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08 nov. 10

Les actualité du 8 novembre 1910

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Paul Renouard aux arts décoratifs

Danseuses ajustant leurs chaussons - Paul renouard

Le Musée des Arts décoratifs a inauguré cet après-midi une très intéressante exposition, comprenant principalement les principales productions de Paul Renouard. Cette, exposition comporte à elle seule plus de deux cents pièces se rapportant aux événements principaux de ces dernières années.

Les très nombreux visiteurs, artistes et amateurs, qui ont assisté à cette inauguration ont pu se rendre compte de l'importance de l'œuvre de ce maître incontesté du crayon, tant pair la diversité des sujets que par la maîtrise d'exécution, Un très beau portrait de M. Henri Rochefort attire l'attention dès l'entrée. A signaler également un portrait de Paul Déroulède, datant du procès de la Haute-Cour.

Une quinzaine de planches ayant trait au théâtre d'enfants de Londres peuvent compter parmi les plus belles pages de cet artiste. Le procès Steinheil est représenté par une dizaine de dessins dont les principaux ont paru dans l'Illustration. Le procès Dreyfus a inspiré à ce maître du croquis plusieurs dessins très remarquables parmi lesquels celui qui représente la sortie de Dreyfus de la salle du Conseil de guerre de Rennes est particulièrement remarquable. L'accusé s'engage entre la haie de soldats dos tourné.

Notons aussi un portrait d'Esterhazy portant sur l'une des marges la curieuse lettre autographe suivante: Monsieur, si l'offre que vous m'avez faite ce matin, émanait de votre Journal Le Graphic et non pas de vous seul, je pourrais l'accepter, mais à la condition que ce soit une affaire; je n'ai aucune raison de faire a un journal anglais, étant donné la haine anglaise actuelle pour tout ce qui est français; une gracieuseté gratuite. Vous n'avez, en en ce cas, qu'à me fixer un rendez-vous. Compliments distingués.

Une série de portraits de Deschanel alors qu'il était président de la Chambre, est également très remarquée. L'un de ceux-ci intitulé : M. Deschanel rappelant M. Coûtant à l'ordre, provoque quelques sourires. Signalons pour terminer, une série très importante de dessins et de peintures sur le Ballet idéal. Quatre grandes toiles, destinées à être reproduites en tapisserie, sont seulement terminées. Seize petites toiles, ébauchées d'un pinceau franc et hardi, sont la base de cette œuvre, qui représente par la quantité des esquisses et études qui les accompagnent, un labeur considérable. Telle est, dans ses grandes lignes, la composition de cette exposition remarquable à tous les points de vue. Nous ne doutons pas qu'elle remporte auprès du public le plus franc succès.

La Presse – 8 novembre 1910


EN BREF

Un forcené gare Saint-Lazare - Une scène assez mouvementée a jeté le désarroi, hier soir, dans les bureaux du commissariat spécial de la gare Saint-Lazare. Un électricien, Louis Bunel, âgé de vingt-cinq ans, prenait hier, vers cinq heures et demie, le train à la gare de Saint-Germain pour rentrer, comme chaque soir, à Paris. Dans son compartiment avaient pris place quelques-uns de ses camarades d'atelier. Le train était en marche depuis quelques instants quand, tout à coup, Louis Bunel fut pris d'un accès de folie furieuse. Avant que ses camarades, surpris, pussent intervenir, l'électricien brisa toutes les vitres du compartiment et se blessa même au coude et à l'épaule. Les voyageurs arrivèrent néanmoins à se maintenir jusqu'à Paris. Arrivés en gare, ils allièrent prévenir deux agents qui s'emparèrent du forcené qui semblait calmé, et le conduisirent au commissariat spécial. Dans les bureaux, Bunel retira son paletot et son gilet et, ainsi plus à l'aise, tomba à coups de pied et à coups de poing sur tout le personnel du commissariat accouru pour le ligoter. Chacun fut plus ou moins blessé par le fou, mais, deux d'entre eux, le planton Vincens et le gardien Tardivier, reçurent des coups plus graves et furent mordus en plusieurs endroits. M. Leroy, commissaire spécial, intervint alors lui-même et avec l'aide de ses hommes réussit à ligoter l'individu. Celui-ci, entre temps, avait démoli à coups de pied, la cloison qui sépare le bureau du local où on enferme provisoirement les inculpés. Réduit enfin, à l'impuissance, Bunel fut conduit eh fiacre, escorté de quatre agents, à l'infirmerie spéciale du Dépôt. Cette scène qui s'était passée, non sans bruit, avait attiré devant les bureaux du commissariat un nombre considérable de voyageurs qu'on dispersa ensuite avec quelques difficultés. Le Petit Journal – 8 novembre 1910

uk

Les mineurs gallois en révolte - Londres, 8 novembre — Un télégramme de Cardiff annonce ce-matin que 12.000 mineurs grévistes des mines de Cumbrian causent de graves désordres dans le sud du pays de Galles. Après avoir désespérément tenté, mais en vain, de saboter la station électrique de la mine numéro 2, afin d'inonder la mine, les grévistes ont sauvagement attaqué plusieurs fonctionnaires. L'un de ces derniers a été jeté dans un ruisseau et roué de coups. Les grévistes ont également réussi, par la violence, a empêcher les jaunes d approcher des mines de Clydachvale, Penygraig et Tonypandy. Les forces de police, dans la vallée de la Rhondda ont été attaquées et les bureaux des administrations des mines ont été saccagés. A Clamorgan, malgré la protection de la police, un jaune a été traqué et brutalement frappé. Il n'a dû son salut qu'à la vigueur de ses poings et à la vitesse de ses jambes. Dans la soirée d'hier, trois mille mineurs marchant en procession, a Clydach-vale, se sont rendus de l'école à la mine, pour y attendre la sortie des quelques rares ouvriers qui continuaient le travail. La police fut assaillie a coups de pierres, et les ouvriers sortant de la mine furent attaqués et poursuivis jusque chez eux. Des trains spéciaux transportant des forces d'infanterie et de cavalerie vont quitter Cardiff pour rétablir l'ordre et protéger les malheureux ouvriers qui désirent continuer le travail dans tout le sud du pays de Galles. Le Matin – 8 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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