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14 oct. 10

Les actualités du 14 octobre 1910

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Paris plongé dans la pénombre

Rue de Rivoli la nuit

Hier dans la soirée, l'électricité a brusquement fait défaut dans plusieurs quartiers de Paris. Il était exactement six heures dix lorsque, les premières, lampes commencèrent à baisser. A six heures un quart, le Champ-de-Mars était plongé dans l'obscurité. Quelques minutes, plus tard, c'était le tour du Trocadéro, puis de plusieurs voies, établissements et magasins du quartier de la Madeleine, des boulevards de la rive gauche, notamment du boulevard Saint-Michel et du boulevard Saint-Germain.

Parmi les premiers atteints par cette grève nouvelle, il faut citer le palais de l'Elysée et le ministère de l'intérieur où, pour l'éclairage des appartements et des bureaux, on dut recourir aux lampes à pétrole. A la préfecture de police, également, la lumière s'éteignit a six heures et demie.Les usines urbaines qui transforment le courant de Saint-Denis, comme celle du. secteur Popp, rue Mauconseil marchent normalement. Il faut excepter toutefois celle du quai de la Gare, qu'un sabotage particulier a mise hors de service. Mais à l'usine d'Asnières la production de l'énergie électrique a été complètement interrompue. Il en est résulté l'arrêt des secteurs de Clichy, des Champs-Elysées (partiellement) et de la rive gauche.

Paris a repris quelque chose de la physionomie qu'il avait lors des inondations. A la gare Saint-Lazare, dont les cours sont désertes et les grilles fermées, c'est dans l'obscurité presque complète que les banlieusards envahissent les tapissières qui les ramènent chez eux. Les restaurateurs, les magasins placent des bougeoirs sur les tables et aux devantures. Toutefois, un grand nombre d'entre eux, rendus prudents par les événements de l'hiver dernier, ont pris la précaution de faire installer ou rétablir chez eux le gaz, de sorte qu'ils ne sont pas trop gênés. Le septième et le seizième arrondissement s'éclairent seulement au gaz ; le pont Alexandre III avec de l'essence minérale. A Montmartre, le secteur Edison fournit toujours la lumière à la plupart des établissements. La place de Clichy, elle, est à peu près dans les ténèbres.

Dès le premier moment, des mesures furent prises. M. Lépine quittait la préfecture de police à sept heures du soir en automobile, et parcourait les différents quartiers de Paris. Deux bataillons d'infanterie ont été envoyés d'urgence pour garder le ministère de l'intérieur et le palais de l'Elysée. En même temps que l'éclairage, d'autres services se trouvaient interrompus pour les mêmes causes. D'abord le secteur de l'air comprimé, du moins en ce qui concerne l'usine du quai de la Gare, de sorte que les horloges pneumatiques sont toutes arrêtées a sept heures quarante-cinq. L'usine du quai de Jemmapes, appartenant à ce secteur, et qui fournit la lumière électrique à différents quartiers, fonctionne normalement.

En outre, les tramways électriques sont, pour la plupart, en panne : ceux de la Compagnie générale, rue de Rennes : ceux de la Compagnie Thomson-Houston (Etoile-Montparnasse, Vincennes-Porte de Saint-Cloud, tramways du Chatelet) c'est-à-dire les tramways-Sud. L'Est-Parisien, après des interruptions nombreuses de service, a fini par cesser complètement le travail, faute de courant. Il en est de même des tramways nogentais, le directeur ayant refusé de donner, satisfaction aux délégués. Les voitures sont rentrées au dépôt. Les tramways de la Trinité-Enghien, montant la rue de Clichy, fonctionnent encore.

M. Briand, président du conseil, a conféré dans la soirée avec le général Brun, ministre de la guerre et le général Dalstein, gouverneur militaire de Paris. La garnison de Paris a été sensiblement renforcée tant en cavalerie qu'en infanterie. Des équipes du génie ont été envoyées dans toutes les sections électriques en grève, ainsi qu'à l'usine d'air comprimé du quai de la Gare, dont les machines ont été détériorées. Douze clapets de chaudière sur seize ont été arrachés, immobilisant les machines pour quarante-huit heures. (Cette usine fournit l'air comprimé pour les pendules de Paris.)

Le Matin – 14 octobre 1910

 

EN BREF

Une famille décimée par des champignons vénéneux. On nous mande d'Ajaccio que le nommé Jacques Piétri, cultivateur à Quenza, était rentré de son travail avec une ample provision de champignons cueillis le long de la route. Toute la famille composée du père, de la mère et sept enfants en mangea au repas du soir. Ils ne tardèrent pas à être pris de violentes douleurs d'entrailles et malgré des soins empressés, le père et deux enfants succombèrent dans la nuit. La mère et les cinq autres enfants sont dans un état désespéré. Le docteur n'espère sauver qu'un seul enfant. Le Temps -14 octobre 1910

Empalé – Hier après-midi, M. Josephin Tellier, âgé de quarante-six ans, entrepreneur de plomberie, rue Miollis, était occupé à indiquer à deux de ses ouvriers certaines réparations à faire sur le toit d'une maison de cinq étages, rue de Grenelle. En se penchant au-dessus de la gouttière, il perdit tout, à coup l'équilibre et, précipita dans le vide, vint s'empaler sur la grille de la cour. On dégagea avec beaucoup de précautions la malheureux, qui, transporta a l'hôpital Necker, ne tarda pas à succomber. Journal des débats politiques et littéraires – 14 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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