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12 oct. 10

Les actualités du 12 octobre 1910

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La grève générale est déclarée

greve cheminots 1910

Chemin-de-ferLa journée d'hier a définitivement, jeté les cheminots aux suprêmes résolutions. La grève générale est maintenant déclarée en fait. La révocation de Toffin, président de la Fédération des mécaniciens et chauffeurs, par la Compagnie du Nord, après une entrevue de MM. Sartiaux et Briand qui n'ont pas été sans décider ensemble cette mesure, le communiqué provocateur du ministère qui, annonce l'organisation militaire sur les chemins de fer ; tout cela devait nécessairement amener la conclusion à la laquelle nous aboutissons aujourd'hui.

Que la responsabilité tout entière en retombe sur M. Briand. C'est lui qui, depuis plusieurs mois, a laissé sans réponse sérieuse les réclamations justifiées des cheminots ; c'est lui qui, peut-être a même fait cet abominable calcul que les extrémités auxquelles il poussait les travailleurs des chemins de fer consolideraient son pouvoir chancelant. Peut-être est-ce là qu'il faut chercher le retard apporté par lui à la convocation des Chambres. Peut-être est-ce à cela qu'il faut attribuer et la révocation de Renault et les communiqués qui donnaient aux conditions du travail et du salaire sur le réseau de l'Etat une forme inacceptable.

Nous ne savons pas ce que réserve demain. Nous ne savons pas si demain M. Briand, comme M. Clemenceau, ne se trouvera pas à son tour conduit à d'abominables violences. Mais, en tout cas, la classe ouvrière ne se trompera pas aux excuses hypocrites par lesquelles il s'efforce déjà de se couvrir. Il ne reste plus qu'à souhaiter que, comprenant la grandeur de la lutte engagée, tous les travailleurs de la voie ferrée, sur tous les réseaux, accomplissent le grand devoir de solidarité qui les lie tous pour la lutte commune.

A côté d'eux, ils trouveront, avec les organisations syndicales de France, le Parti socialiste qui, par ses militants, par ses élus, appellera la population à les soutenir contre les financiers de proie et les gouvernants qui s'en font les complices.

L'Humanité – 12 octobre 1910


EN BREF

Chemin-de-ferA la gare Saint-Lazare - A 10 h. 1/2, dans la gare, animée comme à l'ordinaire, mais paisible cependant, éclata soudain une clameur formidable : ''Vive la grève !'' Et d'un train d'Auteuil descendirent cinq à six cents cheminots qui venaient du meeting de lu rue Pouchet, pour annoncer à leurs camarades au travail que la grève venait d'être votée. La nouvelle se répandit d'un bout à l'autre des quais, et ce fut un concert étourdissant de cris et d'acclamations de : ''Vive la grève ! Vive la grève !'' Fait à noter : les voyageurs unissaient leurs voix à celles des employés et criaient aussi : ''Vive la grève !'' Il y eut pendant un moment un tapage, un désordre extraordinaire dans la gare, mais bientôt arrivèrent au pas gymnastique de fortes escouades d'agents des VIIIe et IXe arrondissements. Le calme fut rétabli tant bien que mal. On fit sortir les cheminots,  qui s'en allèrent en cortège par la rue de Rome, toujours criant : ''Vive la grève !'' La Croix - 13 octobre 1910

Inauguration du monument allemand à Champigny - Courte, mais imposante, a été, hier, la cérémonie de remise aux autorités françaises du monument allemand élevé à Champigny-sur-Marne, à la mémoire des soldats wurtembergeois tués pendant la guerre de 1870-71. Dans la délégation allemande, on remarquait le capitaine Frank et M. Tilmans, chef de la chancellerie, tous deux de l'ambassade d'Allemagne ; le général de Graeff, président de la Société des vétérans wurtembourgeois ; les généraux de Plaff et Fumk, le baron de Valois, etc. Le gouvernement français était représenté par le docteur Pouillet, maire de Champigny, assisté de ses adjoints, MM. Vallet et La Martinière. C'est le capitaine Frank qui a fait remise du monument à la ville de Champigny avec des paroles élogieuses pour les autorités françaises. Le maire a remercié et les délégués des diverses sociétés wurtembergeoises ont ensuite déposé, au pied de la pyramide, de belles couronnes de lauriers barrées d'écharpes blanches à franges d'or. A l'issue de la cérémonie, à laquelle assistaient plus de deux mille personnes, le baron de Valois, au nom du comité, a remis à M. Evrard, trésorier de la caisse des écoles, une somme de 1,000 francs pour les enfants de Champigny. Avant de rentrer à Paris, les délégués allemands ont visité le monument français. L'ossuaire a été ouvert et ils ont déposé une couronne sur chacun des caveaux français et allemands. Le Petit Journal – 12 octobre 1910

L'insurrection de l'Amazone - Le renversement du gouverneur de l'Etat de l'Amazone, M. Ribeiro Bettencourt, par l'opposition, appuyée par la force fédérale, est confirmé. La ville de Manaos, capitale de l'Etat, a été bombardée par la flottille fédérale de l'Amazone. Le feu n'a cessé que sur l'intervention des consuls étrangers. Le président de la République a envoyé des ordres pour que le gouverneur légal soit réinstallé au pouvoir. Il s'agit en réalité d'un mouvement de réaction contre le gouverneur actuel, qui une fois arrivé au pouvoir s'est tourné contre le chef du parti républicain, l'ancien gouverneur Silverio Nery. Les partisans de ce dernier, frappés d'ostracisme, ont pris leur revanche en renversant le nouveau gouverneur. Cette révolution au pays du caoutchouc n'a d'ailleurs d'importance qu'au point de vue des résultats qu'elle pourra avoir pour les réclamations d'entreprises françaises et anglaises, spoliées par les politiciens de l'Amazone et qui font actuellement l'objet de démarches diplomatiques à Rio-de-Janeiro. Le Temps - 12 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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