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12 nov. 10

Les actualité du 12 novembre 1910

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Dramatique sauvetage en rade de Boulogne: 13 morts

Canot de Sauvetage Boulogne sur Mer

Naufrage

Boulogne-sur-Mer, 11 novembre — La violente tempête qui sévit sur nos côtes depuis hier a été la cause de sinistres qui ont pris les proportions d'une véritable catastrophe, étant donné le nombre des victimes. Le premier naufrage se produisit la nuit dernière. Le bateau harenguier 2722, le Suffren, patron Sauvage, comprenant vingt-quatre hommes d'équipage, rentrait à Boulogne, chassé par le mauvais temps, ce matin, vers trois heures et demie. Il arrivait à l'extrémité de la jetée ouest, au moment où sortait le vapeur anglais Mopsa, de la Compagnie Bennett, faisant le service entre notre port, et Goole.

Y eut-il fausse manœuvre? On ne sait encore Mais le vapeur aborda violemment le lougre par le travers, lui brisant son mât d'artimon qui, en tombant, tua plusieurs marins. Éventré, le Suffren fut enlevé comme un fétu par les vagues et jeté sur la plage est, en face du casino...Le gardien de la jetée est avait tiré le canon d'alarme pour appeler les pilotes, qui accoururent. En quelques minutes, le canot de sauvetage Providence, sous le commandement de M. J.-B. Pollet, fut armé et le vapeur Marguerite le prit à la remorque. Mais à peine en mer, le câble cassa. Une lame enleva la moitié des avirons et jeta le canot dans les brisants, à 200 mètres du Suffren. Après une demi-heure d'efforts surhumains, il fallut regagner la terre.

Les sauveteurs, avaient à peine débarqué qu'ils coururent aussitôt au garage de la Société humaine, boulevard Sainte-Beuve, armèrent un autre canot, le Farmer, et le traînèrent jusqu'au rivage. Au bout de trois quarts d'heure de lutte, il rejoignait le Suffren, qui faisait eau et dont l'équipage se hâta d'embarquer. Le sauvetage semblait accompli, lorsqu'un coup de mer culbuta l'embarcation, trop chargée, et les trente-six hommes furent précipités à l'eau, à une vingtaine de mètres de la terre ferme, où la foule massée suivait haletante les péripéties de ce drame... Les uns se sauvèrent à la nage, d'autres furent recueillis à grand'peine par les gens qui se trouvaient sur le rivage et transportés à la Société humaine, où plusieurs médecins leur prodiguèrent leurs soins, en vain, hélas ! pour trois d'entre eux, qui ne purent être rappelés a la vie. Ce sont : Denis Fournier, trente-deux ans, aspirant pilote, faisant partie de l'équipage du canot de sauvetage, et deux pécheurs, Pierre Bourgain, vingt-neuf ans, et Guillaume Cottin, cinquante-trois ans. Un quatrième naufragé, Auguste Merlin, d'Equihen, a repris connaissance ; mais son état est considéré comme désespéré.

La liste des victimes n'était pas close, et après plusieurs appels, on constatait la disparition de dix autres matelots: Louis Ledez, quarante-huit ans, du Portel; Charles Vasseur, cinquante-neuf ans, marié, père de quatre enfants; Eugène Vasseur, quarante-neuf ans; Louis Vidal, trente-quatre ans; Louis Sauvage, cinquante-huit ans; Jean Gournay, quarante-sept ans; Aristide Fancherand, cinquante et un ans; Victor Ramet, trente deux ans; Elie Merlin et François Tintillier; trente-quatre ans. En outre, au cours du sauvetage, trois hommes avaient été blessés. : le patron du canot, M. J.-B. Pollet avait un doigt cassé; M. Dessouliers fils, pilote, un bras cassé, et André Bigot, mousse du Suffren, deux côtes fracturées.

Le Matin – 12 novembre 1910


EN BREF

Un blessé qui s'ampute lui-même - Louis Lemaître, charretier, à Jouy-le-Comte, était allé chercher un chargement à la gare de Persan-Beaumont. Comme il traversait les voies au moment où une locomotive arrivait, le chauffeur Leroy lui cria de se garer tout en prévenant en même temps son mécanicien d'arrêter. Malheureusement Lemaître glissa, tomba, en travers d'un rail et une des roues de la locomotive lui broya la cheville droite. Mécanicien et chauffeur se précipitèrent au secours du blessé et restèrent stupéfaits en voyant celui-ci qui s'était à demi dégagé tirer son couteau de sa poche et couper, lui-même, avec un rare courage, les tendons qui retenaient son pied mutilé à la jambe. Lemaître a été transporté à l'hospice de l'Isle-Adam, où le docteur Brenans a procédé à l'amputation de la jambe broyée. Le Petit Journal – 12 novembre 1910

Le feu a un corbillard - Rouen, 11 Novembre. Ce matin, au cours de l'inhumation de M. Laigre, maire de Darnétal, comme le cortège sortait de l'église, un aide du porte-croix frôla avec son flambeau une couronne en celluloïd, accrochée au char funèbre. Les tentures prirent feu et l'émoi fut vif parmi les assistants. Les pompiers présents à la cérémonie arrachèrent les tentures en feu. Un pompier, fuit brûlé à la main. Le Petit Journal – 12 novembre 1910

Sanglante bataille entre indigènes - Constantine, 11 Novembre - Une bataille sanglante a éclaté entre les indigènes de deux villages de la région de Sidi Aïch, près de Bougie, dans le département de Constantine. Les habitants du village d'Aïn-Malek ont tiré des coups de feu sur ceux de Tazzourt, puis manquant de munitions, les ennemis se sont abordés à coups de pioche et de matraque. Trois arabes ont été tués et vingt-huit sont blessés dont dix très grièvement. Les autorités avec des forces de police se sont transportées sur les lieux où règne une vive agitation. Aïn-Malek, centre du combat qui vient d'avoir lieu, est, comme son nom l'indique (Aïn veut dire fontaine), un point d'eau important autour duquel viennent se grouper plusieurs familles qui peu à peu forment un village. La jalousie et l'intérêt font quelquefois que des conflits éclatent dans cette région de la Kabylie. Le Petit Journal – 12 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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