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18 nov. 10

Les actualité du 18 novembre 1910

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Un capitaine d'artillerie coloniale étrangle sa fiancée et disparaît

découverte du cadavre

Crime

Un drame de la jalousie, drame brutal, geste cruel, peut-être injustifié, a dénoué hier une idylle parisienne, le prochain mariage de Mme Delvigne, née d'Ambricourt, avec le capitaine Meynier, de l'artillerie coloniale, temporairement en disponibilité. Le tragique événement parvint à la connaissance de M. Rajaud, commissaire de police du quartier de la Madeleine, par un pneumatique reçu hier après-midi et qui était ainsi conçu :

J'ai l'honneur de vous informer que je viens de tuer ma fiancée. Je l'aimais follement. J'allais me marier avec elle dans quinze jours, lorsque j'ai appris que la pension que je croyais lui être payée par son père l'était par un étranger. Allez à l'hôtel, 7, rue de Rome, vous la trouverez. J'ai passé la nuit à la veiller ; j'ai encore deux vengeances à accomplir et après je me donnerai la mort.

Le commissaire de police se rendit aussitôt à l'adresse indiquée, c'est-à-dire au 5 de la rue de Rome, où se trouve l'hôtel d'Angleterre. Le magistrat se fit conduire a l'appartement occupé par le capitaine Meynier, qu'on n'avait pas vu depuis le matin, logement modeste composé d'une simple chambre et d'un cabinet de toilette, d'un loyer mensuel de quatre-vingt-dix francs. Sur le lit, une jeune femme était étendue, inanimée ; la mort remontait à plusieurs heures. De larges plaques noirâtres marbraient son corps, semblant indiquer qu'elle avait succombé à un empoisonnement. Une odeur d'éther était répandue dans la chambre.

Un rapide examen de la pièce fit découvrir de nombreuses fioles au contenu suspect et sur la table de nuit une bouteille d'eau de Vichy à demi-pleine d'un liquide trouble qui, en coulant à l'extérieur du goulot, avait brûlé l'étiquette de papier. Une coupe en cristal était encore à demi remplie d'un breuvage semblable. Le drame annoncé par la dépêche se confirmait et d'actives recherches furent aussitôt entreprises, mais en vain, pour retrouver le meurtrier.

M. le docteur Paul, médecin légiste, qui vint peu après, accompagné de M. Hastron, juge d'instruction, put assez facilement établir que la mort était due à un étouffement. Le criminel, pour abréger l'agonie de sa victime ou étouffer ses plaintes, lui avait mis un tampon de ouate imbibé d'un anesthésiant sur la bouche.

On interrogea le personnel de l'hôtel. Le capitaine est descendu, hier soir, à huit heures, répondit le portier. Il nous a dit en sortant : Mme d'Ambricourt est fatiguée ; elle se repose, ne la dérangez pas. Les renseignements recueillis ont établi que le capitaine Meynier, installé depuis juillet dernier à l'hôtel d'Angleterre, y menait la vie paisible d'un modeste rentier; il ne recevait qu'une visite féminine, mais assez régulièrement, celle de la jeune femme élégante qui vient d'être sa victime. Elle est venue hier après-midi — déclara encore le concierge — et, quelques instants après son arrivée, le capitaine fit monter une bouteille de Champagne. Puis il descendit plusieurs fois chercher des médicaments, nous disant qu'elle s'était blessée contre un meuble.

Au domicile de Mme Delvigne, la nouvelle du drame a produit une profonde émotion. Grande, élégante et blonde, paraissant âgée d'une trentaine d'années, Mme Delvigne d'Ambricourt s'était installée dans un coquet appartement de seize cents francs, au quatrième, 34, rue Desbordes-Velmore, où elle vivait paisiblement entre sa fille, la petite Paulette, âgée de dix ans, et sa mère. Depuis plusieurs mois, un jugement de divorce l'avait séparée définitivement de son mari le baron Olivier, mais elle avait gardé d'amicales relations avec la mère de son ancien mari, qui venait de temps en temps voir sa petite-fille. On savait dans l'entourage de Mme Delvigne qu'elle devait épouser prochainement le capitaine Meynier, mais on lui connaissait également une autre relation. De nombreuses lettres adressées par Mme Delvigne à son meurtrier étaient signées : Ta fiancée. On ajoute que jamais on n'avait remarqué la jalousie du capitaine.

Le Gaulois – 18 novembre 1910


EN BREF

Tragique partie de chasse - Un groupe de chasseurs parisiens traquaient hier le cerf au bois des Etangs, près de ReuilIy-Sauvigny (Aisne). Les chasseurs poursuivaient un chevreuil blessé lorsque l'un d'eux, M. G..., voyant remuer dans un fourré, tira et atteignit un rabatteur, Alphonse Prud'homme, vingt-quatre ans, qui, atteint à la figure, au cou et au cœur de cinq chevrotines, fut tué net. Le même coup de feu atteignit à la cuisse un autre chasseur, M. Pérignon. L'auteur involontaire de ce drame a été invité a se tenir à la disposition de la justice. Le Temps – 18 novembre 1910

Malbrouk s'en va-t-en guerre - La fameuse chanson de Malbrouk, connue dès le seizième siècle, s'appliquait, assure-t-on, à un chevalier qui s'appelait Malbrou, Malbrouc ou Malbrouq, qui peut-être fut un croisé, et qui mourut à la guerre, comme le colonel d'Offenbach. On l'a confondu, depuis le dix-huitième siècle, avec le général anglais Marlborough, avec qui notre Villars se mesura à Malplaquet. Les librettistes de l'opérette représentée hier soir, et très favorablement accueillie au théâtre Apollo, MM. Vaucaire et Nessi , ressuscitent le soldat d'autrefois : un cadet de Gascogne sans doute. Malbrouk, devenu roi de Navarre, est obligé le soir même du jour où, mari un peu mûr, il a épousé une jolie Espagnole, Alba, de partir pour la guerre contre les Maures. Il confie la garde de sa femme à son neveu Renaldo. Féru d'amour, Renaldo se présente, la nuit même, chez Alba, en imitant la voix de Malbrouk, soi-disant revenu du camp voisin pour passer quelques instants auprès de la jeune épousée : il est très bien reçu. Mais voici venir à son tour le véritable Malbrouk, Malbrouk-Amphytrion. Comment ? encore ! lui dit Alba. Malbrouk connaît bientôt son infortune. Un malheur n'arrive jamais seul. Le roi d'Aragon, suzerain de Malbrouk, le dénomme et donne sa couronne et sa femme a Renaldo. En guise de compensation, Malbrouk est gratifié d'un harem par le roi des Maures, avec qui il s'est réconcilié. La partition est de M. Leoncavallo. On attendait de l'auteur de la Vie de bohème une musique plus joyeuse. Elle a pour interprètes MM. Corradetti, Coulomb, Mme Cèbron-Nordens, Marfa Dhervilly et M. Paul Ardot, qui est l'amusement de la soirée. Le Temps – 18 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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