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30 oct. 10

Les actualité du 30 octobre 1910

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Arsène Lupin contre Herlock Sholmès

Arsene Lupin

théatreLe fameux gentleman-cambrioleur contre l'illustre détective-amateur ; le plus habile, le plus audacieux des filous contre le plus perspicace et le plus intrépide des limiers — la partie est égale, le duel doit être passionnant ! Il l'était déjà dans le roman de M. Maurice Leblanc ; il l'est bien plus encore dans la pièce du Châtelet, grâce au relief que lui donne l'action dramatique et aux mille enjolivements qui l'agrémentent pour l'amusement de l'esprit et l'émerveillement des yeux.

Du roman, MM. Victor Darlay et Henry de Gorsse, les heureux complices de ce drame policier, n'ont guère retenu que l'idée. Les. péripéties sont nouvelles et l'on en imaginerait difficilement de plus divertissantes et de plus variées. Une lutte acharnée qui tient constamment la curiosité en haleine et l'excite par des rebondissements imprévus, le contraste d'un policier ridicule en face des deux grands jouteurs, une gaieté abondante, des trouvailles ingénieuses dans les jeux de scène aussi bien que dans la décoration, tels sont les principaux éléments qui ont assuré le très vif et légitime succès d'Arsène Lupin contre Herlock Sholmès.

Le gentleman-cambrioleur (dans le monde, marquis de Mirande) pénètre, déguisé en coiffeur, chez un riche banquier, l'endort au chloroforme, revêt le costume qu'il avait préparé pour un bal masqué et, sous cet accoutrement, reçoit à sa place, des mains d'un prince turc, un diamant d'un prix inestimable qui devait être confié au banquier. N'ayant pour adversaire que l'inspecteur de la Sûreté Ganimard, qui se croit un aigle et ne commet que des gaffes, Arsène Lupin, a beau jeu. Mais le hasard le met en présence de Herlock Sholmès, l'incomparable détective américain. Les deux hommes se portent un défi courtois : Herlock s'engage à retrouver le diamant et à s'emparer de Lupin en quatre jours. Il serait trop long de raconter en détail toutes les croupières que le policier et le voleur se taillent l'un à l'autre, le premier aidé de son fidèle domestique Fouinard, le second de son jeune fils Fred.. . Coup pour coup, ruse pour ruse ! Et, quand la situation semble perdue, l'inénarrable Ganimard survient toujours à point pour la sauver !

Arsène Lupin immobilise ses adversaires dans des fauteuils a secret, renverse une troupe d'agents avec le ''coup de vent'' de Luna Park, se fait arrêter et s'évade en plein boulevard, reparaît à un rendez-vous de chasse, où Herlock le rejoint. Celui-ci découvre la grotte où il cache ses trésors. Lupin l'y enferme, mais Fred le sauve. Puis, voici les deux ennemis au cirque Monier, où se déroulent d'agréables intermèdes. Enfin, le détective retrouve le diamant et s'empare de son adversaire ; mais Lupin, remis à la garde de Ganimard, lui joue un dernier tour de sa façon ; il se camoufle en ministre ; le bon jobard l'accompagne en grande pompe à la gare Saint-Lazare, et le filou s'enfuit, tandis que le vrai ministre, pris pour un imposteur, est passé à tabac !

Toutes ces aventures, lestement menées, se déroulent dans des décors splendides — parmi lesquels il faut signaler le salon du banquier, la gare de Caen avec les trains qui passent, Luna-Park, les boulevards, le cirque garni de spectateurs, la gare. Saint-Lazare. Elles sont accompagnées de jolis divertissements, tels que le ballet des Pierrots et Pierrettes, celui des Snobs et des Entravées, celui des bandits de l'Herzégovine. Une mention spéciale est due aux étourdissants cyclistes les Lotto-Otto et Lillo. Rien ne manque à l'éclat du spectacle.

Dans l'interprétation, il faut mettre hors de pair M. Moricey, un Ganimard d'une fantaisie impayable, d'une cocasserie désopilante. M. Henry-Houry, excellent Herlock Sholmès ; M. Jullien, Lupin élégant et adroit, qui rendrait des points à Frégoli ; M. Hamilton, Fouinard fort déluré, brûlent les planches. La petite Carina joue Fred avec beaucoup d'assurance, et il serait injuste d'omettre Mmes Ety, Etiévant, Moralys, MM. Albens et Bardés et Mlle Pelucchi, la danseuse-étoile.

La Presse – 30 octobre 1910


EN BREF

Aviation

Le cinématographe en aéroplane - De très intéressantes expériences d'aviation militaire ont eu lieu, hier matin, au polygone de la Maison-Blanche, à Vincennes. Le lieutenant-colonel Etienne, qui dirige l'école d'aviation, avait, depuis quelque temps, essayé d'adjoindre à l'un de ses officiers pilotes un observateur muni d'un appareil cinématographique. Dans ce but, sur l'aéroplane de l'enseigne de vaisseau Delage, on installa solidement l'appareil de l'observateur, sur un bâtis vissé sur l'un des montants de la cellule avant, de telle façon que l'appareil, étant incliné à 45 degrés, la manivelle fut bien à la portée de la main de l'opérateur. A onze heures, l'officier aviateur faisait sortir son aéroplane et, s'élevant seul du parc de la Maison-Blanche, exécuta un vol à belle hauteur pour s'assurer que tout allait parfaitement. Puis il atterrit sur la pelouse du champ de courses où l'opérateur qui attendait monta à bord. L'aéroplane reprit bientôt son essor, se dirigeant sur Joinville, passant ensuite au-dessus de la Marne, de Nogent, de Fontenay-sous-Bois, du donjon de Vincennes, pour faire le tour du polygone. Enfin, après un superbe vol plané, l'oiseau vint doucement descendre dans le parc de la Maison-Blanche. Pendant cette randonnée, à une hauteur variant de 150 à 200 mètres, 60 mètres de films furent impressionnés. Ce n'est qu'après leur tirage et leur agrandissement que l'autorité militaire pourra savoir quelle utilité on peut tirer de cette innovation pour les levées de plan et la reconnaissance des terrains et des troupes. Le Petit Parisien – 30 octobre 1910

Chemin-de-ferTamponnement - Hier, vers midi, un tamponnement s'est produit sur l'Ouest-Etat, entre Rennes et Vitré, à la station des Lacs. Un train de marchandises, parti de Rennes, était suivi à très courte distance d'une locomotive isolée, puis d'un train de marchandises à vide. Au moment où la tête du convoi atteignait la gare des Lacs, la machine du train de marchandises vide frappa le tender de la locomotive qui suivait le premier train de marchandises. Un troisième train de marchandises entrait en ce moment en gare. Ce fut un chaos indescriptible. Deux des locomotives sortirent des rails; les attelles cassèrent douze wagons furent mis en morceaux. Les mécaniciens et les conducteurs du train furent projetés sur la voie. Trois d'entre eux sont assez grièvement blessés. La circulation a été interrompue pendant presque tout le reste de la journée. Le Temps – 30 octobre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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