montée chez le gouverneur tandis que les manifestants entonnaient des chants religieux. Un groupe de jeunes gens républicains répondit par la Marseillaise et les cris de ''Vive la République! Vive la liberté''. Une bataille s'engagea entre les deux camps à coups de cannes et d'autres engins. Au milieu d'un vacarme assourdissant, la gendarmerie et la police intervinrent à coups de plat de sabre. La foule, effrayée, s'enfuit, se réfugiant dans les maisons. Les agents de police et les gendarmes poursuivirent les manifestants qui échangeaient des coups et les dispersèrent à coups de sabre. Le calme a été rétabli.

Au meeting du jeu de paume ''Jai-Alaï'', des discours ont été prononcés contre la politique religieuse du gouvernement. La réunion s'est terminée sans incidents. Il y a eu des collisions à coups de cannes et de revolvers entre radicaux et cléricaux à Saragosse, Valence, Séville, Santander, Oviedo, Orense et Castellon, mais elles n'ont pas eu de réelle importance. La garde civile a dispersé assez facilement les combattants en opérant une douzaine d'arrestations en tout. Il n'y a pas plus d'une douzaine de blessés sérieusement et le calme rétabli n'a pas été troublé depuis.

A Saint-Sébastien, la manifestation catholique a réuni environ trente-cinq mille hommes. Une messe a été dite sur un autel dressé au bord de la mer, puis la manifestation s'est déroulée dans un ordre parfait dans les grandes voies de la ville dont un certain nombre de maisons étaient pavoisées. Presque tous les bourgs ou villages du Guipuzcoa, c est-à-dire 85 communes sur 95, étaient représentés par leurs autorités et un groupe de manifestants avec une pancarte. Le défilé a duré une heure un quart. En tête du cortège marchaient les sénateurs et députés de la province aux Cortès, vingt-sept députés provinciaux, quatorze grands d'Espagne: le marquis de Santa-Cristina,le comte d'Almodovar, le duc de Sotomayor, le marquis del Rafal, le duc de Baylen, le marquis de Villa de Ebro, le duc de Luna, etc., puis le représentant du parti carliste en Espagne, M.Olazabal, de nombreux prélats et prêtres, etc. Pas une femme n'assistait à cette démonstration calme et imposante, à laquelle le parti conservateur avait adhéré.

Devant le palais du gouvernement civil, un discours a été prononcé en basque par M. Alzaga.et un autre en espagnol par M. Salaberry, député de Tolosa, qui a protesté contre la persécution de l'Eglise par la franc-maçonnerie. Le comité d'organisation a remis au gouverneur une protestation contre les mesures anticléricales du gouvernement au sujet des associations religieuses et des écoles laïques. Puis les manifestants se sont dispersés sans désordre, après avoir fait une ovation enthousiaste aux organisateurs et aux orateurs.

A Bilbao, aucune manifestation n'a eu lieu. A Salamanque, au Ferrol, à Guadalajara, à Badajoz, à Zamora les projets de démonstration avaient été abandonnés. A l'issue de la manifestation de Saint-Sébastien, le télégramme suivant a été adressé au pape par la junte d'organisation: Au nom de 28,000 Guipuzcoains réunis en manifestation publique, présidés par tous leurs représentants aux Cortès, presque tous les députés provinciaux et la majorité des municipalités, nous exprimons l'aspiration unanime que l'Eglise catholique soit laissée en liberté pour poursuivre sa sainte mission, en protestant contre les actes et les projets du gouvernement contre les droits de l'Eglise et en renouvelant le témoignage de leur adhésion et de leur dévouement. Les radicaux, en guise de contre-manifestation, ont adressé de nombreux télégrammes à M. Canalejas, l'engageant à continuer l'œuvre entreprise.

Le Temps - 4 octobre 1910


EN BREF

Le départ des conscrits - Hier a commencé le départ des jeunes soldats de la classe 1910 affectés à l'infanterie. C'est surtout par la gare de l'Est que s'est embarqué le plus grand nombre des conscrits parisiens allant aux garnisons de l'Est, Nancy, Verdun, Toul, Epinal, Belfort, etc. Pour chacune des journées des 3, 4 et 5 octobre, on a prévu 7,000 départs. En même temps, par les autres gares, notamment par celle de Montparnasse, sont arrivés les conscrits de province affectés aux garnisons de Paris et des environs. Un seul incident sérieux à noter: un conscrit, nommé Alexandre Huteau, demeurant 1, rue du Marché-Popincourt, qui devait rejoindre son régiment à Belfort, s'est au moment de monter dans le train, frappé d'un coup de couteau dans l'aine gauche. Il a été envoyé, à l'hôpital Saint-Louis. De la gare de Bercy a eu lieu le départ des "joyeux'', c'est-à-dire des jeunes gens ayant encouru des condamnations et affectés aux bataillons d'Afrique. Le Figaro – 4 octobre 1910

Collision de Tramways - Lyon. Une collision de tramways a eu lieu hier soir, à dix heures et demie, sur la ligne de Lyon à Neuville, près du pont de Collonges. Au lieu d'attendre au croisement, comme il devait le faire, le train venant dr Lyon, le conducteur du tramway de Neuville crut pouvoir continuer sa route jusqu'au croisement suivant. L'obscurité profonde d'une nuit pluvieuse ne lui permit d'apercevoir l'autre train que trop tard pour pouvoir arrêter son élan. Le choc fut très violent et le train de Lyon fut refoulé sur près de cent mètres, tandis que dans les voitures bouleversées, les voyageurs étaient précipités les uns contre les autres. Les deux locomotives et deux wagons ont été presque complètement démolis. Les blessés sont très nombreux. Mais fort heureusement aucun n'est grièvement atteint. Après un premier pansement tous ont pu regagner Lyon, ramenés par un tramway de secours. Le Figaro – 4 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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