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26 nov. 10

Les actualité du 26 novembre 1910

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Mutinerie à Rio-de-Janeiro

Marine-militaire

Bresil

Minas GeraesC'est vers dix heures, dans la nuit de mardi à mercredi, que la mutinerie a éclaté à bord du cuirassé Minas-Geraes, mouillé dans la baie de Rio-de-Janeiro. Le commandant du vaisseau Baptista das Neves revenait de dîner à bord du croiseur français Duguay-Trouïn, venu à l'occasion des fêtes de l'anniversaire de la République et de l'installation au pouvoir du maréchal da Fonseca, le 15 novembre. Le tumulte et la fusillade éclatèrent à bord aux cris de ''Vive la liberté !''

Le commandant et trois officiers, qui voulurent avec quelques matelots rétablir l'ordre, furent tués. D'autres furent mortellement blessés. La sédition s'étendit aussitôt au second Dreadnought, le Sao-Paulo qui, livré par les chantiers anglais en septembre, ramenait en octobre de son voyage d'Europe, le maréchal-président Hermès da Fonseca, et assistait le 5 octobre, à Lisbonne, à la révolution de Portugal. C'est à bord de ce navire qu'on avait cru un moment que le roi Manuel s'était réfugié. La révolte gagna aussi le croiseur vedette Bahia, également livré par les chantiers anglais il y a quelques mois. Les officiers furent débarqués. Le croiseur Floriano suivit à son tour le mouvement.

C'est un matelot de 1ere classe du Minas-Geraes qui est à la tête du mouvement et qui a pris le commandement des navires révoltés. On a intercepté un radiogramme de lui recommandant au Sao-Paulo d'agir avec calme et de ne pas tirer sans ordre venu du Minas-Geraes. Les navires mutinés, bien pourvus de munitions et de vivres, réquisitionnèrent du charbon au dépôt privé de l'île de Vianna et s'emparèrent de chalands transportant du charbon destiné aux paquebots de l'escale française de l'Atlantique.

Les révoltés radiographièrent- immédiatement au maréchal Hermès da Fonseca l'énoncé de leurs revendications: suppression des peines corporelles, augmentation de la solde - selon le projet soumis il y a quelque temps au Congrès, et réduction des corvées excessives en raison des équipages incomplets. Les gros cuirassés comportent en effet sept cents hommes d'équipage. Il y en avait à peine la moitié. Les mutins ajoutaient qu'ils bombarderaient la ville et les autres navires en cas de refus. Le gouvernement ne répondit pas. Bientôt commençait une canonnade relativement modérée qui dura toute la nuit avec des intermittences et entretint l'anxiété parmi la population.

Mercredi, on voyait les bâtiments révoltés évoluer dans la baie. Presque tous portaient aux mâts un pavillon rouge. Les contre-torpilleurs restés fidèles sont allés mouiller au fond de' a baie, dans l'attente d'un ordre leur enjoignant de torpiller au premier signal les navires révoltés. A sept heures du matin, le Minas-Geraes, le Sao-Paulo, le Bahia et le Floriano franchissent la barre en tirant sur les forteresses qui s'abstiennent de répondre. Les curieux, massés sur les quais et les hauteurs, admirent la correction et la précision de la manœuvre de sortie des énormes cuirassés. On a peine à s'imaginer l'absence de tout officier à bord. Une fois hors de la barre, l'escadre a viré de bord, est rentrée dans la baie et a pris position en face de la ville, tirant le canon dans diverses directions. Un obus de petit calibre a pénétré dans une maison au centre de la ville, tuant deux enfants. Durant la journée, le tir fut plus spécialement dirigé sur l'arsenal de la marine.

Vers une heure, une embarcation arborant un pavillon blanc accosta le Sao-Paulo. C'était le député José-Carlos de Carvalho, officier de marine en retraite, qui venait parlementer. Peu après son retour, le député rendait compte de sa mission à la Chambre réunie en séance, laquelle protesta tout entière de son appui au gouvernement et délégua M. Carvalho auprès du maréchal da Fonseca. Au Sénat, au nom de l'opposition M. Ruy Barbosa, qui fut le compétiteur du maréchal da Fonseca à la présidence, fit des protestations analogues en faveur du gouvernement. M. Carvalho repartit ensuite à bord du Sao-Paulo, porteur des conditions de la reddition. Les rebelles lui signifièrent leur intention de ne pas se rendre avant que le Congrès national n'eût voté l'amnistie générale outre leurs premières revendications.

Les quatre bâtiments sortirent alors pour se mettre hors de la portée des torpilleurs. Ils sont rentrés hier à midi. Le Sénat a approuvé d'urgence à l'unanimité la proposition d'amnistie. La Chambre l'a discutée à son tour hier. Il y a une imposante opposition à ce projet. Le débat a été ajourné à aujourd'hui. On croit que l'amnistie sera votée à une faible majorité. Le maréchal da Fonseca était disposé à résister aux mutins, mais on l'a convaincu de la nécessité de leur faire des concessions et de leur donner des garanties afin d'éviter un combat et le sacrifice des plus belles unités de la nouvelle escadre. Le maréchal sanctionnera donc l'amnistie moyennant quoi les mutins se rendront.

Le Temps – 26 novembre 1910


EN BREF

L'ordonnance de l'empereur — Le général Niox a nommé hier un nouveau gardien du tombeau de Napoléon 1er en remplacement de l'invalide Lévy, qu'on appelait ''l'ordonnance de l'empereur''. C'est l'invalide Georges Dumont, vieux soldat d'Afrique des colonnes d'El-Ameri et des Aurès, qui fut blessé en 1876 et qui a une jambe de bois. Georges Dumont, dont l'uniforme sombre d'invalide a été chevronné et galonné d'argent, entre en fonctions aujourd'hui. Le Temps – 26 novembre 1910

ClimatTempêtes et inondations - Noirmoutier — Le pétrolier René-Marie s'est échoué contre les roches avoisinant l'entrée du port de Noirmoutier. Le capitaine a été enlevé par une lame. Une forêt de sapins, située au bord de l'Océan, entre la Fauce et Aiguillon-sur-Mer, a été dévastée par l'ouragan. Orthez — Les pluies ont de nouveau grossi les eaux du Gave et à Pau les usines, complètement inondées, sont fermées. Les eaux ont tout envahi, entre Peyrehorade et Bédorche, interceptant les communications. La Bidouze et le Lihoury ont aussi débordé ; la plaine est inondée, ainsi que de nombreuses fermes. Chambéry — Le mauvais temps et la neige continuent dans la Haute Tarentaise. Plusieurs communes sont presque bloquées et séparées du monde. A Tignes et à Val-d'Isère, le courrier n'arrive plus que par intermittences ; la neige y atteint 1 mètre 50 et des avalanches obstruent la route. A la frontière, au-dessus du Petit-Saint-Bernard, à 2,400 mètres d'altitude, où hiverne un détachement du 11e bataillon de chasseurs alpins, les baraquements disparaissent sous trois mètres de neige et l'on n'aperçoit plus que la hampe supportant le drapeau. Au poste des Chapieux, où sont encore trente-cinq chasseurs du 22e bataillon, le ravitaillement depuis Bourg-Saint-Maurice, ne se fait plus qu'avec de grandes difficultés et non sans danger. Le Figaro – 26 Novembre 2010

 

Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires

    Superbes photos de cartes anciennes.

    Coucou du Berry. Superbes cartes anciennes et tes documentaires sont non seulement très intéressant mais ils sont aussi très instructifs. Je donne l'adresse de mon second et tout nouveau blog et je vais te souhaiter de passer un excellent week-end. Amicalement Antoine.

    Posté par AntoineMaxou, 27 nov. 10 à 11:41

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