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22 oct. 10

Les actualités du 22 octobre 1910

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Le deuxième salon de l'aéronautique

1908

Salon aeronautique 1910

Aviation

Le Deuxième Salon de l'Aéronautique est ouvert depuis bientôt huit jours, et les Parisiens continuent de s'y rendre en foule. Comment expliquer cet attrait, si ce m'est par la certitude que possède le public de trouver au Grand Palais la synthèse en quelque sorte des progrès accomplis, ces douze derniers mois, dans la science du plus lourd que l'air ? Il est évident toutefois qu'entre les stands, l'intérêt se partage inégalement, et pour s'en rendre mieux compte, il suffit de suivre les visiteurs. On se trouve ainsi porté d'étape en étape, et chaque arrêt marque un des endroits où il importe de faire halte pour retirer de cette promenade tout le profit possible.

Dès la porte, un groupe énorme barre le passage. Que considère-t-il ? L'appareil légendaire sur lequel Alfred Leblanc parcourut en triomphateur le mémorable Circuit de l'Est. A côté de cet ancien, d'autres monoplans Blériot reposent, plus jeunes, tout neufs, extraordinaires d'élégance et de solidité. Une pointe de respect se mélange à l'admiration de la foule. Puis un nom court : Latham, c'est-à-dire : le monoplan Antoinette, des envolées folles d'audace, un oiseau toujours prêt à prendre son essor pour vaincre le vent, la pluie, les nuages, la tempête même.

Et voici que devant un autre stand de longues explications s'échangent. Ce qu'on discute là, c'est un nouveau venu, mais un nouveau venu qui, du premier coup, a fait parler de lui : le monoplan Déperdussin. Et comme l'examen minutieux de l'appareil confirme l'impression d'ensemble, comme il est indéniable qu'on se trouve en face d'un chef-d'œuvre de construction soignée, d'une heureuse formule dans l'harmonie des lignes, les critiques deviennent: vite bienveillants et s'accordent à consacrer maître de l'air l'oiseau qui s'offre à leurs regards émerveillés. Au reste, le monoplan Déperdussin n'a pas attendu le jugement des curieux, initiés ou non, pour fournir la preuve de ce qu'il pouvait, puisqu'aux portes mêmes de la capitale, sur le champ de manœuvres d'Issy-les-Moulineaux, il exécutait dernièrement — et c'était sa première sortie — des vols splendides, atteignant 95 kilomètres de vitesse moyenne à l'heure, et se révélant, entre les mains de son pilote Busson, d'une docilité parfaite.

Un moteur n'a pas la beauté d'un aéroplane, mais sa masse peut être le signe de souvenirs aussi nombreux. C'est le cas pour le moteur Gnome. Personne n'ignore que nous lui sommes redevables de toutes les performances sensationnelles, de tous les records célèbres. Et le socle sur lequel il trône est très entouré. Par une évolution naturelle de l'esprit, l'hélice Intégrale Chauvière suscite une même curiosité. Bonne partie ne lui revient-elle pas dans les triomphes de Morane, de Leblanc, de Chavez et de tant d'autres pilotes illustres.

Et tandis qu'au-dessous du Zodiac-III, l'amusante famille Bibendum de Michelin rappelle à tous notre pneumatique national, les visiteurs commentent les randonnées fantastiques du petit dirigeable dont nous avons occasion depuis un an de signaler les prouesses presque chaque jour, puisqu'en ce laps de temps il a réussi 157 ascensions sans une panne, sans un accident, soit en France, soit en Italie, soit en Belgique.

Pris dans le mouvement de la foule, nous nous laissons mener. Il nous porte devant le stand du monoplan Hanriot. Là, des mots se prononcent qui retiennent notre attention. Leur sens général est celui-ci : le monoplan Hanriot représente une tentative originale dans son concept, heureuse dans ses résultats, vers l'aéroplane rationnel, parfaitement stable, solide et sûr. Et cet avis nous surprend d'autant moins, que nous sommes mieux renseignés ; nous croyons savoir, en effet, que la Société des monoplans Hanriot vient de recevoir commande de plusieurs appareils par le ministre de la guerre, appareils d'un type identique à celui que nous avons sous les yeux. Et nous voici devant le grand oiseau rouge qui fit merveille il y a peu de jours encore : le monoplan Robert Esnault-Pelterie. Un moteur R. E. P. partage le stand de l'aéroplane qu'il anime. C'est un 50/60 HP qui fut établi spécialement pour l'aviation et soumis à des épreuves très dures. Le 11 août, par exemple, au cours d'un essai officiel de quatre heures consécutives, sa puissance se maintint rigoureusement à 61 HP 8, et sa vitesse à 1,160 tours par minute. Appareil et moteur, aujourd'hui tout à fait au point, nous inspirent une absolue confiance en un avenir très proche.

Enfin, dernière halte. Il s'agit, cette fois, d'un chef-d'œuvre de mécanique, le moteur E. N. V., de 100 HP. L'intérêt qu'il provoque à ceci de remarquable que, seuls, les visiteurs initiés le peuvent ressentir. Mais ceux-là n'ignorent point que le moteur 100 HP E. N. V. vaut par deux qualités essentielles : il ne pèse que 170 kilos et ne tourne qu'à 1,000 tours ; à parler clair, il est un moteur d'aviation idéal par son poids infime et l'insignifiance de son usure. Promenade instructive s'il en fut, que cette visite au Deuxième Salon de l'Aéronautique, puisque, le plus tranquillement du monde, il nous avait été permis de voir le meilleur de ce qui passionne les hommes d'un bout à l'autre du monde depuis le triomphe du plus lourd que l'air.

Le Gaulois – 22 octobre 1910


EN BREF

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Formidable explosion à New-York - New-York, 21 Octobre. Deux milliers de femmes ont été frappées de terreur, hier, par l'explosion d'une gigantesque chaudière pesant dix tonnes, qui s'est produite dans une manufacture du quartier de Brooklyn. L'explosion a complètement détruit un bâtiment à deux étages et a projeté à une distance considérable, des pièces de métal et les cadavres déchiquetés de six mécaniciens. Sa violence fut telle qu'on crut à un tremblement de terre et qu'une autre chaudière explosa dans une usine du voisinage. Les trois mille employés de ce dernier établissement, parmi lesquels deux mille femmes, s'enfuirent de tous les côtés, en proie à la panique. Plus de cent femmes ont été grièvement blessées. Le Petit Journal – 22 octobre 1910

ClimatLa neige - Elle est tombée hier en abondance sur les montagnes d'Auvergne. Le puy de Dôme, qui domine Clermont-Ferrand, est tout blanc. La température a considérablement baissé. La neige a également fait sa première apparition en Lozère cette nuit. Toute la région nord du département est couverte d'un manteau blanc. Ce matin il a neigé à Pontarlier. Enfin, la neige est tombée sur les montagnes avoisinant Chambéry et à environ 1,000 mètres d'altitude. Le Temps – 22 octobre 1910

La mort de Rarahu - La petite Tahitienne que chanta Pierre Loti, Rarahu la douce, Rarahu l'aimante, est morte. Dans la pauvre cabane de bambou qu'elle habitait là-bas près de la mer, elle s'est éteinte entre les bras du vieux pêcheur Téréké, petite épouse fidèle. Officier de marine, Loti l'avait rencontrée dans l'île, il l'avait aimée, il l'avait prise gentiment, elle s'était donnée de même. Leur idylle s'était déroulée dans les cadres les plus charmants, à travers les lianes de la forêt emplie d'ombres; au milieu des rivages où venaient mourir les flots apaisés. Un jour Loti était parti sur la mer immense et Rarahu, plus jamais ne l'avait revu; triste, triste douloureusement, elle n'avait plus quitté la grève maudite; un pécheur l'avait, au troisième jour, recueillie sans souffle; il l'avait ranimée doucement, tendrement, avec des précautions infinies, comme on ramène un pauvre petit oiseau qui défaille; n'était-elle pas, Rarahu, le plus beau, le plus délicieux des oiseaux des îles ? Reconnaissante, elle était restée près du pêcheur; c'était rester près de la mer, près du disparu. C'est là qu'elle est morte, c'est là qu'elle reposera. Le Temps – 22 octobre 1910

Un paquebot français échoué - Un télégramme reçu de Key-West, pointe extrême du sud de la Floride, annonce que le cyclone qui vient de ravager tout le littoral méridional pendant ces trois derniers jours a causé l'échouement d'un paquebot français. Dans la soirée de mardi, le transatlantique Louisiane, qui venait du Havre, et après avoir touché la Havane se rendait à la Nouvelle-Orléans, s'est, échoué sur les récifs de Sombrero, à cinquante milles à l'est de Key-West. Il avait à bord 547 passagers. Le garde-côte américain Forward, envoyé à son secours, a découvert la Louisiane émergeant seulement de huit pieds; il a pris à son bord environ la moitié des passagers, qu'il a débarqués à Key-West. Les autres, restés à bord, attendant que le Forward vienne les chercher à leur tour, ne semblent pas en danger. La Louisiane, projetée sur les rochers par la violences de l'ouragan, est encastrée à plusieurs pieds au-dessus de l'eau qui vient battre sa coque. Le capitaine a refusé toute assistance, déclarant qu'il voulait d'abord consulter les armateurs. Au siège de la Compagnie transatlantique, on nous déclare que les dépêches, tant de New-York et de la Nouvelle-Orléans que de la Havane, ne signalent aucune victime ni parmi les passagers ni parmi les hommes d'équipage. Un navire de sauvetage a été envoyé de New-York. Les marchandises seront transbordées et on procédera ensuite aux travaux de renflouement. Le Temps – 22 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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