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21 nov. 10

Les actualité du 21 novembre 1910

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Le Président du conseil agressé à lors de l'inauguration du monument Ferry

Monument Jules Ferry

L'inauguration officielle du monument élevé par souscription à Jules Ferry a eu lieu hier après-midi et n'a point manqué d'une Certaine solennité. Autour de la statue trois tribunes avaient été édifiées. M. Fallières, les présidents du Sénat et de la Chambre, le président dut Conseil, des ministres, de nombreux personnages politiques et les membres de la famille occupaient l'une de ces tribunes. Les deux autres avaient été réservées à des délégations scolaires parmi lesquelles on remarquait tout particulièrement celle des écoles vosgiennes comprenant 250 garçonnets ou fillettes porteurs de brassards tricolores et tenant à la main une branche de sapin nouée d'un ruban aux trois couleurs.

Après la Marseillaise, exécutée par la garde républicaine et écoutée debout par tous les assistants, les élèves-maîtresses de l'école normale d'institutrices de la Seine et les élèves de l'Ecole normale supérieure de Fontenay-aux-Roses ont chanté la Marche troyenne de Berlioz, accompagnée par la musique de la garde républicaine. Les discours commencèrent alors. Au nom de la Ligue de l'enseignement, M. Dessoye prit d'abord la parole.

M. Antonin Dubost, qui lui succéda, retraça toute la vie politique de Jules Ferry. Puis l'Aventurier, qui pensait, d'évidence, beaucoup plus à sa propre carrière qu'à celle de Ferry, prononça une sorte de plaidoyer personnel dans lequel, il eut le toupet de s'apparenter aux grands républicains en s'efforçant, sous couleur de louer l'opportunisme, d'expliquer sa propre, ou plutôt sa malpropre évolution ! Après son maître, M. Maurice Faure évoqua l'œuvre scolaire de Jules Ferry. On entendit les élèves des écoles normales qui chantèrent l'Hymne à la Liberté.

Un homme d'assez haute taille vêtu de noir, coiffé d'un chapeau haut de forme, passa à travers la haie formée par les agents et les municipaux et arriva jusqu'auprès du président du Conseil. Il saisit M. Briand par le col de son pardessus et tenta de le frapper au visage. Le président du Conseil perdit un instant l'équilibre ; son chapeau roula à terre. L'homme fut appréhendé, entraîné par les agents, tandis qu'il recevait maints horions au passage. Le président du Conseil qui n'avait pas été atteint alla prendre sa place dans la voiture présidentielle qui attendait rue de Rivoli.

L'agresseur fut conduit au commissariat du Marché Saint-Honoré, où il fut interrogé par MM. Lépine, Touny, Guichard, Roy, et d'autres personnages solennels. Il déclara se nommer Lacour, être âgé, de 30 ans et exercer la profession de menuisier. II avait pu pénétrer aux Tuileries avec une carte d'invitation au nom de Petit. Edmond Lacour, qui est patron menuisier, demeure 3, rue Vezal, au Panthéon. il se borna à dire qu'il se refusait à donner des explications sur son, geste et qu'il avait agi suivant sa conscience. Lacour a été envoyé au dépôt dans la soirée. Lacour est, dit-on, connu dans les milieux royalistes comme un actif militant. Il aurait été plusieurs fois arrêté au cours de manifestations politiques.

L'Humanité – 21 novembre 1910


EN BREF

MusiqueLe 1000e concert Colonne - Cet après-midi, l'Association artistique des Concerts-Colonne, que dirige M. Gabriel Pierné depuis la mort de l'illustre chef d'orchestre, a donné au Châtelet son millième concert. A cette date mémorable, qui dit éloquemment ses succès, l'Association artistique a voulu associer le souvenir de son fondateur, et au milieu du concert, en présence de la veuve du disparu M. Mounet-Sully a lu un émouvant hommage écrit à la mémoire de Colonne par M. Emile Moreau, l'auteur dramatique, qui fut le collaborateur de Sardou. C'est le 2 mars 1873 qu'eut lieu à l'Odéon, avec le concours de Mme Pauline Viardot et de M. Camille Saint-Saëns, le premier concert organisé par l'éditeur Hartmann, et dirigé par Edouard Colonne qui venait de se révéler dans les Erynnies de M. Massenet. En 1874 les Concerts-Colonne émigraient au Châtelet où ils sont encore, mais l'entreprise ne donnait pas de grands bénéfices et c'est alors que Colonne proposa à ses musiciens de se former en société. L'Association artistique fut fondée. On sait quel succès elle a eu depuis et que son histoire se confond, pour ainsi dire, avec celle de la musique durant ces quarante dernières années. Le Temps – 21 novembre 1910

Une église qui s'effondre — L'église de Rians, arrondissement de Brignoles, s'est effondrée. Un autel sculpté du dix-septième siècle s'est écroulé. Des chapiteaux corinthiens, des entablements finement ciselés et des colonnes fouillées avec art gi sent parmi les décombres au milieu d'objets ayant servi pour les besoins du culte. Les transepts menacent ruine, et les habitants essayent de préserver de beaux cadres Renaissance. Le Temps – 21 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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