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05 oct. 10

Les actualités du 5 octobre 1910

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Le Choléra à Marseille !

Infirmieres

Voici des renseignements précis sur les cas de choléra et les cas suspects qui ont été constatés dans notre ville : le premier décès a eu lieu exactement le 30 septembre, dans un hôtel d'émigrants de la rue de Lassalle, dans les vieux quartiers de la ville. C'est celui d'un émigrant grec, arrivé directement du Pirée à bord d'un paquebot qui, en temps normal, fait escale à Naples. Le second décès s'est produit hier, dans des circonstances identiques, dans un autre petit hôtel, rue Torte, où logent habituellement les émigrants italiens, grecs et arméniens qui se rendent en Amérique. Ces malheureux passagers sont logés dans ces hôtels dans des conditions de salubrité et d'hygiène défavorables, qui ne seraient tolérées par les services responsables dans aucune autre ville de France.

Les autopsies des corps des deux émigrants grecs décédés dans ces hôtels à la suite de circonstances plus que suspectes, ont révélé la présence des bacilles du choléra. Un autre émigrant, dont le décès était signalé, hier soir, est encore en traitement à l'hôpital de la Conception, où il a été transporté avec toutes les précautions nécessaires, mais son cas est des plus graves. Enfin; un quatrième cas de choléra a été constaté, hier soir, dans le vieux quartier de la ville. C'est celui d'un coiffeur, M. R., établi à proximité du vieux port et qui était arrivé d'Italie, avant-hier. D'autres cas suspects sont en observation à l'hôpital de la Conception, où des mesures exceptionnellement rigoureuses ont été prises pour isoler les malades.

L'hôpital Louis-Salvator, destiné aux contagieux et qui est situé dans le quartier Sainte-Marguerite, vient d'être spécialement aménagé pour recevoir des malades, si l'épidémie se généralisait ou prenait un caractère plus grave. Déjà des mesures de précaution extraordinaires ont été prises par le service municipal de l'hygiène et de la salubrité et à la suite des cas qui viennent de se produire et qui comportent des mesures particulières, le maire s'est longuement entretenu de la situation avec le préfet. Non Seulement les locaux occupés par les cholériques et les malades suspects ont été soigneusement désinfectés, mais encore les hôtels occupés par les émigrants sont l'objet d'une surveillance rigoureuse de la police. Un véritable cordon sanitaire, établi par le service de la sûreté, les isole de la ville.

Deux navires ont été mis ce matin en observation dans la rade du Frioul. Ce sont le Golo, de la Compagnie Fraissinet, qui venait de Bastia, mais qui avait à bord 64 émigrants sardes, la Sardaigne étant déclarée contaminée depuis avant-hier et le vapeur italien Zeppa, de la Compagnie Fraissinet, qui avait abord deux passagers venant de Naples. Les passagers de ces deux navires, qui étaient de provenance suspecte, ont subi une visite des plus sérieuses et n'ont eu la libre pratique qu'après avoir obtenu les passeports sanitaires.

Parmi les mesures de précaution qui ont été prises, depuis ce matin, il convient de signaler l'installation d'un service médical à la gare Saint-Charles, pour la visite sanitaire de tous les trains venant de Vintimille. Cette mesure avait été présentée depuis quelque temps déjà, mais elle n'avait pas encore été appliquée. D'autre part, des ordres sévères viennent d'être donnés aux agents du service de la voirie pour réprimer sévèrement le jet des immondices dans les rues de la ville. Pour éviter tout danger de contamination les émigrants amenés à Marseille par le Bosphore, et qui étaient répartis dans trois hôtels des vieux quartiers de la ville, ont été placés en observation au lazaret. Cet après-midi, les hôtels qui avaient hébergé les émigrants ont été soigneusememt désinfectés.

Le Petit Journal – 5 octobre 1910


EN BREF

IncendieViolent incendie a Lyon - Lyon, 4 Octobre — Ce soir, vers sept heures, un violent incendie s'est déclaré dans une fabrique de savonnerie et de stéarinerie de la Guillotière. Un important service de pompiers a été immédiatement organisé, mais malgré la promptitude des secours, une grande partie de l'usine est détruite. Les efforts des pompiers ont dû tendre à préserver les immeubles voisins. Le feu a fait éclater dix cuves contenant 50,000 kilogrammes de graisses et plusieurs bonbonnes d'acide. Les dégâts atteignent 700,000 francs. On ne signale aucun accident de personnes. Le Petit Journal – 5 octobre 1910

Noyé dans du vin - Narbonne, 4 Octobre - Les employés du domaine du comte de Beauxhostes ont découvert dans un foudre plein de vin nouveau le cadavre complètement nu du maître de chai, M. Jacques Baudière, employé au domaine depuis vingt-cinq ans. Les vêtements étaient à côté de la trappe ouverte et on crut à un suicide provoqué par la maladie, M. Baudière étant atteint de douleurs ; mais l'enquête a établi qu'il s'agit d'un accident. Pour soulager ses souffrances, le maître de chai avait eu la singulière pensée de prendre un bain de vin ; les vapeurs du vin encore en fermentation lui ont fait perdre connaissance et le malheureux s'est noyé. Il a fallu vider le foudre pour retirer le cadavre. Le Petit Journal – 5 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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