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28 nov. 10

Les actualité du 28 novembre 1910

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Un appel astucieux aux célibataires

Mende - Fontaine Notre Dame

Adossée aux flancs de l'antique mont Mimat, actuellement encapuchonné de neige, Mende est une des villes les plus anciennes du Gévaudan. C'est une petite ville bâtie au fond d'un puits, complètement privée des rayons du soleil et affligée en hiver d'une température très glaciale. Les remparts du Causse l'enserrent en un cirque étroit que baigne le Lot. Mende qui compte à peine 8.000 habitants (y compris bien entendu les jeunes filles à marier), a conservé son aspect antique. Partout de vieilles et hautes maisons badigeonnées d'ocre, des rues tortueuses et étroites, des places irrégulières et, çà et là, de nombreuses et antiques églises, de très vieux couvents.

L'unique merveille de Mende est sa cathédrale, dont les flèches s'élancent élégamment au-dessus des toits en tuiles rouges des maisons avoisinantes. Ce remarquable monument, en style ogival, date de 1467 ; il est d'une rare perfection. Avec la fameuse fontaine de la Vierge Noire, objet de la plus grande vénération des habitants, c'est tout.

Le commerce de la ville est assez restreint, aussi l'émigration a produit ici des effets désastreux. Attirés vers les grandes villes, les jeunes gens désertent de bonne heure la petite cité qu'ils laissent s'anémier par le manque de force et de vie. Mais, hélas si les hommes désertent, les jeunes filles restent! C'est pourquoi l'on compte à Mende un si grand nombre de filles à marier.

Les Mendoises, pourtant, sont fort jolies et, à leurs charmes physiques, elles joignent l'agrément de cet esprit vif et enjoué qui caractérise les femmes du Midi. Très aimantes, elles éprouvent de bonne heure, dit-on, le besoin d'épancher. C'est bien là, il faut en convenir, une triste fatalité. Les mauvaises langues prétendent même que toutes les jeunes filles de Mende ont fait vœu de réciter, chaque fois qu'elles puiseraient de l'eau à la fontaine de la Vierge Noire, une ardente prière pour trouver un mari.

Heureusement, il se trouve partout de bonnes âmes, même parmi le sexe fort. Quelques disciples de M. Piot, émus du sort de leurs jolies concitoyennes, et dans un élan d'ardent patriotisme, viennent de créer, pour lutter contre la dépopulation, un comité dont le but est, vous le devinez, des plus louables. Sitôt formé, le prétendu comité s'est mis à l'œuvre. Il vient de faire parvenir, par la poste, à chaque célibataire en âge de se marier, un appel à l'hymen. Cet appel contient les nom, prénoms et domicile de près de deux cents jeunes filles âgées de dix-huit ans et au-dessus.

Le résultat fut inespéré. Les plus contents, en effet, furent, non pas les jeunes filles, mais bien les célibataires endurcis qui n'ont maintenant que l'embarras du choix. La circulaire les a ravis. Certains grincheux, cependant, prétendent que l'avis présente quelques lacunes: Nous serions encore plus satisfaits, disent-ils, si à la suite de chaque nom de jeune fille, le comité avait mentionné le montant de la dot. Mais ce sont les grincheux et les égoïstes.

Nous devons constater également que bon nombre de jeunes veuves ne demanderaient également pas mieux que de convoler une deuxième, voire une troisième fois en justes noces. Le comité n'aurait donc pas mal fait de les signaler, ainsi que toutes les vieilles filles qui ont dépassé la cinquantaine et qui maigrissent de dépit. Enfin, nous pensons qu'il serait peut-être non moins utile d'adresser aussi aux jeunes filles la liste des garçons à marier !

Le Petit Parisien – 28 novembre 1910


EN BREF

Crime

Poignardée dans son lit

Poignardée dans son lit - Une sanglante tragédie s'est déroulée au cours de l'avant-dernière nuit à Villeneuve-Lembron (arrondissement d'Issoire). Mlle Annette Besson, âgée de trente-deux ans, qui fut pendant cinq ans employée dans un magasin de nouveautés de Paris, et qui était revenue au pays natal au mois d'avril dernier, à la mort de son père, a été poignardée dans son lit pendant son sommeil par un malfaiteur mystérieux qui avait dû se cacher dans sa chambre pendant la journée, car à la tombée de la nuit toutes les portes de la maison avaient été fermées à clef et aucune n'a été fracturée. La victime fut transpercée de part en part par le dernier coup, si violent que le poignard resta dans la blessure. Elle eut pourtant la force d'entrer en lutte avec son assassin et de le pousser contre la fenêtre qu'elle ouvrit et par laquelle elle le fit basculer dans le vide, après quoi, exténuée, elle tomba en syncope. Sa mère, qui couchait dans la même chambre et avait voulu intervenir, avait été à moitié étranglée par le bandit avant qu'elle eût pu crier. Le parquet a arrêté comme assassin présumé un ancien forçat nommé Gabriel Espinasse, quarante-trois ans, qui fut condamné en 1892 à six ans de travaux forcés pour vol à main armée et qui s'était installé à Villeneuve il y a quatre ans. Le Temps – 28 novembre 1910

Empoisonnés par des champignons - On mande d'Agde que seize domestiques de campagne, à Saint-Jean-de-la-Cavalerie, se sont empoisonnés à leur repas de midi en mangeant des champignons. Grâce aux soins d'un médecin, dix d'entre eux sont hors de danger, mais les autres restent dans un état grave. Le Temps – 28 novembre 1910


Posté par Ichtos à 15:30 - A la une de la presse il y a 1 siècle - Commentaires [0] - Permalien [#]


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