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25 nov. 10

Les actualité du 25 novembre 1910

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La révolution au Mexique ?

Mexique - défilé

GuerremexiqueIl est difficile de se former une idée à peu près exacte de ce qui se passe au Mexique, tant les nouvelles sont contradictoires. Cependant, malgré tous les démentis officiels, on est certain, dès maintenant, qu'il ne s'agit point d'une simple révolte de quelques mécontents, ni d'un quelconque pronunciamiento. En effet, en plus du soulèvement général des provinces du Nord, il faut signaler encore les troubles de Zacatecas au Centre, de Puebla et Orizuba, au Sud-Ouest, et le soulèvement des Indiens de Sonora dans l'Extrême-Nord et du Yucatan dans l'Extrême-Sud. Cela, sans compter les attaques des révolutionnaires contre Torreom, importante bifurcation des chemins de fer qui se trouve dans les limites de Durango et Coahuila.

Ajoutons encore que Madero, le rival du président Diaz aux dernières élections présidentielles, qui se trouvait exilé aux Etats-Unis par ordre du tsar Porfirio Diaz — le même qui le fit emprisonner pendant la campagne électorale — Madero est entré au Mexique à la tête de ses partisans et s'est cru assez fort pour constituer un gouvernement provisoire. Tout cela est bien symptomatique et démontre tout au moins — malgré les nouvelles incomplètes — qu'on est loin de la prétendue paix octavienne qui, d'après M. Limantour, le ministre des finances du Mexique, qui se trouve en ce moment à Paris, régnerait en ce moment dans la grande République américaine.

Et à propos de M. Limantour, notons que ce ministre des finances dans une interview qu'il a donnée au Temps, affirme que l'agitation actuelle est impuissante et qu'elle est menée par tous les outlaws et les réfugiés mexicains. Ceux que M. Limantour traite d'impuissants pourraient fort bien l'accuser d'impudence, car, au Mexique, tous ceux qui ne comptent pas dans la bande Porfiriste sont considérés comme outlaws (hors la loi), ou, ainsi que M. Limantour le dit si bien, comme des démagogues et des socialistes.

Quoi qu'il en soit, ni M. Limantour, ni la censure télégraphique ordonnée par l'exécrable Diaz, ni toutes les nouvelles tendancieuses d'origine officielle ne réussiront à effacer l'impression produite dans le monde, par une révolution qui se manifeste dans toute l'étendue du pays et qui prouve jusqu'à l'évidence combien le peuple est fatigué de la dictature de Diaz et des méfaits de sa bande.

Quand des journaux aussi conservateurs que le Times sont obligés de reconnaître qu'il y a des défauts très sérieux dans le système de gouvernement que Diaz a introduit au Mexique, c'est qu'il y a vraiment quelque chose de pourri ailleurs qu'au Danemark. Et il est tout de même évident que les éloges dithyrambiques prodigués au bandit Diaz par les journaux qui sont toujours en bons rapports avec les ambassades, se trouvent maintenant réduits à néant par la révolte d'un peuple à bout de patience.

Rien que pour en finir une bonne fois avec l'équivoque porfiriste, nous saluons de tout notre cœur le mouvement révolutionnaire mexicain. Nous le saluerions de meilleur cœur s'il réussissait à abattre l'odieux tyran.

L'Humanité – 25 novembre 1910


EN BREF

Naufrage

russie

Un remorqueur entouré d'icebergs - Saint-Pétersbourg, 24 Novembre - Un grave accident s'est produit tout près de Cronstadt. Le remorqueur Mouromtzeff venait de quitter ce port pour aller à Saint-Pétersbourg, lorsqu'il rencontra deux formidables icebergs. Le mécanicien du bateau s'apercevant du danger fit machine en arrière ; mais c'était trop tard. Des masses de glaçons amenées par les vagues, entourèrent bientôt le navire. Le mécanicien et les cinq matelots du bord sautèrent sur des glaçons flottants, où ils furent trouvés et sauvés par le bateau brise-glace Yermak. Le remorqueur Mouromtzeff s'étant rempli d'eau avait coulé. Le Petit Journal – 25 novembre 1910

Trahi par la neige - Antoine Pariel n'est point un de ces cambrioleurs vulgaires mus seulement par le souci d'un lucre illégitime. Antoine Pariel est un intellectuel. L'étude de la métaphysique, jadis — il y a quelque trente-cinq ans de cela — ennoblit son esprit par le jeu subtil des idées pures ; la licence en droit lui permit ensuite d'adapter avec méthode ses rares qualités à la vie pratique. Et c'est peut-être ses aptitudes philosophiques qui le portèrent, à la cinquantième année de son âge, vers le métier de cambrioleur. N'est-ce point là en effet une profession qui exige de hautes facultés d'induction et de déduction ? Aussi Antoine Pariel se targuait-il d'une prévoyance supérieure qui le rendait intangible pour de vulgaires policiers. II avait la manière. L'autre nuit, son dilettantisme lui conseilla de dévaliser sa propriétaire, qui demeure dans la même maison que lui, rue du Transvaal, à Saint-Ouen. Le coup fut fait avec une maestria incomparable, et lorsque notre licencié eut placé son butin sur une poussette de chiffonnier qu'il s'était auparavant appropriée, il se sentit tout heureux de son personnage. Bien fin qui le découvrirait ! La propriétaire, Mme Julie Jallut, est une femme simple et dont le cerveau ne connut jamais le vertige des hautes spéculations. Mais elle a un don précieux : celui de l'observation. Lorsqu'elle trouva son logis dévasté, elle ne s'attarda point à se lamenter vainement, mais tâcha de découvrir quelque indice révélateur. Comme elle méditait sur le seuil de sa porte, elle remarqua sur la neige, presque vierge encore, deux sillons parallèles creusés par des roues. Brusquement la vérité lui apparut. C'étaient là les traces du véhicule dont son voleur s'était servi. Alors, avec la prudence et la sagacité d'un guerrier indien, elle suivit cette piste. Elle arriva ainsi rue du Poteau, et là, devant une masure délabrée, elle aperçut son mobilier qu'Antoine Pariel s'appliquait à mettre à l'abri des frimas. Cinq minutes après, le philosophe, tout ébaubi, était arrêté. Ce n'était vraiment pas la peine d'avoir fait de si fortes études pour n'avoir pas songé au danger qu'offrait, en un tel cas, un simple phénomène naturel : la neige. Le Matin – 25 novembre 1910

Catastrophe-ferroviaireUn train dans un torrent — Hier, près de la gare de Sain-Martin-de-Vésubie, un train d'essai de la Compagnie du Sud de la France, se mit à patiner; les freins et les sablières n'ayant pas fonctionné, les trois voitures formant le convoi acquirent bientôt une grande vitesse, sortirent des voies et furent précipitées dans la Vésubie, qui est à cet endroit plutôt un torrent qu'une rivière. Les employés avaient eu presque tous le temps de sauter. Seul M. Humblot, ingénieur, a été blessé. Le Temps - 25 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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