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19 oct. 10

Les actualités du 19 octobre 1910

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Fin de la grève

Greve 1910 - Employés mobilisés

La nuit dernière, une note a été communiquée aux journaux disant qu'à l'unanimité le comité de la grève avait décidé la reprise du travail pour aujourd'hui sur tous les réseaux. Le comité de la grève a cédé à deux influences: la pression extérieure de l'opinion publique, la pression intérieure de la plupart des cheminots décidés enfin à reprendre le travail. Si les meneurs avaient attendu davantage, ils seraient bientôt restés seuls avec leur courte honte, car les cheminots allaient bientôt se passer de leur permission. Nous ne devons donc aucun remerciement au comité de la grève pour sa sagesse involontaire, pour sa résignation forcée, et que nous devinons empoisonnée de rancunes, lourde d'espoirs de revanche.

Quoi qu'il en soit, voici la bataille gagnée. Dans la France, dans l'Europe entière, le retentissement de ce triomphe de l'ordre républicain sera immense. Nous le devons principalement et tout d'abord à la force du bon sens public, qui dès la première heure a crevé comme bulles de savon ou ballons d'enfant tous les sophismes sur le ''droit (!) de grève'' des employés et ouvriers chargés d'un service public. Nous devons ensuite ce beau succès à la décision avec laquelle M. Briand a dès la première heure défini le caractère révolutionnaire du mouvement.

A Louis XVI demandant ''C'est une émeute?'', un grand seigneur répondit ''Non, sire, c'est une révolution.'' L'ordre est en grave péril quand les seconds se montrent plus clairvoyants que le maître. Mais quand c'est le chef lui-même qui, sans éclats de voix, avec froideur et netteté, donne à la crise son nom véritable, alors il n'y a rien à craindre.

Donc, la grève est finie et l'anarchie a continué hier encore ses exploits: sabotage de la voie ferrée et des lignes télégraphiques, engin explosif à Versailles. Et l'anarchie continuera sans doute ses attentats afin de prouver qu'elle n'est pas vaincue avec la grève. D'ailleurs la guerre que les éléments anarchiques et le syndicalisme ont déclarée à la société reste ouverte et n'est pas réellement interrompue par d'apparentes accalmies. C'est pourquoi, au fond, nous savons bien que la société doit se tenir prête pour de nouveaux assauts.

Elle se trouvera désormais en de meilleures conditions pour se défendre, puisqu'elle vient de connaître à l'épreuve les moyens de vaincre. Mais nos ennemis, eux aussi, recueilleront quelques enseignements de leur campagne avortée. L'amour-propre et l'intérêt personnel des meneurs veulent que, tôt ou tard, la bataille recommence. C'est ici que nous devons signaler l'événement principal et le plus significatif de la journée d'hier, qui est le, vote par le comité Mascuraud d'un ordre du jour ou le gouvernement trouvera des félicitations méritées pour le passé et un encouragement dont il devra tenir compte pour l'avenir. Le texte de cet ordre du jour vaut qu'on le lise avec attention et qu'on en pèse les termes

Le comité républicain du commerce, de l'industrie et de l'agriculture, approuvant le gouvernement dans les actes d'énergie qu'il a accomplis pour mettre fin à une situation qui trouble si profondément les intérêts du pays, émet le vœu qu'il adopte les mesures indispensables pour assurer définitivement la marche normale des services publics et qu'il prenne l'initiative de proposer toutes les modifications nécessaires aux lois existantes pour en éviter le retour.

Le comité républicain présidé par M. le sénateur Mascuraud constitue une organisation puissante sur laquelle se sont appuyés jusqu'à a présent tous les gouvernements radicaux. Les industriels et les commerçants qui ne reculent pas devant les opinions avancées en politique, mais que le syndicalisme inquiète et menace, ont mis en forme d'ordre du jour le vieux dicton français ''Bien taillé Il faut recoudre''. Ce n'est pas assez d'avoir dominé le désordre, il faut créer l'ordre, l'ordre légal, durable et fort. Les bons citoyens ne doivent pas toujours être à la disposition des autres et supporter leurs caprices. Nous devons de temps en temps, si l'on peut ainsi parler, prendre l'initiative de notre propre sort; et il n'est pas admissible que la tranquillité nous soit octroyée, de loin en loin, comme une grâce, par les malfaiteurs syndicalistes.

Nous signalons au comité Mascuraud qu'un certain nombre de députés qu'il a fait élire vont demain, par lâcheté électorale et par intérêt personnel, prostituer les mots de conciliation, apaisement et générosité. Ils demanderont au gouvernement de renouveler la faute capitale qui fut commise par la réintégration de tous les postiers, même les plus coupables, et qui a été l'une des causes, les plus certaines du mouvement dans le personnel des chemins de fer. Nous sommes convaincus que le gouvernement résistera à ces honteuses requêtes et qu'il n'aidera point, par une inconséquence inouïe, la préparation de la. Revanche révolutionnaire. Vainqueurs, les syndicalistes nous auraient imposé de dures conditions. C'est bien le moins que, vaincus, ils apprennent à leurs dépens à respecter la sécurité de la patrie et l'ordre républicain.

Le Temps – 19 octobre 1910


EN BREF

Graves troubles électoraux aux Antilles - Le gouverneur de la Guadeloupe annonce qu'au moment du dépouillement du scrutin ouvert dimanche dernier dans la commune de Petit-Bourg pour les élections municipales, une violente échauffourée se produisit entre un grand nombre de manifestants venus de la Pointe-à-Pitre et le service d'ordre composé de gendarmes et d'agents de police. La salle de vote fut envahie par les manifestants qui tirèrent des coups de revolver et lancèrent d'énormes pierres sur les gendarmes. Le maréchal des logis Olmicia. le brigadier Bequié, les gendarmes Chabal et Seguin furent blessés. Les gendarmes firent sommation, puis tirèrent en l'air. Comme le tumulte redoublait et qu'ils se trouvaient en danger imminent, ils durent recourir à leurs armes. Sept manifestants furent tués, dont trois femmes; il y eut en outre six blessés. La foule se dispersa immédiatement et le bureau de vote fut abandonné. Une enquête judiciaire a été immédiatement ouverte et les urnes ont été expédiées au chef-lieu de la colonie. L'ordre est actuellement rétabli. Le Temps – 19 octobre 1910

Explosion de chaudière a bord d'un steamer - quatre tués - plusieurs blessés - Marseille, 18 Octobre — La nouvelle vient de parvenir à Marseille qu'une terrible, explosion de chaudière s'est produite à bord du paquebot Sant'Anna, de la Compagnie Cyprien Fabre. Après avoir fait quarantaine à quelques milles de New-York, le navire pénétrait dans le fleuve Hudson, lorsque l'explosion eut lieu. Quatre chauffeurs, Claude Bérigny, Georges Bellefour, Lucien Milteau et Maxime Pattoni, ont été tués. L'explosion a fait plusieurs blessés dont on ignore encore les noms. Le Sant'Anna était attendu à Marseille le 26 courant. Il effectuait son troisième voyage Marseille-New-York. Le Petit Journal – 19 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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