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08 oct. 10

Les actualités du 8 octobre 1910

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Ferdinand le dépeceur est condamné à 8 ans de prison

procureur

JusticeParis, 7 octobre — Aujourd'hui comparait devant la cour d'assises présidée par M. le conseiller Planteau, Paul-Charles Ferdinand, journalier, âgé de vingt-huit ans, qui, en février dernier, tua et dépeça une fille publique, Elisa Vandamme, âgée de 16 ans. Le 1er mars dernier, M. Sensanic trouvait dans un terrain vague, rue Botzaris, une tête de femme rendue méconnaissable par l'ablation du nez, des oreilles et de la lèvre supérieure.

Le lendemain, deux filles publiques, Juliette Mauvillez et Alice Dufau, venaient déclarer à la police qu'elles croyaient reconnaître la tête d'une de leurs compagnes, Elisa Vandamme, disparue de son domicile, 5, passage Julien-Lacroix. Elles l'avaient vue pour la dernière fois dans la nuit du 26 au 27 février, à l'angle de la rue de l'Entrepôt et du faubourg du Temple et avait quitté cet endroit, vers trois heures du matin, en compagnie d'un individu. Le 8 mars, à Pantin, on découvrait deux mains jetées dans une bouche d'égout et, à l'aide de la comparaison des empreintes digitales, on établit qu'il s'agissait de celles d'Elisa Vandamme.

L'enquête se poursuivait dans ces conditions et n'aboutissait pas, lorsque, le 21 avril, une lettre anonyme dénonça un nommé Vincenzini, habitant 40, rue des Marais. Cet individu, invité à fournir des explications, déclara qu'il s'appelait Paul Ferdinand. Le 20 juin 1902 il avait été condamné par la cour d'assises de la Seine a cinq années de travaux forcés pour vol qualifié; sa peine expirée, il devait rester encore cinq années en Guyane, mais en février 1898 il s'évada et se rendit au Brésil où il travailla jusqu'en septembre 1909, époque à laquelle il revint en France. Depuis son retour à Paris, il avait travaillé régulièrement. Au sujet du crime il affirma ne rien connaître, mais, dans sa chambre, on trouva une clef qui n'était autre que celle de la chambre d'Elisa Vandamme. Ferdinand se décida alors à faire des aveux.

Il raconta que, étant ivre, il avait emmené Elisa Vandamme chez lui et là, dans un moment d'énervement il l'avait serrée à la gorge et qu'elle avait succombé. Plus tard, il raconta qu'après avoir dormi trois quarts d'heure aux côtés d'Elisa Vandamme il s'était réveillé et avait constaté que celle-ci s'était habillée et s'en allait avec son porte-monnaie. Rendu furieux par cet entôlage, il avait sauté sur la jeune femme, celle-ci s'était défendue, l'avait frappé et avait crié. Pour étouffer ses cris il l'avait serrée à la gorge et n'avait cessé son étreinte qu'en constatant qu'elle ne respirait plus.

Il coucha alors Elisa Vandamne sur le lit et chercha à la ranimer par des frictions à l'eau de Cologne. Cependant il vit qu'elle ne reprenait pas connaissance bien que sa gorge remuât encore faiblement, et il se décida à se coucher. Il ne se réveilla qu'à six heures et demie du matin, constata que le corps était froid et s'empressa de fouiller les poches de la femme où il retrouva le porte-monnaie qui lui avait été soustrait.

Aussitôt Ferdinand procéda au dépeçage de sa victime, afin de faire disparaître le cadavre dont il fit plusieurs paquets qu'il jeta au cours de ses promenades, notamment dans le canal Saint-Martin. Ferdinand est accusé d'homicide volontaire, c'est-a-dire que la peine maximum qui peut lui être infligée est celle des travaux forcés à perpétuité.

C'est devant une salle bien garnie que se sont déroulés cette après-midi les débats. Vers midi et demi, Maître Henri Robert, assisté de ses secrétaires, Maître Albert Dusart et Maître Bessaigne, prend place au banc de la défense. Peu après l'accusé est introduit. Paul-Charles Ferdinand est un jeune homme de 28 ans, assez bien découplé. Il n'a point une mauvaise figure. Souriant, blond, il ne donne pas l'impression d'un dépeceur de cadavres. Sa vue provoque dans la salle une surprise.

La cour est présidée par le conseiller Planteau. Pendant la lecture de l'acte d'accusation, Ferdinand s'essuie fréquemment les yeux. Le point capital de l'interrogatoire est le récit de la scène du meurtre. Ferdinand a fait le récit du dépeçage et déclaré que s'il a cherché à faire disparaître le cadavre, c'est parce qu'il avait toute raison de craindre qu'en allant raconter ce qui venait de se passer on ne voulût pas croire à la sincérité du coupable.

On procéda ensuite à l'audition des témoins. Le ministère public a réclamé à la fin de son réquisitoire un verdict de culpabilité sans circonstances atténuantes. Avec son éloquence habituelle. Maître Henri Robert a souligné ce qu'il y avait de trop sévère dans le langage de l'avocat général et il a dit au jury toutes les raisons qu'il avait de rendre un verdict mitigé par les circonstances atténuantes. Le jury, après délibération, admet les circonstances atténuantes. En conséquence la Cour condamne Ferdinand à 8 ans de réclusion et a la rélégation.

L'Ouest-Eclair – 8 octobre 1910


EN BREF

Attaquée dans la rue par un singe - Plusieurs ouvrières suivaient ensemble la rue Boileau, hier, vers midi, au sortir de divers ateliers, quand l'une d'elles, Mme Augustine Dard, âgée de 25 ans, demeurant avenue de Versailles, se sentit brusquement prise à la taille. La jeune femme se retourna. Elle levait la main pour gifler le malappris quand, ô surprise, elle constata qu'elle se trouvait en présence d'un singe de forte taille. Elle n'était pas encore revenue de sa stupéfaction, que l'animal se jetait sur elle et la mordait à la jambe droite. Aux cris des ouvrières, des passants et des agents accoururent et maîtrisèrent le singe que l'on conduisit au poste d'Auteuil. On allait l'envoyer à la fourrière, quand la cuisinière d'un explorateur très connu, habitant le quartier d'Auteuil, vint expliquer que l'animal — un beau singe qu'elle avait élevé au biberon — s'était échappé depuis le matin. Un vétérinaire, commis pour examiner la bête, déclara qu'elle n'était pas enragée. Aussi le singe fut-il remis à sa nourrice, tandis que Mme Dard qui avait reçu des soins dans une pharmacie regagnait, rassurée, son domicile. Le Petit Journal – 8 octobre 1910

Un mur s'écroule sur vingt ouvriers - Limoges, 7 octobre — La Compagnie des tramways départementaux fait construire en ce moment, à Majambos dans la banlieue de Limoges, une usine électrique dont les bâtiments ont trois étages. Un mur vient de s'écrouler, ensevelissant une vingtaine d'ouvriers. Des secours furent demandés à Limoges, d'où on envoya aussitôt des médecins et des internes des hôpitaux. On expédia aussi des voitures d'ambulance. On a relevé six ouvriers grièvement blessés. Les recherches les plus actives continuent dans les décombres. L'Ouest-Eclair – 8 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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