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13 oct. 10

Les actualités du 13 octobre 1910

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Arrestations au siège de l'Humanité

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Depuis hier soir on savait que le parquet avait décidé de faire opérer l'arrestation d'un certain nombre des principaux meneurs de la grève des cheminots. Informés de cette décision, les grévistes menacés d'arrestation, dans le but de ne pas se laisser arrêter isolément au lever du jour, avaient décide de passer la nuit dans les bureaux de la rédaction de l'Humanité, rue du Croissant. Plusieurs membres du parti socialiste s'étaient joints aux grévistes pour les assister au moment de l'exécution des mandats d'amener.

M. Lépine, préfet de police, accompagné de MM. Touny, directeur de la police municipale, et M. Hamard.chef de la Sûreté, s'est rendu à dix heures du matin, rue du Croissant, pour faire exécuter les mandats décernés par le parquet. La rue du Croissant était noire de monde aussi le préfet dut-il donner l'ordre de faire évacuer la foule de curieux qui encombrait la porte d'entrée de la rédaction de l'Humanité.

Quelques instants après,M. Lépine, suivi de M. Hamard, pénétrait dans l'immeuble et arrivait dans la salle de rédaction. Cette salle était remplie par des socialistes de marque, notamment MM. Jaurès, Vaillant, Dejeante, Voilin, etc., et les principaux chefs de la greve. Aucune opposition, n'avait été faite à l'entrée des magistrats. Le préfet de police, se découvrant, présenta M. Hamard aux assistants, qui s'étaient groupés sur des bancs et des tables, formant ainsi une sorte d'amphithéâtre.

Aussitôt M. Vaillant, se plaçant au centre de l'assistance et s'adressant au préfet, prononça un assez long discours, au cours duquel M. Lépine interrompit en disant à M. Hamard ''Il n'a pas encore terminé son discours du Pere-Lachaise''. Ce fut le signal de murmures et de cris violents des assistants. Sans s'intimider de ces bruits, M. Lépine replaça son chapeau sur la tête et attendit la fin de l'orage. Enfin le silence se rétablit après qu'un des assistants eut déclaré:''On voit bien que nous ne sommes plus chez notre ancienne propriétaire !'' Cette observation avait trait à l'ancien local de la rédaction de l'Humanite, 110, rue de Richelieu, dont la maison appartenait en partie à Mme Lépine.

M. Hamard put ensuite signifier les mandats dont il était porteur et il procéda sans aucune difficulté à l'arrestation de MM. Branduy, Lemoine, Le Guennic, Renault et Toffin, qui, encadrés par des inspecteurs de la Sûreté, furent conduits au petit parquet et interrogés immédiatement par M. Drioux, juge d'instruction. Deux autres arrestations ont également été faites ce matin celles de M. Quicyrain, arrêté à son domicile, et de M. Lucien Jacques, arrêté à Argenteuil. On annonce qu'un certain nombre de mandats d'arrêt ont été exécutés ce matin en province par les commissaires spéciaux de la Sûreté générale.

Journal des débats politiques et littéraires – 14 octobre 1910


EN BREF

Chemin-de-ferA la gare du Nord - La gare du Nord a fermé ses portes vers 10 heures, hier soir, la Compagnie ne se trouvant plus en mesure d'assurer le transport des voyageurs. Au cours de la journée 30 trains seulement sur 350 qui partent journellement avaient pu quitter les quais. Le dernier qui a quitté Paris est le train de Londres, parti à 9 h. 15. Les trains à destination de Cologne, Bruxelles, Boulogne et Lille ont été formés mais n'ont pu partir. Enfin les trois derniers trains arrivés venaient de Boulogne avec trois et quatre heures de retard. Pendant toute la soirée, les abords de la gare du Nord n'ont cessé de présenter une assez vive animation. Sous le hall de la gare, on apercevait, rangées en ligne, les locomotives aux trois feux rouges allumés ; et, plus loin, les disques rouges indiquant que les voies sont fermées. Quelques employés, fidèles mais indifférents, allaient et venaient avec placidité. Ils partirent vers 11 heures. Au dehors, un service d'ordre assez important, assuré par les agents du Xe arrondissement, avait pour mission d'éviter les attroupements ; il n'eut pas à intervenir sérieusement, et une seule arrestation, d'ailleurs non maintenue, fut opérée pour refus de circuler. Vers minuit, le calme était revenu. La Croix – 13 octobre 1910

Chemin-de-ferUne collision à Tergnier - Vers 1 h. H, ce matin, pendant qu'une machine était en manœuvre sur une plaque tournante, à Tergnier, un gréviste a escaladé une autre machine sous pression à quelque distance, il a ouvert le régulateur, et cette machine, ainsi mise en marche, est venue se jeter sur la première. Les deux machines ont été précipitées dans la fosse et la plaque tournante immobilisée. Un chauffeur, qui travaillait à la manœuvre, a été grièvement blessé. D'autre part, tous les fils actionnant les signaux ont été coupés, ainsi que les fils télégraphiques et téléphoniques, sauf celui de Tergnier à Laon. On peut cependant correspondre avec Méru. Tergnier, Douai, Cambrai et l'IsIe-Adam. La Croix – 13 octobre 1910

Chemin-de-ferLes conséquences de la grève - Comme il fallait s'y attendre l'interruption de la circulation des trains porte un préjudice immense à une nombreuse population. Non seulement les industriels sont privés des matières premières indispensables à leur travail, mais encore les commerçants, employés, fonctionnaires et ouvriers qui habitent la banlieue ne peuvent plus se rendre à leurs occupations. Certains ont pu trouver des moyens de communication soit par tramways, soit par automobiles, soit même par voitures, mais la grande majorité n'a pu arriver jusqu'à Paris. Naturellement, le ravitaillement de la capitale, sans être complètement arrêté, éprouve de grosses difficultés. Hier, on a consommé une grande partie des réserves, et lorsque celles-ci seront épuisées, les cours dés denrées augmenteront très vraisemblablement. D'autre part, on éprouve les plus vives craintes pour l'approvisionnement du lait qui est assuré par le réseau de l'Ouest-Etat. La Croix – 13 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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